Patrick St-Laurent, directeur général de Granby Industriel

Les travailleurs immigrants dans la mire de Granby

Le 27 avril, des autobus transporteront 50 chercheurs d’emploi à Granby et leur feront visiter quelques lieux clés de la ville avant de les amener rencontrer des employeurs potentiels.

Le but est de leur montrer que Granby a une qualité de vie intéressante à offrir en plus d’être à moins d’une heure de Montréal. Une collaboration avec Commerce et tourisme Granby_région permettra également d’offrir un éventail d’emplois non industriels.

Granby Industriel espère recevoir la visite de 50 immigrants, alors qu’il y en avait eu 34 la première fois, en décembre. Sept d’entre eux s’étaient fait offrir un emploi sur le champ, et cinq l’ont accepté.

Cette fois, la formule sera revue et améliorée. Les entreprises connaîtront à l’avance un aperçu des qualifications des candidats. Ils ne rencontreront ainsi que les candidats qualifiés pour les postes ouverts.

« J’ai l’impression qu’on devient meilleur dans le ciblage. [En décembre], toutes les entreprises rencontraient tous les candidats, rapporte Patrick St-Laurent, directeur général de Granby Industriel. C’est pour ça qu’on va faire des matchs entre l’offre et la demande. Il faut aussi dire que la première fois, les gens qui sont venus n’étaient peut-être pas nécessairement les plus qualifiés et, pour eux, c’était une première approche dans une autre municipalité. »

L’intégration
Une fois l’opération séduction réussie, le prochain enjeu de taille est d’intégrer ces travailleurs à leur nouvelle communauté afin qu’ils y demeurent. Selon M. St-Laurent, leur communauté montréalaise est une attache parfois assez forte pour qu’ils remettent leur démission et retournent y vivre à temps plein.

En décembre, « des gens n’étaient pas prêts à déménager et se demandaient comment faire pour voyager à leur travail. Une entreprise qui engage deux personnes de Montréal ne fera pas comme Fabritec en allant les chercher en autobus. » Fabritec emploie un nombre important de Montréalais et de Sherbrookois et leur fournit effectivement le transport.

Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), qui siège à la table de concertation de la main d’œuvre — comme une douzaine d’organismes en employabilité —, a aussi un rôle crucial à jouer pour s’assurer de l’intégration de ces nouveaux travailleurs, ajoute M. St-Laurent, qui croit beaucoup en l’expertise de l’organisme.

Tout comme Granby Industriel, SERY attend également des nouvelles du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI). La directrice générale, Joanne Ouellette, a appris vendredi que son organisme allait recevoir un montant, qui viendra bonifier ce qu’il reçoit déjà du programme Mobilisation-Diversité pour attirer et assurer la rétention de familles immigrantes dans la région, mais n’en connaît pas l’ampleur.

Projet « Place aux familles »
Granby Industriel espère obtenir une aide financière du MIDI et bonifier ainsi le projet « Place aux familles ». La demande a été faite dans le cadre du programme Mobilisation-Diversité. Une réponse est attendue d’ici vendredi.

« Place aux familles » fait partie du plan d’action en recrutement régional et international de la main d’œuvre 2017-2018 (PARIMO) et offre aux immigrants de Montréal ou de sa banlieue de venir rencontrer des entreprises de Granby qui recrutent.

Dans cette optique, l’organisme de développement industriel a augmenté sa présence dans les salons et les foires de l’emploi.

Le projet est déjà en place, mais pourrait voir l’ajout de plusieurs outils pour être plus efficace, comme une section « Immigration Granby », trilingue, sur le site Granby-Profitez.com, ou encore une carte interactive qui permettrait de visualiser une foule d’informations pertinentes.

Quant aux actions actuelles, Granby Industriel était présent au salon de l’emploi du Quartier DIX30 et le sera bientôt à ceux du Palais des congrès, à Montréal, et de Longueuil.

« C’est un budget qu’on n’avait pas avant, mais avec les enjeux de la main d’œuvre, on s’est dit que c’était important d’aider nos entreprises, affirme M. St-Laurent. À notre kiosque, on présente Granby aux immigrants. La plupart d’entre eux sont “cantés” à Montréal et ils n’ont pas le réflexe d’aller voir dans d’autres localités, alors ce sont les localités qui vont à eux. Dans les salons d’emploi, on leur présente les entreprises, on leur dit qui nous sommes et que nous allons avoir une activité le 27 avril pour laquelle nous pouvons venir les chercher en autobus. »

Les curriculum vitae des gens intéressés en main, l’organisation est à même de cibler les offres d’emplois affichées sur Granby-Profitez.com qui pourraient les intéresser.