Au centre, Pierre Marziali, Pierre-Marc Paquette et Jean-François Rousseau, propriétaires de terrains enclavés par un vaste lot près du mont Gale, viennent de voir leurs rêves de s'y construire anéantis.

Les rêves de propriétaires bromontois s'évanouissent

Trois détenteurs de terrains enclavés près du mont Gale ont vu leurs espoirs de s'y construire anéantis. Ceci principalement en raison de contraintes concernant le nouveau plan d'urbanisme, qui doit être soumis pour approbation au conseil de Bromont en avril. Les propriétaires veulent maintenant que la Ville achète leurs lots afin de dénouer l'impasse.
En acquérant un terrain à proximité du mont Gale il y a plus de 20 ans, Jean-François Rousseau croyait pouvoir y bâtir une demeure un jour. Idem pour Pierre-Marc Paquette et Pierre Marziali. 
C'est toutefois avec stupéfaction que M. Rousseau avait appris, en lisant La Voix de l'Est le 5 janvier, que l'homme d'affaires Daniel Émond souhaitait prolonger la rue des Frênes tout près de son terrain pour y ériger une dizaine de résidences unifamiliales. Or, il n'est pas dans les cartons d'allonger les infrastructures routières jusqu'aux lots des trois propriétaires, qui sont entourés de toute part par le vaste site appartenant au promoteur. 
Après avoir fait des pieds et des mains au cours des dernières semaines pour trouver une solution, le trio est acculé au mur. 
« On avait une main attachée pendant toutes ces années. Mais là, on se retrouve avec les deux mains et les pieds ligotés », a imagé en entrevue M. Rousseau. 
En fait, le nouveau plan d'urbanisme de Bromont ne permettrait pas un éventuel projet de construction présenté dans ce secteur, qui se trouve en dehors du périmètre d'urbanisation de la municipalité. De plus, les pourparlers entre les trois propriétaires et la Ville puis le promoteur au cours des derniers jours, de même qu'avec différents spécialistes, sont demeurés vains, a fait valoir M. Rousseau. 
« On posait régulièrement des questions à la Ville au sujet d'éventuels projets [domiciliaires] dans notre secteur. Chaque fois, on nous disait qu'il n'y avait rien. La municipalité a été mise au courant du projet de M. Émond en novembre. C'est arrivé en catastrophe à la dernière minute. Tout pressait pour tout le monde. Mais dans tout ça, on a été oubliés, a-t-il clamé. [...] Malheureusement, on a vite compris que la Ville n'est pas là pour être proactive avec les citoyens en les avertissant qu'il y a des enjeux pour leurs projets. »
Négociations
Selon Bromont, M. Émond prévoit donner près de 90 hectares d'un vaste site lui appartenant dans la zone du mont Gale si son projet domiciliaire voit le jour. Il s'agirait d'une aire protégée. M. Rousseau, qui se fait en quelque sorte le porte-parole du trio de propriétaires, souhaite entamer des négociations sous peu avec la Ville pour qu'elle achète l'ensemble de leurs neuf lots pour augmenter la superficie de terrains protégés. 
« Quelque part, la Ville a une part de responsabilités dans le dossier qui nous concerne, a-t-il indiqué. Il faut que la municipalité "fasse sa part" en achetant nos terrains. On ne sera pas gourmands et on veut régler ça et passer à autre chose. »
Et en ce qui concerne les pourparlers avec la Ville, pas question de baisser les bras. « Je ne lâcherai pas le morceau, a illustré M. Rousseau. C'est hors de question que l'on continue de payer des taxes sur des terrains avec lesquels on ne peut rien faire. »
La Voix de l'Est n'a pas pu s'entretenir avec Daniel Émond et la Ville a refusé de commenter le dossier.