Le Bromontois Alister Gardner a réalisé un exploit sur le 80 km, en enregistrant un temps de 7 h 55.

Les records tombent à la course Bromont Ultra

L’équipe derrière l’événement de course en sentier Bromont Ultra peut se dire mission accomplie. Comme espéré, de nombreux records ont été battus, non seulement sur la ligne d’arrivée, mais aussi sur celle de départ, samedi et dimanche.

Autour de 2100 participants ont pris part à l’une ou l’autre des épreuves du BU, ce qui représente 500 inscriptions de plus par rapport à l’an dernier. « Ça nous place avantageusement comme un leader de trail au Québec et au Canada si on calcule les volets participation et collecte de fonds », constate Gilles Poulin, cofondateur et coorganisateur du Bromont Ultra.

Outre les coureurs, environ 150 cyclistes ont enfourché leur vélo de montagne pour les deux épreuves les concernant. Huit cavaliers ont aussi participé à la première édition du Centaure, un duathlon comprenant une course de chevaux suivie d’un 25 km de course à pied. Cette épreuve, qui célébrait les cinq ans du Bromont Ultra, pouvait se faire en équipe.

« Ça a été un festival de sourires, un festival de dépassement. On a un record de participation dans toutes nos catégories. Il y a eu près de 300 inscriptions dans le 25 km, ce qui est presque le double de l’année dernière », donne-t-il en exemple.

Le seul but qui n’aura pas été atteint, c’est l’objectif financier de 350 000 $ à remettre à différentes causes. La somme devrait avoisiner 200 000 $. Le décompte n’était pas complété lundi.

160 km

Cent coureurs ont pris le départ de l’épreuve de 160 km. Parmi eux, Jean-François Cauchon avait pour objectif de battre le record du parcours — établi par Alister Gardner en 2017 en 21 h 43 —, et de passer sous l’arche d’arrivée en moins de 20 h afin de recevoir une bourse de 2000 $ à remettre à la cause de son choix.

« Il a réussi en 19 h 46 ! souligne M. Poulin. Ce n’était pas toujours rose, mais on aurait dit qu’il prenait de la force plus il avançait. »

À la fin de son premier tour de 80 km, le coureur de Québec était en troisième position. Le plus rapide, David Jeker, avait 45 minutes d’avance à un moment, explique l’organisateur. Une blessure l’a forcé à abandonner. Jérôme Bresson, qui était deuxième après 80 km, a lui aussi dû abandonner pour des raisons de santé, laissant le champ libre à Jean-François Cauchon.

« J’ai réussi, pendant la première boucle, à respecter l’horaire que je m’étais fait, raconte Jean-François Cauchon en entrevue. J’étais tout le temps en avance. Par contre, à la fin de la première moitié, je me suis rendu compte que j’avais déjà les jambes lourdes. J’ai passé par-dessus, le mental est embarqué et j’ai réussi à progresser. J’étais encore dans mes temps. Au 121e kilomètre, ma sœur [Élisabeth] est embarquée pour m’accompagner. Elle m’a tiré, m’a donné de l’énergie. J’ai continué à aller chercher du temps et à respecter mon horaire. Garder ta vitesse, rendu là, c’est comme si tu accélérais. »

La bourse de 2000 $ qu’il a remportée sera remise à la Fondation des sports adaptés.

Sylvain Lavoie et Samuel Tousignant ont terminé respectivement deuxième et troisième avec des temps de 23 h 45 et 23 h 50. Caroline Côté a quant à elle terminé onzième toutes catégories confondues et première chez les femmes avec un temps de 26 h 50. Six femmes ont réussi à courir les 160 km.

Une course intense

Le Bromontois Alister Gardner a également réalisé un exploit sur le 80 km, en enregistrant un temps de 7 h 55. Il était suivi de près par le Granbyen Alexandre Sauvageau et Rémi Poitras. Eux aussi sont allés plus vite que Jérôme Bresson qui, en 2016, avait établi la marque à battre à 8 h 23.

L’objectif de Gardner était de réaliser sa course en moins de 8 h. « Je pensais que c’était possible, mais je n’en étais pas certain », avoue-t-il.

La vedette de la course à pied dans la région était une référence en matière de vitesse pour un groupe de coureurs, qui le suivait de près. « Je ne savais pas si les gars attendaient la fin de la course pour me dépasser alors que moi je n’aurais plus été capable de pousser. » Il a donc fait une courte halte dans le sous-bois, ce qui a permis au groupe de le dépasser.

Il a cependant réalisé que cette course allait peut-être en être une de grande vitesse et s’est évertué à les rattraper. « Il y a une section de 5 km plus plats et j’ai utilisé mon expérience de coureur de route pour aller chercher trois des gars en avant. C’est plus loin que j’ai réussi à rattraper les deux autres. »

Sauvageau et Poitras lui ont donné la pression nécessaire pour maintenir le rythme et avoir l’énergie pour les dépasser. « Dans les quinze derniers kilomètres, j’ai poussé très fort pour qu’Alexandre ne me dépasse plus. Il m’a beaucoup impressionné. »

Elliot Cardin

Quant à lui, Elliot Cardin est devenu un habitué du 55 km du BU. Il a remporté l’épreuve pour la troisième fois en battant le record de parcours qu’il détenait depuis que les tracés ont été modifiés pour inclure des sentiers plus techniques.

« Ça s’est vraiment bien passé. J’ai eu de la fatigue peut-être à partir du 50e kilomètre, mais j’avais beaucoup d’énergie. Les sentiers étaient super beaux même si c’était boueux. »

Son temps le plus rapide était auparavant de 5 h 42. Cette fois, il a couru le 55 km en 5 h 22.

« Après 42 km, je savais déjà qu’à moins d’une malchance, je réalisais que j’allais passer la ligne d’arrivée avant le 5 h 30, ce qui était mon objectif. »

Anne Champagne

ULTRA-TRAIL: UNE ENTRÉE REMARQUÉE POUR ANNE CHAMPAGNE

Championne de courses à obstacles, Anne Champagne a fait son entrée dans le monde des ultra-trails, dimanche. Et elle l’a fait avec brio. La coureuse de Lanaudière est montée sur la troisième marche du podium, toutes catégories confondues, dans l’épreuve du 55 km, au Bromont Ultra. Elle est la seule femme à avoir réussi à se classer aussi bien dans un parcours d’ultra-marathon, soit 55, 80 ou 160 km.

Sa principale adversaire, qui devait défendre son titre de championne chez les femmes, Sarah Bergeron-Larouche, était absente.

« Ça m’amène une belle visibilité dans le sport. Je commence à faire mon nom. »

Malgré ses 24 ans, Anne Champagne a beaucoup d’expérience. Elle a déjà fait de la course sur route, du triathlon et s’épanouit dans la course à obstacles. « En course à obstacles, on court en trail, j’ai donc commencé à faire quelques courses en sentier. J’ai été invitée au BU sur le 55. Je voulais voir où j’en étais dans le milieu du trail. Je suis partie sans attente et je me sentais vraiment bien malgré mes grosses semaines d’entraînement. »

Elle a su bien gérer sa course pour son premier ultra-marathon en sentier et n’a pas connu de malchance. Elle est remontée tranquillement dans le classement pour se rendre compte, à un point de ravitaillement, qu’elle était en bonne position. La coureuse de Lanaudière a décidé de donner le tout pour le tout et de batailler avec les hommes. Elle a ainsi franchi la ligne d’arrivée derrière Elliot Cardin et Yohann Delisle en 6 h 16.