Les policiers de Bromont ont expérimenté, dans le cadre de leur formation, la neutralisation neuro-musculaire que provoque l’arme à impulsion électrique. Tous les agents seront bientôt équipés de ce pistolet, une alternative à l’emploi de la force.

Les «taser gun» déployés au service de police de Bromont

« Taser ! Taser ! Taser ! » Ces mots ont été prononcés à plusieurs reprises par le sergent Sylvain D’Amours, du Service de police de Bromont, avant d’appuyer sur la détente de l’arme à impulsion électrique alors qu’il donnait les dernières heures de formation aux agents qui l’utiliseront.

Le déploiement de cet outil de travail s’ajoute graduellement au ceinturon des policiers de Bromont depuis le mois de janvier. Le service de police a acquis six pistolets, mieux connu sous le nom de « taser gun », un outil qui se veut une alternative à l’emploi de la force.

Tous les policiers auront bientôt complété la formation pour utiliser la nouvelle arme. « Sur chaque équipe de travail, 24 heures sur 24, il y aura toujours au moins un policier qui aura une arme à impulsion électrique », indique Jean Bourgeois, directeur du Service de police de Bromont.

La formation, d’une durée de quatre jours, qui est dispensée par le policier et moniteur en emploi de la force, le sergent D’Amours, permet aux policiers de connaître le mécanisme du pistolet, les avantages et les inconvénients, ainsi que les effets entraînés par la neutralisation neuro-musculaire.

Décharge électrique

Le pistolet possède deux cartouches. Les sondes qu’elles contiennent sont reliées par un filin. Lorsque le policier presse sur la détente, une cartouche se déploie. Quand les sondes touchent l’individu à maîtriser, celui-ci reçoit une décharge électrique de 50 000 volts à 12 milliampères.

Les systèmes nerveux sensitif et moteur de la personne sont atteints, ce qui l’empêche d’utiliser une partie de son corps pendant un certain temps. Les policiers peuvent donc la maîtriser.

« L’arme à impulsion électrique peut être utilisée dans certains contextes, pour une personne en délirium agité, une personne qui refuse d’obtempérer et qui représente un potentiel de dangerosité, une personne intoxiquée ou le nombre de policiers versus le nombre de suspects », cite en exemple le sergent D’Amours.

Dans certaines situations, notamment vécues par d’autres corps policiers du Québec, le simple déploiement du pistolet et les explications de son fonctionnement qui sont fournies au suspect sont suffisants pour que l’individu accepte de se livrer sans offrir de résistance. « On réagit en fonction du suspect », précise le moniteur.


«  Sur chaque équipe de travail, 24 heures sur 24, il y aura toujours au moins un policier qui aura une arme à impulsion électrique.  »
Jean Bourgeois, directeur de la police de Bromont

À l’occasion de la formation, les policiers ont été invités — sur une base volontaire — à expérimenter la neutralisation neuro-musculaire et à laquelle La Voix de l’Est a assisté.

La nervosité était palpable dans la caserne des pompiers transformée en salle de cours pour l’occasion. À tour de rôle, tous les policiers, à l’exception de ceux qui ont une condition médicale non favorable à cette expérimentation, ont reçu une décharge de l’arme à impulsion électrique.

Même le directeur du service de police, qui ne possédera pas ce pistolet, a tenté l’expérience. « On sait ce qui va se produire, mais quand ça arrive, on se demande quand même ce qui se passe », a fait savoir M. Bourgeois, quelques instants après avoir reçu une décharge électrique.

Lorsque l’arme est plutôt en mode contact, la personne ressent une douleur intense localisée où la décharge électrique a été donnée. Tous les policiers l’ont expérimentée. Leur réaction ne laissait aucun doute sur la douleur qu’ils ont ressentie.

« Ça permet de comprendre ce que la personne va ressentir », résume le sergent D’Amours.

Durant l’expérimentation, des paramédics étaient présents de façon préventive. Lorsque l’arme à impulsion électrique est déployée et qu’un suspect est neutralisé, sa prise en charge par les ambulanciers et son transport vers un hôpital sont systématiques.

Les pistolets électriques sont de plus en plus déployés au Québec. Les policiers de Granby en possèdent depuis 2017 et près de 20 agents sont formés pour l’utiliser.