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Selon les plus récentes statistiques de la Santé publique, près de 6% de la population de l’Estrie a été vaccinée.
Selon les plus récentes statistiques de la Santé publique, près de 6% de la population de l’Estrie a été vaccinée.

L’Estrie a du rattrapage à faire

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
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Selon les plus récentes statistiques dévoilées par la Santé publique, près de 6 % de la population de l’Estrie a été vaccinée contre la COVID-19. Ce qui est en deçà de la moyenne provinciale, qui atteint 9,5%. «Au début, Montréal a eu la priorité sur certaines quantités de vaccins. On va faire du rattrapage au fur et à mesure qu’on nous enverra des doses», a indiqué en mêlée de presse mercredi le directeur de la campagne de vaccination dans la région, Jean Delisle.

De son côté, le directeur de la Santé publique en Estrie, Dr Alain Poirier, s’est voulu rassurant concernant la vaste opération «grand public» amorcée lundi. «On donne toutes les doses que l’on reçoit, a-t-il assuré. Mais, on a découvert que l’on a un problème dans la façon dont on inscrit les données. (...) Quand on regarde toutes les doses par rapport à la population de l’Estrie, on est bas. On va corriger.»

En ce moment, les gens de 70 ans et plus peuvent prendre leur rendez-vous pour se faire vacciner. Les autres groupes prioritaires suivront. Notons qu’à ce jour, 92,3% des résidents en CHSLD ont été vaccinés, tandis que 83,1% des usagers dans des résidences pour aînés ont reçu une première dose.

Le Dr Poirier a par ailleurs réitéré l’importance de continuer à respecter les règles sanitaires même après avoir été vaccinés. «On n’est pas immédiatement protégés, immunisés par un vaccin, a-t-il dit. Il faut que se développe cette mémoire de nos cellules de produire des anticorps, et pour d’autres cellules, d’attaquer un intrus, qui s’appelle ici le coronavirus.» En général, cette immunisation est acquise après environ deux semaines, alors que dans le cas des personnes âgées, on parle davantage d’un mois, a souligné le directeur de la Santé publique.

Vers la cible

Comme l’a évoqué le ministre de la Santé, Christian Dubé, concernant l’ensemble de la province, toute la population de l’Estrie devrait être vaccinée d’ici le début juin. «On a mis en place des structures et des modalités pour progressivement ouvrir la machine en fonction des doses que l’on nous attribue, a mentionné M. Delisle. On va être capables d’atteindre l’objectif.»

Depuis le lancement de la campagne de vaccination «grand public», près de 60 000 personnes ont pris un rendez-vous sur près de 500 000 habitants en Estrie, a indiqué Jean Delisle.

En date de lundi, plusieurs centres de vaccination estriens, qui en compte neuf, étaient fermés ou non opérationnels. Selon le responsable de la campagne, huit installations seront prêtes cette semaine. «On progresse vers une offre de vaccination sur 7 jours», a-t-il dit.

Le mandat du directeur de la Santé publique en Estrie, Dr Alain Poirier, a été reconduit.

Les problèmes de files d’attente à l’entrée de certains centres de vaccination ont également été soulevés. «Pour des questions de protection de nos aînés, qui sont les plus vulnérables, on ne vise pas faire de regroupements. On va donc consolider les mesures pour communiquer et accompagner les gens directement dans le stationnement», a fait valoir M. Delisle. Ce dernier veut par ailleurs revoir la stratégie en fonction des tranches d’âges et des groupes concernant la «fréquence et la rapidité» de rendez-vous consécutifs.

Transport

La MRC de la Haute-Yamaska a annoncé mercredi que la population pourra se rendre au centre de vaccination de Granby, à l’hôtel Castel, via le service de transport collectif. «Ainsi, la population résidant en milieu rural dispose d’une alternative de transport sécuritaire et abordable pour obtenir le vaccin tant attendu contre la COVID-19, a indiqué la MRC par voie de communiqué.

Le service de transport vers le centre de vaccination est offert durant les heures d’opération normales. Idem pour les tarifs en vigueur. Par ailleurs, il est obligatoire de réserver son transport par téléphone au 450 539-4515, au pavant 14h la veille du rendez-vous.

Nouveau mandat

Le directeur de la Santé publique a profité de la mêlée de presse pour annoncer le renouvellement de son mandat. Rappelons que le Dr Alain Poirier a succédé à la Dre Mélissa Généreux à la tête de l’organisation au cours de l’été 2019. «J’avais déjà annoncé que j’étais prêt à un second mandat avant même l’arrivée de la pandémie. [Dans le contexte], je ne veux pas qu’on me mette dehors, a-t-il lancé en riant. Ça m’intéresse. Les mois se transforment en années. Ça m’amène jusqu’en septembre 2022. J’ai géré beaucoup de crises par le passé. Alors je me retrouve dans ces éléments. Je ne veux pas faire de party encore, mais je suis heureux.»

AstraZeneca

Le vaccin d’AstraZeneca suscite des turbulences à travers le globe. Le Québec n’y échappe pas. Plusieurs personnes ont jusqu’ici tourné les talons plutôt que se faire inoculer ce vaccin. En date de mercredi, Jean Delisle n’avait pas de statistiques concernant ces refus en Estrie «mais, on semble être en deçà de ce que l’on observe au Québec», a-t-il fait valoir.

Le Dr Poirier a tenu à rassurer la population à ce sujet. «Avec l’âge, des maladies comme la thrombose, l’embolie, sont plus fréquentes. Il faut donc s’assurer que l’on tient compte de l’âge des gens. (...) Et le coronavirus, on sait qu’il donne plus de caillots. On l’a vu dans toutes sortes de malheureuses anecdotes et de décès même. Pour toutes ces raisons, ce sont de très bonnes questions que les gens se posent [à propos du vaccin]. On va suivre ça de près. Pour l’instant, AstraZeneca est sécuritaire dans la façon dont il est livré ici.»

À ce jour, cinq cas de personnes atteintes de variants ont été confirmés en Estrie. «Le pourcentage de ces variants est faible, a indiqué le Dr Poirier, faisant le parallèle du Québec qui compte moins de 20% des cas de variants COVID, comparativement à l’Ontario où cette statistique oscille autour de 30%. . Mais on ne veut pas que ça augmente. C’est un combat entre l’arrivée des variants et l’arrivée de la vaccination.»