Le président de l’UMQ et maire de Drummondville, Alexandre Cusson, était de passage à Cowansville dans le cadre de sa tournée provinciale.

Les Villes réclament leur juste part

Des élus de la région discutaient, jeudi soir à Cowansville, de la plateforme municipale proposée par l’Union des municipalités du Québec dans le cadre de la tournée provinciale du président de l’UMQ, Alexandre Cusson. Des représentants de Cowansville, Granby, Bromont et Waterloo y étaient.

Il s’agissait du troisième arrêt en Montérégie de M. Cusson, aussi maire de Drummondville, et de son septième au Québec. Il en a profité pour présenter les propositions faites aux chefs de partis provinciaux, celles-ci étant réunies sous le thème « 2018 : de la parole aux actes ».

« Le thème de la tournée fait appel à l’action de la part des élus municipaux qui sont en début de mandat, mais aussi pour le gouvernement et les chefs de partis à l’Assemblée nationale. Il importe de mettre en œuvre la nouvelle relation avec le gouvernement du Québec et les gouvernements de proximité. »

M. Cusson souligne notamment la question de l’autonomie des municipalités, maintenant reconnues comme étant des gouvernements de proximité depuis l’adoption de la loi 122.

L’autonomie est le premier grand enjeu abordé dans la plateforme municipale. L’UMQ veut que cette nouvelle façon de fonctionner soit appliquée dans la réalité, à présent qu’elle est dans la loi.

« Il faut aussi que les municipalités aient enfin la possibilité de conclure des ententes de financement directement avec le gouvernement fédéral, pourvu que les compétences du Québec soient respectées, bien sûr. Il y a des sommes disponibles au fédéral et c’est souvent les 12 travaux d’Astérix pour se prévaloir de ces sommes et de ces budgets-là. Par exemple, il faut obtenir des décrets d’exclusion de Québec. Il faut trouver un modus operandi qui va être simple et efficace et qui va faire en sorte que les municipalités du Québec ne sont pas traitées différemment que celles des autres provinces du Canada. »

Taxes foncières
La fiscalité est un second grand thème que l’UMQ présente dans sa tournée et auprès des chefs de partis.

La question de la taxe foncière, qui représente la majeure partie des budgets municipaux, est abordée, explique M. Cusson. Comme il y a de moins en moins de nouveaux bâtiments à construire, il estime que les municipalités perdent au change.

Les impôts fonciers représentent 70 % des revenus municipaux alors qu’ils occupent 40 % des budgets des municipalités de l’Ontario, soutient-il.

« Il faut trouver une solution [pour renverser la vapeur] et ça sera la priorité qu’on mettra sur la table avec le prochain gouvernement, prévient M. Cusson. Celui-ci aura un an pour convenir d’une nouvelle entente fiscale puisque notre pacte fiscal actuel vient à échéance le 31 décembre 2019. [...] On doit créer ensemble une réforme majeure, une réforme ambitieuse de la fiscalité municipale. »

Il espère également que se concrétisera l’engagement du premier ministre et des chefs de partis de partager un point de la TVQ avec les municipalités.

Enfin, l’UMQ veut que Québec paie les taxes de ses établissements dans leur intégralité.

« Le gouvernement du Québec est le seul contribuable à ne pas payer ses taxes foncières en totalité. Pour nous, c’est un incontournable, affirme le président de l’UMQ. Ce n’est pas un sujet qui doit faire l’objet de très longues négociations. Quand on déneige les rues, on ne lève pas la pelle quand on passe devant les écoles, ni devant l’hôpital. Il y a des dépenses qui sont liées à ces responsabilités-là. Si Québec payait l’ensemble de ses taxes à Cowansville, ça donnerait 354 000 $ de plus par année. »

Internet pour tous
L’accès à Internet haute vitesse fait partie des éléments primordiaux que fait ressortir l’UMQ dans ses enjeux d’occupation du territoire, tout en rappelant l’importance que prend l’économie numérique de nos jours. Alexandre Cusson rappelle qu’il existe encore aujourd’hui de nombreuses zones au Québec où le réseau se perd, même en milieu plus urbanisé.

« Comment voulez-vous que l’économie continue de se développer dans ces régions-là ? Comment voulez-vous que les gens se retrouvent au même diapason qu’ailleurs au Québec ? Pour nous, il y a urgence. »

« En novembre dernier, on nous a annoncé une subvention pour que Brome-Missisquoi soit branchée, mais les chèques ne sont pas encore arrivés, souligne pour sa part Sylvie Beauregard, mairesse de Cowansville, hôtesse de ce caucus régional. L’entente au provincial est signée, il reste celle du fédéral. »

Les déplacements
La mobilité est le quatrième enjeu proposé dans la plateforme. Pour les municipalités, il est important que Québec investisse dans le transport régional, comme les autobus interurbains, le train et le transport aérien régional.

La mobilité est un facteur important pour la régionalisation de l’immigration, une tranche de la population qui pourrait combler une partie des emplois disponibles dans les régions où les besoins sont criants.

M. Cusson voudrait que tous les secteurs s’impliquent pour faciliter l’immigration en région, et non seulement les villes d’accueil déjà reconnues par Québec.

La tournée du président de l’UMQ se poursuit tout l’été et culminera le 14 septembre par la tenue du Sommet municipal, auquel participeront les chefs des partis politiques, alors dans le dernier blitz de leur campagne électorale.