La SPA des Cantons a diminué le coût d’adoption de ses chatons.

Les refuges pour chats débordent

La diminution du nombre d’adoptions de chats fait en sorte que tous les refuges de la région débordent. Les organismes de protection des animaux invitent les gens à ouvrir leur cœur et leur foyer pour y accueillir un animal de compagnie.

Comme le répète le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard, ce n’est pas tellement que le nombre d’abandons explose durant la période de déménagement. Il y a certes davantage de chats qui sont amenés dans les refuges, mais c’est surtout le nombre d’adoptions qui est en baisse durant la période des vacances et des déménagements.

« D’habitude, nos adoptions se maintiennent à 25-30 chats par mois, explique M. Girard. Ç’a baissé un peu un juin, et en juillet c’était devenu dramatique, on était rendu à peut être une dizaine par mois. Pendant ce temps-là, les chats continuent d’entrer à coup de 5-6 par jours, c’est complètement fou ! »

La SPA des Cantons, qui couvre l’essentiel du territoire de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi, peut accueillir tout au plus 80 félins.

« À soixante, ça commence à nous sortir par les oreilles et on en avait au-dessus de soixante », souligne le directeur général.

Dans les dernières semaines, les responsables de la Société protectrice des animaux ont réussi à libérer un peu d’espace en diminuant significativement les coûts liés à l’adoption.

Adoption moins chère
« Si on ne calcule pas le temps, ni l’employé, ni les coûts des bâtiments ; seulement les soins vétérinaires, ça coûte environ 100 $ par chat. Normalement, on les fait adopter à 129 $, mais présentement ils sont à 80 $ », décortique Carl Girard.

En réalité, le problème dépasse la SPA des Cantons. Des organismes indépendants comme la Cabane à chats de Cowansville ou Les Chatmoureux de Granby, qui collaborent avec la SPA en accueillant également des chats, peinent à répondre aux besoins.

« Dans les dernières années, on dirait plutôt qu’au lieu de baisser, le nombre d’abandons augmente », s’inquiète la présidente des Chatmoureux, Carole Ménard.

Avec quelques collègues de l’organisme, celle-ci a accueilli La Voix de l’Est à son domicile de Sainte-Cécile-de-Milton pour dresser le portrait de la situation. « Cette année, on doit vraiment faire un tri, on dit aux gens de regarder dans leur entourage avant. La réalité c’est qu’on déborde », lance Cynthia Fortin, la vice-présidente.

« Les gens prennent encore les chats pour des objets jetables. Un chien errant sera ramassé tout de suite, mais personne ne s’inquiète de voir un chat seul à l’extérieur », estime pour sa part Sylvie Camden, secrétaire de l’organisme.

L’organisme a une capacité d’accueil semblable à celle de la SPA des Cantons, mais ne possède aucun local pour recevoir les chats abandonnés. Il fonctionne donc exclusivement avec des familles d’accueil.

Les Chatmoureux travaillent avec une cinquantaine de famille qui abritent présentement une centaine de chats — une capacité importante, mais qui ne suffit pas à la demande.

« On est obligés de refuser les abandons présentement », explique Sylvie Camden.

Carole Ménard, Sylvie Camden et Cynthia Fortin espèrent faire adopter un maximum de chats pour pouvoir en accueillir de nouveaux.

Prolifération et stérilisation
Les excuses de ceux qui abandonnent leur animal de compagnie sont récurrentes: nouveau logement refusant les animaux, manque de temps, allergies, etc.

Les responsables bénévoles des Chatmoureux répètent qu’il reste énormément de sensibilisation à faire.

« Le principal problème, c’est les gens qui ne font pas stériliser leur animal et ceux qui nourrissent les chats sauvages », explique Carole Ménard.

Si plusieurs pensent bien faire en nourrissant les chats errants, ils ne font en réalité qu’entretenir la problématique.

Un félin nourri à l’extérieur continue de proliférer s’il n’est pas opéré. Il subit également les intempéries et risque de se blesser.

« Il faut au moins les signaler aux organismes ou à la SPCA », martèle Mme Camden.

Si celle-ci reconnaît que la SPA a encore mauvaise presse au Québec, elle répète toutefois qu’il s’agit du meilleur choix pour le bien-être des animaux et que l’euthanasie demeure la dernière option.

« C’est parfois mieux ça que de laisser souffrir un animal à l’extérieur », estime-t-elle.

Les trois administratrices rappellent que la stérilisation est le nerf de la guerre pour lutter contre la prolifération des chats. Chez Chatmoureux, chaque animal est systématiquement opéré et vacciné.

Elles se montrent toutefois critiques envers la Ville de Granby qui n’aurait à leurs yeux aucune politique efficace sur ce plan.

Les Chatmoureux aimeraient voir l’instauration d’une campagne de stérilisation systématique des chats errants. Une option actuellement envisagée du côté de Cowansville.

Dans l’immédiat, elles espèrent trouver un maximum de foyers pour prodiguer amour et attention aux chats en adoption.

« C’est vraiment le temps idéal pour adopter », répètent les trois passionnées.

Elles invitent également les gens à faire des dons en argent ou en nourriture à l’organisme et à tenter l’aventure de devenir une famille d’accueil.

Les responsables de l'organisme Ls Chatmoureux invitent les gens à tenter l’aventure de devenir une famille d’accueil.

« Même si ce n’est qu’une seule fois pour un seul chat, ça nous aide vraiment ! » lance Sylvie Camden.