Elvis Redzepagic, propriétaire de Taxi 3000

Les propriétaires de taxi déçus par l'offre bonifiée de Québec

L’offre bonifiée du ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, ne fait pas plus le bonheur des propriétaires de taxi de Granby. Elvis Redzepagic et Guy Gosselin s’opposent toujours aussi farouchement à la dérèglementation de l’industrie du taxi au Québec.

« Il n’y a aucun chauffeur de taxi qui est d’accord avec ça, croit M. Redzepagic, propriétaire de Taxi 3000. Au début, il offrait 500 M$ et il vient de monter de 270 M$, mais ça va être pris à même les courses de taxi. Ça ne serait pas de l’argent qu’on aurait tout de suite. De toute façon, on ne veut pas vendre les permis, on veut les garder. »

En plus de vouloir conserver son permis, M. Redzepagic souligne une incohérence qui, à son sens, rend cette proposition inacceptable. C’est que le gouvernement québécois accorderait aux propriétaires de taxi une aide financière équivalente au prix du permis payé lors de son obtention.

Le responsable de Taxi 3000 connait un chauffeur qui détient son permis depuis quelques décennies, et qui l’a payé 1000 $ alors que sa valeur est aujourd’hui de 80 000 $. « Il a travaillé pendant 40 ans, il voulait vendre son permis pour avoir un fonds de pension, mais il va n’avoir que 1000 $ pour son permis. C’est vraiment injuste. »

Selon lui, la valeur de tous les permis de taxi au Québec atteint les 2,3 milliards de dollars en 2019. « Pour vous dire la vérité, on est vraiment déçu. On ne sait pas où ça nous mène. Il y a plein de surprises chaque jour. On veut juste exister et garder les permis », conclut Elvis Redzepagic.

« Qu’ils nous laissent notre valeur de permis comme c’est là, réclame pour sa part Guy Gosselin, propriétaire de Taxi Granby. Ce n’est pas au peuple de payer, mais à Uber s’ils veulent nous acheter. Uber, quand ils entrent dans le marché, ils n’achètent rien. On ne joue pas à armes égales. »

Il répète que l’industrie du taxi s’est déjà modernisée. La plupart des compagnies utilisent des applications et autres outils technologiques pour répondre aux besoins de la clientèle.

Transport illégal

Il craint par ailleurs que certaines personnes profitent de ce projet de loi pour offrir illégalement des services de transport. Déjà, sur une page Facebook regroupant des gens de Granby, un homme offre du transport médical ou pour une autre raison pour un tarif à discuter.

M. Gosselin y voit là un acte illégal dont les revenus tirés ne seront pas déclarés, d’autant plus que ce sont des services déjà offerts par les propriétaires de taxi, qui détiennent le permis nécessaire pour ce faire. Il a avisé le bureau de François Bonnardel de cette situation.