Gilles et Marie-France Nadeau croient que l’automatisation des opérations est une des clés du succès de l’entreprise qui célèbre 30 ans d’existence.

Les Quais de l'Estrie: s’automatiser pour croître

Il y a dix ans, la PME waterloise Les Quais de l’Estrie a choisi d’automatiser une partie de ses opérations pour assurer sa croissance. Un choix éclairé, surtout en cette période où le recrutement de la main-d’oeuvre se fait de plus en plus difficile.

« Si je n’avais pas fait d’automatisation, d’après moi, il faudrait être 20, 22 employés pour sortir la même chose », souligne Gilles Nadeau, président de l’entreprise qui célèbre cette année son 30e anniversaire de fondation.

Les Quais de l’Estrie compte une quinzaine d’employés à l’heure actuelle. C’est à peine un peu plus qu’il y a dix ans, mais la productivité de la PME, elle, a bondi de 30 % à 35 %, estime M. Nadeau.

Ce choix d’automatiser les opérations s’est notamment imposé par la situation géographique de l’entreprise, à Waterloo depuis 2014, mais autrefois à Lac-Brome. « Si on était sur la Rive-Sud de Montréal, on recevrait sûrement plus de C.V. que ce qu’on peut recevoir ici quand on cherche des travailleurs. Mais il faut vivre avec ça. C’est un choix », ajoute-t-il.

L’entreprise a d’ailleurs complété, en janvier dernier, l’acquisition d’un robot soudeur qui a entraîné un investissement de 200 000 $. Elle prévoit aussi optimiser cet automne un autre robot du même genre qui devrait lui permettre d’aller chercher un autre gain de productivité de 35 à 40 %. Des coûts assumés à même ses profits. « Je n’ai jamais emprunté pour de l’équipement, juste pour l’immobilier, parce que ça garde sa valeur », dit le président.

Croissance
Gilles Nadeau a fondé Les Quais de l’Estrie avec son père, Marius, aujourd’hui décédé. Rapidement, la PME, qui a vu le jour dans un garage, s’est trouvé une niche avec ses quais d’aluminium et de bois. « À cette époque-là, il y avait vraiment un besoin parce que le produit qu’on fabriquait, il n’y en avait pratiquement pas sur le marché », dit-il.

Aujourd’hui, une partie du succès de l’entreprise, qui fabrique également des élévateurs, repose par ailleurs sur son réseau de distribution, composé de revendeurs actifs dans divers domaines : paysagistes, vendeurs de bateaux, quincaillers.

Pas moins de 70 % des ventes sont effectuées hors Québec, dont 30 % aux États-Unis et 40 % dans le reste du Canada. Depuis quelques années, les ventes par Internet tendent à prendre de l’ampleur. Mais un produit spécifique a été développé pour la vente en ligne, précise Gilles Nadeau.

Si Les Quais de l’Estrie a sa propre ligne de produits, il lui arrive aussi de fabriquer pour des clients qui y apposent leur propre griffe. « Ça nous a permis d’aller chercher du volume. Ça nous a ouvert d’autres portes. C’est un complément à nos produits maison », se félicite M. Nadeau.

Relève
Une troisième génération de Nadeau est aujourd’hui active au sein de l’entreprise. Marie-France, la fille de Gilles Nadeau, se prépare lentement, mais sûrement à prendre la relève de son père. « Je ne suis pas prêt à la retraite. Est-ce que je vais arrêter de travailler un jour ? Je ne le sais pas. Je pense que je vais m’ennuyer. Mais je suis rendu à l’étape de réduire un peu mes activités. J’aime travailler sur les nouveaux projets. (...) On s’adapte », dit M. Nadeau, 56 ans.

Depuis qu’elle est toute petite, Marie-France Nadeau, 28 ans, n’a jamais été bien loin de l’entreprise. Adolescente, elle a commencé à travailler l’été aux Quais de l’Estrie pour gagner de l’argent de poche. « Je ne suis jamais partie », lance-t-elle.

Et elle continue à apprendre aux côtés de son père. Elle sait qu’elle pourra toujours compter sur ses conseils. « Ça va finir comme mon grand-père. Il n’a jamais arrêté. Il venait faire son tour tous les jours... », laisse tomber, en souriant ,Marie-France Nadeau.