la Ville de Granby a décidé lundi soir de limiter le développement des stations de compression de gaz naturel dans deux zones comprises à l’intérieur des limites du parc industriel.

Les stations de gaz naturel seront limitées au parc industriel

Alors que Gazoduc TQM souhaite construire une station de compression de gaz naturel à l’est du boulevard Pierre-Laporte, la Ville de Granby a plutôt décidé de limiter le développement de ce type d’infrastructure dans deux zones comprises à l’intérieur des limites du parc industriel.

Un avis de motion en ce sens a été déposé lors de la séance du conseil municipal, lundi soir. La modification du règlement de zonage prévoit par ailleurs la tenue d’une séance de consultation publique. Elle se déroulera le 13 février prochain, à 18 h 30, à l’hôtel de ville.

À la mi-décembre, la Ville avait décidé de « geler » durant 60 jours le zonage du secteur visé par le projet de Gazoduc TQM — une filiale détenue à parts égales par les entreprises Énergir et Trans Canada Pipelines —, le temps d’obtenir plus d’informations afin d’être en mesure de prendre position.

Des citoyens du secteur, préoccupés par les impacts de la construction d’une station de compression dans leur voisinage, avaient manifesté à cette occasion leurs inquiétudes et souligné leur désir d’être consultés.

« Les dernières discussions avec le promoteur ont démontré tout le sérieux dont l’entreprise fait preuve quant à la gestion des risques et l’atténuation des inconvénients que ce projet représente, mais cela n’élimine toutefois pas les inconvénients que nous subirions du point de vue environnemental ni les contraintes que nous aurions au chapitre du développement urbain futur de notre territoire », a déclaré le maire Pascal Bonin par voie de communiqué.

Celui-ci s’est par ailleurs fait avare de commentaires à l’issue de la séance du conseil, préférant s’en remettre « pour le moment » au contenu du communiqué pour ne pas porter de « préjudice » à la Ville.

Secteur de choix

« Nous poursuivons des objectifs importants en matière de densification urbaine ainsi que de protection des milieux naturels de grande valeur qui se trouvent dans ce secteur et l’implantation d’une station de compression à cet endroit viendrait compromettre l’atteinte de ces objectifs. La consolidation de l’offre en gaz naturel est certes une bonne chose, mais on ne peut accepter le fait que le site choisi viendrait amoindrir l’attrait d’un secteur de choix et ralentir notre progression démographique », souligne pour sa part le directeur général de la Ville, Michel Pinault, également par voie de communiqué.

Selon lui, le développement domiciliaire est appelé à se poursuivre à partir du cadre bâti actuel en direction de l’autoroute, en particulier dans le secteur compris entre la rue Mountain et la limite de Shefford.

Le conseiller aux communications et aux affaires publiques chez Énergir, David Laureti, a fait valoir en décembre que la demande accrue pour le gaz naturel crée une « pression sur le réseau ». « Afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel des régions de la Montérégie et de l’Estrie, des travaux de mise à niveau et d’ajouts d’équipements sont nécessaires sur le réseau », a-t-il expliqué.

L’emplacement initial ciblé pour la construction d’un poste de compression, à environ 800 mètres de l’intersection formée par le boulevard Pierre-Laporte et la rue Bergeron Est, est notamment situé près des lignes de transmission, a fait valoir M. Laureti.

Si Énergir devait réviser son projet et prévoir plutôt la construction d’un poste de compression dans les limites permises du parc industriel, la Ville de Granby analyserait cependant à nouveau le dossier, confirme le maire Bonin.

S’il avait déclaré en décembre dernier aux citoyens inquiets du secteur que le gel temporaire du zonage du secteur visé n’était pas une victoire citoyenne, Pascal Bonin refuse à nouveau de tirer cette conclusion. « Je dis aux citoyens de se présenter à l’assemblée publique du 13 février, sinon, je vais escamoter les processus [...]. Mais ce que je peux dire, c’est que les citoyens nous ont demandé de faire un travail et d’être sensibles à leur cas et c’est ce qu’on a fait », déclare-t-il.