Après des années sans contrat de travail, les pompiers de Granby ont voté à 96 % en faveur d'une nouvelle entente avec leur employeur. Leur convention collective s'échelonnera du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2020.

«Les sourires sont revenus à la caserne»

Après avoir signé un nouveau contrat de travail avec ses policiers, voilà que la Ville de Granby vient de s'entendre avec ses pompiers. Une nouvelle convention collective, qui prévoit entre autres l'introduction d'un régime de retraite, sera signée au cours des prochaines semaines.
« Les membres sont très contents de voir la tournure des événements. Si on recule avant Noël, on n'y croyait plus. On s'alignait vers un combat interminable », a raconté Sylvain Piteau, président du Syndicat des pompiers du Québec, section locale de Granby, en entrevue avec La Voix de l'Est mercredi après-midi. 
« On est fiers de ce qui se passe », a renchéri le conseiller municipal et président du comité des ressources humaines et des finances à la Ville, Jocelyn Dupuis.
Réunis en assemblée générale, les syndiqués ont approuvé à 96 % l'entente de principe intervenue en vue du renouvellement de leur convention collective, qui s'échelonnera du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2020. Au terme d'une seule rencontre de négociation ces dernières semaines, le syndicat et la Ville ont réussi à s'entendre. « On sentait que les deux parties avaient envie de régler et c'est effectivement ce qui est arrivé », dit M. Piteau. 
Convention
L'offre qui leur a été présentée est identique à celle déposée l'automne dernier, à une grande exception près. La Ville a retiré sa demande d'imposer un taux de présence aux feux, ce qui aurait mis en péril l'emploi de plusieurs pompiers, estime le syndicat. « Selon nous, ça n'avait pas de sens. On mettait à risque de congédiement plus de 50 % des pompiers, dit M. Piteau. La Ville a décidé de faire confiance à ses pompiers pour être capables de hausser le taux de présence sans l'imposer et on salue cette décision-là. »
« Au lieu de s'ingérer, on a choisi la communication, indique pour sa part le conseiller Dupuis. On a enlevé ça de nos demandes et on va travailler en équipe avec nos pompiers. On veut trouver ensemble une solution. »
Les quelque 70 pompiers de la Ville de Granby, qui étaient sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2012, ont également réalisé d'autres gains, dont l'accès à un régime de retraite. « C'était très important pour nous, affirme M. Piteau. On voulait que les pompiers puissent être capables de cotiser. On est bien contents de cette avancée-là. » 
Au plan salarial, les pompiers toucheront une hausse de 2,5 % annuelle pour les années 2013 à 2016. Les quatre années suivantes, l'augmentation sera de 2 % par année. 
Le président du syndicat a également souligné que l'ambiance s'était améliorée. « Le climat était très lourd à la caserne et depuis le mois de janvier, nos pompiers respirent enfin. Les sourires sont de retour à la caserne », dit M. Piteau. 
De son côté, Jocelyn Dupuis est d'avis que la nouvelle convention collective permettra de « repartir à neuf ». « Il faut cesser de regarder dans le rétroviseur. Là, on s'entend, on regarde en avant. S'il y a quelque chose qu'on doit changer pour changer l'ambiance, on va le faire. Il faut discuter ensemble pour arriver à faire ces choses-là ».
L'entente sera présentée au conseil municipal à la prochaine séance. Le nouveau contrat de travail sera ensuite signé. 
Fin des moyens de pression
Les pompiers ont mis fin à leurs moyens de pression dès 7 h, mercredi. Ils ont abandonné leur t-shirt et pantalon de camouflage pour enfiler à nouveau leur uniforme, et recommenceront à exécuter certaines tâches qu'ils avaient délaissées. 
Depuis le début de l'année, il s'agit de la deuxième entente à survenir entre la Ville de Granby et des groupes de travailleurs. Le conflit de travail avec les policiers, qui étaient sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2013, a pris fin en février. Une communication s'est installée entre les deux parties, ce qui a permis d'en arriver à une entente, ont expliqué le syndicat et la partie patronale. 
La Ville doit maintenant s'entendre avec ses cols bleus et ses cols blancs, dont le contrat de travail est échu depuis le 31 décembre 2016.