Vue du futur bassin récréatif du centre aquatique de Granby, à partir des gradins qui surplomberont également le bassin compétitif.

Les travaux dans le dernier droit au centre aquatique de Granby

Lancé il y a deux ans, le méga chantier du centre aquatique de Granby entame le dernier droit. Les travaux devraient être terminés à la fin janvier ou au début février 2020, afin que la première session officielle d’activités soit lancée au printemps, affirme le directeur du bureau de projets de la Ville, Daniel Surprenant.

Les médias ont eu droit à une visite guidée des lieux mardi. Le député sortant et candidat libéral de Shefford, Pierre Breton, et l’ex-ministre du Patrimoine canadien et candidate dans la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly, étaient également présents.

À l’origine, l’ouverture du centre aquatique, qui portera le nom de Desjardins, était prévue pour la session d’hiver. « Il y a des fois des imprévus qui font qu’il peut y avoir des travaux supplémentaires. Ça peut ralentir la cadence. On trouve aussi parfois des choses à modifier. [...] Mais il n’y a pas un gros point qui a fait qu’on a eu trois mois de retard d’un coup. On espérait être prêts pour la session d’hiver, mais il va falloir être plus patient », dit Daniel Surprenant.

Pour le maire, Pascal Bonin, pas question de « précipiter le chantier ». « Le mot d’ordre, c’est qu’il faut faire les choses correctement. Il n’est pas question d’accélérer pour couper les coins ronds. C’est un bâtiment qui va être là une cinquantaine d’années », dit-il.

Le maire assure par ailleurs que la « paix » est revenue sur le chantier. En août dernier, des sous-traitants affirmaient attendre leur dû depuis plusieurs semaines, voire des mois, de l’entrepreneur général responsable du projet, le Groupe TEQ. « On a réglé les choses, comme il se devait. Les sous-traitants ont été payés. La Ville a pris les mesures pour que le chantier se poursuive », affirme Pascal Bonin. Des retenues effectuées par la Ville sur les déboursés devant être payés à Groupe TEQ ont été devancées, précise Daniel Surprenant.

Le jour et la nuit

Chose certaine, le nouveau centre aquatique sera à des lieux de l’actuelle piscine Miner. Avec ses trois bassins — un compétitif avec tremplins et 10 corridors de nage, un récréatif et un extérieur —, l’endroit entraîne une facture d’environ 33 millions de dollars, dont près des deux tiers sont assumés par les gouvernements fédéral et provincial. La part de la Ville sera payée comptant, rappelle le maire.

Des coûts supplémentaires de quelque 700 000 $ ont été comptabilisés à ce jour, ce qui représente environ 2,5 % des coûts du projet, selon Daniel Surprenant.

La nouvelle infrastructure de la rue Léon-Harmel, dotée d’un stationnement de 125 places, pourrait en outre être le premier bâtiment municipal à obtenir une certification LEED, alors que le niveau argent est visé.

De l’aire d’accueil conviviale aux trottoirs chauffés par géothermie, en passant par les estrades qui surplombent les bassins et les différents accessoires ludiques (mur d’escalade et corde de Tarzan dans le bassin compétitif, de même qu’une glissade à hydro frein et des jeux d’eau dans le bassin récréatif), tout a été élaboré afin de maximiser « l’expérience client », affirme le maire.

D’un point de vue technique, rien n’a été négligé non plus. Le centre aquatique sera l’un des plus automatisés au Canada en matière de gestion de la qualité de l’eau et de filtration, note le chef de la division aquatique, Pascal Boivin.

Alors que la piscine Miner peut accueillir 140 000 visiteurs annuellement, le nouveau centre pourra en accueillir 200 000.

Période de rodage

Une fois les travaux de construction terminés, le chef de la division aquatique estime qu’une période de rodage de six à huit semaines sera nécessaire. Les lieux seront ainsi ouverts aux baigneurs de façon graduelle. Des activités sur invitation pourraient être organisées. Des informations à cet effet seront diffusées sur la page Facebook du centre aquatique, laisse savoir Pascal Boivin.

Celui-ci précise que le transfert des activités de la piscine Miner ne sera planifié que lorsque l’équipe se sera assurée que l’endroit remplit ses promesses et que tout fonctionne, tel que prévu.

Une inauguration pourrait ainsi être prévue au printemps.

Parmi les autres faits saillants de l’endroit : le bassin récréatif offrira une entrée plage, des jeux d’eau, un jet de sol, trois corridors de natation et une zone pour adultes avec spa. Le bassin extérieur, lui, aura aussi une entrée plage, des jeux d’eau, un jet de sol, une glissoire inspirée d’un concept « resort » pour la famille et même un... barbecue. Le bassin sera chauffé grâce à la récupération de chaleur des équipements mécaniques afin de prolonger la saison.

Projet « osé et moderne », le nouveau centre aquatique sera « la suite logique » du projet de réaménagement de la bibliothèque réalisé en 2016, estime le maire Bonin. Et il donnera le ton, croit-il, au prochain chantier majeur de la Ville en préparation : le réaménagement du centre-ville.

PISCINE MINER  : LE PROJET DE PISCINE EXTÉRIEURE EXCLU 

La Ville de Granby n’a pas l’intention d’aménager une piscine extérieure à la place de l’actuelle piscine Miner, tel que l’a récemment suggéré un citoyen, affirme le président du comité sports et conseiller municipal, Stéphane Giard.

« La demande de M. Parent [Jacques, le citoyen qui a déposé la demande, NDLR] a été étudiée au comité sports. Pour plusieurs raisons, on n’ira pas de l’avant. On ne conservera pas de piscine à cet endroit-là », a affirmé le conseiller Giard, au terme de la dernière séance du conseil municipal. 

Selon lui, la Ville croit que le stationnement serait encore problématique si une piscine, extérieure ou pas, devait demeurer avenue du Parc, près du parc Miner. « Avec un parc qu’on utilise beaucoup plus présentement pour différentes autres activités, on voit mal aussi de concevoir une piscine. C’est rare qu’on voie des piscines publiques sur les rues principales dans les villes. On pourrait peut-être ajouter des jeux d’eau. Mais il va y avoir une autre vocation », dit Stéphane Giard. 

Jacques Parent a déposé une pétition de 145 noms le mois dernier afin que la Ville réalise une consultation pour valider l’intérêt de la population à aménager une piscine extérieure sur le site de l’actuelle piscine Miner. Sa démolition est envisagée, une fois que le nouveau centre aquatique, en construction rue Léon-Harmel, sera en fonction au début de l’année 2020. 

Analysé

Le président du comité sports réitère toutefois que l’avenir du bâtiment aquatique de l’avenue du Parc a été analysé. « On a déjà étudié de conserver une partie des bureaux et des vestiaires, plus récents. Pour avoir une piscine extérieure, ça prend des vestiaires, des toilettes et différents accommodements. Mais ça coûterait très cher de conserver la bâtisse qui est là, même si c’est juste une partie. Il faudrait enlever le bassin actuel de toute façon parce qu’il a atteint sa fin de vie utile », fait valoir Stéphane Giard. 

Ce dernier affirme que la vocation future du site n’a pas encore été déterminée. Oui, des jeux d’eau sont envisagés, dit-il. Mais il est aussi possible que la superficie du parc soit revue à la hausse. 

« Ça se peut qu’on fasse d’autres petits projets. Il y a plusieurs choses en pourparlers. On n’a pas statué là-dessus. Mais au niveau de la piscine, on l’a évalué au comité sports et, pour les raisons que j’ai mentionnées, on n’ira pas de l’avant avec ce projet au centre-ville », tranche M. Giard. 

Selon lui, aucune date n’a encore été précisée pour la démolition du bâtiment, qui a aussi été remise en question par des citoyens. Une période de transition sera nécessaire pour la mise en route du nouveau centre aquatique, souligne le conseiller municipal.