«On s’est fait littéralement envahir par les zones rouges. Ça n’avait plus de sens», lance le maire de Granby, Pascal Bonin, au sujet de l’achalandage observé dans les lieux publics de Granby le week-end dernier.
«On s’est fait littéralement envahir par les zones rouges. Ça n’avait plus de sens», lance le maire de Granby, Pascal Bonin, au sujet de l’achalandage observé dans les lieux publics de Granby le week-end dernier.

L’Estrie en zone rouge: «c’était inévitable»

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
L’annonce du passage de l’Estrie en zone rouge à partir de jeudi n’a pas surpris outre mesure des maires de la région joints par La Voix de l’Est. Le maire de Granby, Pascal Bonin, estime même que la région sera ainsi mieux « protégée », après avoir été prise d’assaut par des résidants des zones rouges durant le week-end.

« Ça m’attriste pour les commerçants. Certaines restrictions vont faire en sorte que ça va être plus difficile. Mais d’un autre côté, je suis un peu content, honnêtement, qu’on soit tombé en zone rouge. Granby a connu une grosse fin de semaine de tourisme, digne des gros week-ends de l’été », a affirmé M. Bonin lundi en fin d’après-midi.

« C’était inévitable qu’on en arrive là. C’est peut-être la meilleure protection qu’on pouvait avoir face à l’indéniable attrait que notre région et notre municipalité ont par rapport aux grands centres comme Montréal », a-t-il ajouté.

Les restaurants, pistes cyclables, centre commercial et autres endroits publics de Granby étaient très achalandés au cours des derniers jours. Tous ont pu le constater, a-t-il dit.

« On s’est fait littéralement envahir par les zones rouges. Ça n’avait plus de sens », a lancé le maire.

Selon lui, la direction générale de la Ville ainsi que le service de police sont prêts pour le changement de palier d’alerte. La cellule de crise de l’administration municipale est aussi déjà en place pour réagir au besoin.

Pascal Bonin souligne que les citoyens seront avisés, au moment opportun, des nouvelles mesures ou changements à venir.

À l’instar de son homologue voisin, le maire de Bromont, Louis Villeneuve, n’est pas tombé en bas de sa chaise en apprenant que l’Estrie passe au rouge.

À Bromont

À l’instar de son homologue voisin, le maire de Bromont, Louis Villeneuve, n’est pas tombé en bas de sa chaise en apprenant que l’Estrie passe au rouge. « Je voyais ça venir. De toute évidence, la consigne de ne pas voyager interrégion n’a pas été suivie, a-t-il déploré. Et dans les deux sens, car il y a des gens d’ici qui sont aussi allés faire la fête en zone rouge. »

Comme à Granby, Bromont a été assaillie par les touristes le week-end dernier, souligne le maire à grands traits.

Louis Villeneuve se dit par ailleurs « très fier des Bromontois et des efforts faits » au cours des derniers mois. « Malgré l’achalandage de visiteurs, la situation est demeurée assez stable.»

Le maire de Bromont voit ce passage au rouge comme une occasion pour la population de « démontrer [sa] résilience ». « Je trouve ça dommage ce qui nous arrive. Pour les commerçants, les restaurateurs. Mais si on veut s’en sortir et espérer avoir un Noël un peu plus intéressant, on doit baisser la courbe du nombre d’infections. (..) Nous devrons continuer à nous serrer les coudes. »

Louis Villeneuve doit s’adresser aux citoyens en ligne mardi concernant la situation et les mesures qui seront mises en place localement.

À Cowansville

À une dizaine de kilomètres plus loin, la mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard, ne cachait pas sa déception face à cette nouvelle situation. « Ça pourrait aller mieux », a-t-elle lancé, alors qu’elle visionnait les nouvelles pour en savoir plus sur les mesures associées au palier rouge lorsque contactée par La Voix de l’Est.

« Nos citoyens de Cowansville et Brome-Missisquoi ont fait tous les efforts, mais on n’a pas le choix de suivre » s’est-elle résignée.

La mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard, ne cachait pas sa déception face à cette nouvelle situation. « Ça pourrait aller mieux », a-t-elle lancé.

Mme Beauregard avait une pensée pour les citoyens, mais aussi pour les commerces qui sont « touchés plus directement » par le changement de zone. « Les affaires avaient bien repris pour eux. Avec l’approche des Fêtes, on se serait bien passé de cette deuxième vague », a-t-elle avoué.

Pour les propriétaires des commerces qui sont contraints de fermer leurs portes, la mairesse affirme que la municipalité sera présente pour eux lorsqu’ils pourront rouvrir pour de bon. « On va être à l’écoute et présents pour les aider. »