Les élus de Granby ont approuvé l’installation d’un feu de circulation à l’intersection des rues Dufferin et Saint-André.

Les questions de circulation divisent les élus granbyens

Dépôt d’une pétition pour vitesse élevée dans un quartier, demande d’arrêts obligatoires, ajout d’un feu de circulation : les problématiques de circulation ont occupé une bonne partie des discussions de la dernière séance du conseil municipal à Granby. Elles ont aussi, et surtout, divisé les élus.

Au moins quatre décisions ont fait l’objet d’un vote à la table du conseil. Et le maire Pascal Bonin ne cache pas son désaccord avec certaines décisions prises. « On est rendu à faire des choses avec la signalisation parce qu’il y a 15, 20 minutes dans une journée où c’est plus difficile. Mais il y a 23 heures et demie où c’est plus facile et on va mettre un stop. Ça ne me rentre pas dans la tête », a-t-il déclaré aux médias.

« Le conseil est au-dessus de moi, et je respecte ça. Mais l’orientation qu’il prend n’est pas la mienne », a-t-il ajouté en affirmant qu’il « est en train de se créer une paranoïa de la circulation et de la sécurité ».

Les élus ont entre autres décidé, de façon majoritaire, que trois arrêts obligatoires seront mis en place à l’intersection des rues Simonds Sud et Léon-Harmel. Trois d’entre eux étaient toutefois favorables au statu quo.

Feu de circulation
Ils ont en outre résolu, là encore sur division, qu’un feu de circulation sera implanté à l’angle des rues Dufferin et Saint-André. « C’est une configuration d’intersection vraiment problématique. Elle est un peu désaxée. Il fallait faire de quoi. On sait qu’il y a beaucoup de jeunes qui proviennent de l’école [de la] Haute-Ville et d’autobus scolaires. [...] Si on mettait des stops et reconfigurait l’intersection avec des avancées de trottoir, ça revenait pratiquement au même prix que des feux de circulation », a fait valoir le président du comité de circulation et conseiller municipal, Robert Riel.

« C’est comme si on venait d’apprendre soudainement que c’est désaxé au coin de Dufferin et Saint-André. [...] Une étude a démontré que des avancées de trottoir pour faire traverser les piétons seraient suffisantes. Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de feux de circulation sur Dufferin. Des fois, ça refoule d’un feu à l’autre. En rajouter un autre, ça va ralentir davantage le trafic », a toutefois fait valoir le conseiller Stéphane Giard, qui, comme deux autres élus, s’est opposé à cette mesure.

Ce n’est malgré tout pas demain la veille que le feu de circulation apparaîtra dans le paysage. Il sera à l’étude du budget pour le programme triennal d’immobilisation de 2019, a dit Robert Riel, jeudi.

Indicateur de vitesse
Les élus ont par ailleurs approuvé une grille d’analyse qui sera utilisée afin de déterminer la pertinence d’installer des indicateurs de vitesse lumineux dans les rues Mountain, Denison et Dale. Robert Vincent a voté contre cette mesure.

Il estime que ce genre de panneau n’a pas d’incidence sur la vitesse à laquelle les automobilistes roulent. « La seule façon d’avoir un impact sur la vitesse, à mon avis, c’est d’avoir des panneaux centraux et de les mettre à 50 km/h. Quand il y a un panneau au centre de la rue, les gens modèrent. C’est la seule façon », a-t-il affirmé.

Pétition
Au début de la séance du conseil municipal, Chantal Leclair, une résidente de la rue de Rouyn, a déposé une pétition, signée par 34 des 42 familles de son quartier, afin que la vitesse y soit réduite à 30 km/h, que des dos d’âne soient installés et que l’affichage soit bonifié.

Mme Leclair déplore entre autres la vitesse excessive observée dans ce « quartier tranquille », entre autres car les concessionnaires automobiles du secteur utiliseraient ses rues pour y faire des « essais routiers ». Selon elle, l’endroit n’est sécuritaire ni à pied ni à vélo.

La demande sera analysée par le comité de circulation de la Ville, a dit le maire Bonin. Celui-ci n’a cependant pas caché sa réticence face aux demandes de la citoyenne.

« Je comprends la sécurité. Mais à 30 km/h partout, avec des stops partout et des dos d’âne partout, je ne suis pas sûr que ça va bien aller non plus. Mais c’est mon opinion personnelle », a-t-il dit.

JOCELYN DUPUIS DÉÇU

 Un conseiller municipal devrait-il avoir davantage voix au chapitre lorsqu’une décision concerne son district ? C’est ce que Jocelyn Dupuis a avancé après qu’une demande d’ajout d’arrêts obligatoires dans son district ait été refusée par ses homologues. 

Cette demande visait l’intersection des rues Denison Ouest et Le Corbusier. Le comité de circulation de la Ville en avait fait la recommandation, mais la question- a divisé les élus en deux clans. Le maire Pascal Bonin a tranché afin qu’il n’y ait pas de nouveaux arrêts à cet endroit. 

Le conseiller Jocelyn Dupuis n’a pas caché sa vive déception. 

« C’est un endroit très achalandé. Il y a des écoles, un HLM, des garderies, un dépanneur qui marche beaucoup. Il y a aussi une traverse piétonnière où c’est pratiquement impossible- de traverser parce que les gens ne respectent pas la priorité aux piétons, sans parler de la vitesse sur la rue Denison Ouest. [...] Je trouve ça extrêmement décevant, mais qui suis-je pour essayer de faire changer les choses dans mon propre district ? Je vais arrêter ça là... », a laissé tomber le conseiller municipal visiblement amer de la décision.

M. Dupuis a cependant émis l’hypothèse que la Ville pourrait se calquer sur le modèle de la MRC, où Granby détient quatre votes. « On pourrait faire que le conseiller de son propre district, si ça le concerne, il aurait peut-être un vote de plus. [...] On représente les gens, mais on a un infime pouvoir », a-t-il déploré.

Ce à quoi le maire Pascal Bonin- a fait valoir que le système municipal actuel prévoit que ce sont les 10 conseillers qui, ensemble, donnent les orientations des dossiers. « Le travail d’un conseiller, c’est d’amener les demandes [des citoyens] et de les faire valoir, pas de les gagner », a-t-il plus tard réagi au sujet de la sortie de Jocelyn Dupuis-.