Le Louis’ Pub prévoit ouvrir ses portes mercredi prochain. Les préparatifs sont en cours, affirme Martin Laliberté, copropriétaire.
Le Louis’ Pub prévoit ouvrir ses portes mercredi prochain. Les préparatifs sont en cours, affirme Martin Laliberté, copropriétaire.

Les restaurateurs soulagés, mais prudents face à la réouverture

La réouverture annoncée des restaurants dès le 15 juin marque une étape importante du déconfinement. Les restaurateurs joints mardi accueillent toutefois cette nouvelle avec un mélange de soulagement et de craintes.

«C’est sûr que c’est une bonne nouvelle qu’on soit capable de rouvrir, mais j’appréhende ça un peu. Je ne suis pas convaincu que les gens vont courir pour sortir dans les restos. Il y a quand même une crainte qui s’est installée assez solidement dans l’esprit des gens», estime le propriétaire de la Casa du spaghetti à Granby, Daniel Lacombe.

«C’est un nouveau stress», laisse pour sa part tomber Mariane Furois, copropriétaire du restaurant l’Étrier à Bromont.

Depuis la confirmation lundi de la réouverture des restaurants, les propriétaires sont plongés dans des calculs de toutes sortes et les préparatifs de la relance. Certains affirment déjà ne pas être en mesure d’accueillir les clients en salle à manger dès lundi prochain. Différentes mesures imposées par la Santé publique doivent être mises en place.

Si le Louis’ Pub à Granby prévoit ouvrir le mercredi 17 juin, la Casa du Spaghetti vise davantage le 23 juin ou après. Le restaurant l’Étrier a plutôt le 2 juillet dans sa mire.

«On attend des précisions sur la notion des deux mètres de distance. Est-ce que c’est juste deux mètres sur les côtés des tables ou deux mètres dos à dos? Si c’est vraiment dos à dos, on passe de 24 tables à huit», souligne Mariane Furois.

Le restaurant l’Archipel à Cowansville n’a jamais arrêté ses opérations à 100% durant la pandémie, affirme Chloé Ostiguy, chef et propriétaire.

Changements

Chose certaine, plusieurs restaurateurs prévoient effectuer des changements à leur formule. L’heure de fermeture du Louis’Pub sera par exemple collée à l’horaire de la cuisine. Ce faisant, il fermera pour le moment ses portes à 22h.

L’endroit détient à la fois un permis de restauration et un permis de bar. Le premier lui permet de rouvrir prochainement, tandis qu’il ne peut pas, en vertu du second, accueillir des clients jusqu’à une, deux ou trois heures du matin, comme par le passé.

Les bars ne peuvent toujours pas reprendre leurs activités au Québec.

Bien que le nombre de places assises soit pratiquement réduit de moitié à la lumière des règles de distanciation physique, le copropriétaire du Louis’ Pub, Martin Laliberté, s’estime néanmoins «chanceux» dans les circonstances. Le local qu’il occupe, rue Principale, ainsi que la nouvelle terrasse en construction, sont assez vastes, contrairement à d’autres établissements, beaucoup plus petits, dit-il.

«C’est le branle-bas de combat pour rouvrir, mais on ne part pas de zéro. On essaie de trouver des masques à ceux qui n’en ont pas. On a aussi déjà mis un plexiglass près de la caisse parce qu’on faisait du take-out depuis un mois», dit Martin Laliberté.

L’Étrier à Bromont changera aussi un peu de concept, dit Mariane Furois. L’accent sera davantage mis sur les déjeuners et les dîners. «C’est un horaire qui nous convient mieux. Aussi, les gens vont être là moins longtemps. Les tables vont pouvoir être plus renouvelées que le soir», relève-t-elle en précisant que certaines soirées seront néanmoins maintenues.

Expérience différente

Pas question non plus pour l’Étrier de mettre de côté l’offre de prêt-à-manger qui a permis à l’établissement de survivre durant la pandémie. «Plusieurs ont pris l’habitude de commander des choses à maison. Et ils vont continuer à le faire», affirme Mariane Furois, également sommelière.

La chef propriétaire du restaurant l’Archipel à Cowansville, Chloé Ostiguy, ne prévoit pas pour sa part reprendre le service aux tables à court terme. Les clients pourront se rendre sur place, commander au comptoir et profiter de la terrasse ou du grand terrain à l’arrière de l’établissement végétalien de la rue Principale, dit-elle.

«L’Archipel reste le même. On a toujours la bière locale, nos drinks, les cafés et la bouffe. Mais on a eu la chance d’être engagés dans d’autres projets durant la pandémie. On n’a jamais arrêté nos opérations à 100%. On a fait beaucoup de transformation. On a vendu nos produits en ligne et à travers la coopérative le Terroir solidaire», fait-elle valoir, tout en soulignant que ces avenues continueront d’être explorées.

Les restaurateurs craignent par ailleurs que la sortie au resto perde un peu de son caractère convivial et chaleureux avec le personnel «masqué». Mais comme depuis le début de la pandémie, ils sont prêts à s’adapter, même si les contraintes sont nombreuses, glissent-ils.