Atteint par la SLA, Richard Chamberland se rendra en Floride pour y recevoir un traitement à base de cellules souches. Il a démarré une campagne de sociofinancement pour l'aider à alléger les coûts de ces soins.

L'espoir d'un battant

Lorsque le « Ice Bucket Challenge » (défi du seau d'eau glacée) a envahi les réseaux sociaux il y a trois ans pour médiatiser la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), Richard Chamberland était loin de se douter qu'il aurait un jour à combattre cette maladie dégénérative.
Le verdict est tombé pour le Granbyen il y a près d'un an. Parce que ses forces déclinent rapidement, ce sportif de 55 ans a démarré une collecte de fonds cette semaine sur le site de sociofinancement GoFundMe pour se rendre en Floride­ afin d'y recevoir un traitement­ à base de cellules­ souches. 
« Le traitement le plus prometteur est celui avec les cellules souches. Ça n'amène pas la guérison, mais ça peut permettre de retrouver de la force et de la mobilité », a expliqué à La Voix de l'Est celui qui, l'été dernier, participait encore à différents événements de course avec sa conjointe, Ghyslaine­ Lamothe, pour y compléter­ des parcours de 10 km.
Selon Richard Chamberland, le diagnostic de la SLA, aussi connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, a eu l'effet d'une bombe pour lui et son entourage en juillet 2016. Tout avait débuté avec l'apparition, quelques mois plus tôt, de spasmes musculaires. Mais l'homme est un battant. « Ça ne m'a pas découragé comme tel. J'ai continué mes activités », raconte-t-il. 
Signes
Richard Chamberland a travaillé jusqu'en décembre dernier chez Machinage Gagné, où il est machiniste CNC depuis 29 ans. Au fil des mois, les signes de la maladie se sont fait sentir. « Mes outils devenaient­ plus pesants », dit-il. 
L'arrêt de travail s'est imposé après qu'il soit tombé en faisant du jogging. « Ma jambe droite a lâché. Je suis tombé et je me suis fracturé la clavicule », raconte celui qui est père de deux garçons. 
Aujourd'hui, la main droite de cet amateur de tennis et de vélo ne fonctionne plus. Sa gauche collabore encore, mais elle faiblit. Irrémédiablement. Le Granbyen se déplace à petits pas, avec une marchette. Son élocution est un peu plus difficile. Mais ses facultés intellectuelles sont encore bien vives.
Richard Chamberland est quand même bien entouré. Il profite des services d'un ergothérapeute par le biais du CLSC local. Ses proches font office d'aidants naturels. Son patron et ami, Francis­ Boag, est aussi un de ses alliés indéfectibles dans cette bataille. 
M. Chamberland a effectué plusieurs recherches sur la maladie dégénérative qui l'afflige, pour laquelle il n'existe aucun traitement efficace, et il a notamment modifié son alimentation de façon très importante. « Plus ce qu'on mange est naturel, plus notre corps peut se défendre », affirme-t-il. 
Traitement
Le traitement à base de cellules souches offert aux États-Unis, notamment en Floride, est expérimental, mais, selon Richard Chamberland, il aurait eu des résultats encourageants pour certains, même si les espoirs de guérison­ sont inexistants. 
En excluant le transport et l'hébergement, le traitement d'une semaine dont le Granbyen souhaite profiter coûte 18 000 $ US. L'objectif de sa campagne de sociofinancement, qui lui permettra d'alléger la facture liée à ces soins, a été fixé à 25 000 $. Vendredi­, il avait récolté 7085 $. 
Pour l'heure, le Canada, où de 2500 à 3000 personnes vivent avec la SLA, n'aurait pas encore donné le feu vert à l'entreprise Brainstorm-cell, qui souhaite y offrir le traitement. « Je n'ai pas le temps d'attendre », déclare Richard Chamberland.
Ce dernier croit avoir de bonnes chances d'obtenir des résultats probants avec les cellules souches. Il dit avoir mis les chances de son côté, car il a adopté depuis trois mois une diète cétogène, dans le cadre de laquelle il mange entre autres six tasses de légumes bio par jour.
Ce n'est pas toujours évident. Les émotions en particulier ne sont pas toujours faciles à gérer, glisse le Granbyen combatif. Mais celui qui, même s'il est bien entouré, vit bien avec la solitude, dit arriver à garder le moral. 
Richard Chamberland affirme qu'il pourrait prendre un médicament qui aurait pour effet de prolonger son espérance de vie de quelques mois. Mais avec le nouveau mode de vie auquel il s'est astreint et le traitement qu'il subira cet été en Floride, il est convaincu d'arriver à faire mieux.
Pour participer à la campagne, on visite le www.gofundme.com/Richard-C