Jean-François Arsenault et François Paré, promoteurs de Spectopolis, lors de la consultation publique sur leur projet de site de festivals à Bromont.

Les promoteurs de Spectopolis reçus avec une brique et un fanal

Les citoyens présents à la séance de consultation publique ont réservé un accueil plutôt froid aux promoteurs de Spectopolis, François Paré et Jean-François Arsenault. Ces derniers étaient venus présenter l’ambitieux projet de site de festivals qui serait sis sur l’emplacement actuel du marché aux puces de Bromont. Plusieurs Bromontois ont remis en doute la solidité des études présentées.

Les promoteurs s’attendaient à recevoir les préoccupations et surtout les critiques des citoyens, particulièrement quant à l’impact sonore et sur le trafic sur le boulevard de Bromont, où la circulation est déjà alourdie par l’achalandage de la station de ski et des glissades d’eau. La Ville de Bromont leur avait déjà demandé de réaliser à leur frais des études d’impact sur ces deux points.

Niveau sonore

« Même en prenant la pire des situations, soit un seul haut-parleur réglé à 85 décibels et sans calculer les aménagements que l’on veut faire pour diminuer le bruit, on constate que le niveau de bruit est inférieur à celui de l’autoroute », avance François Paré, graphique à l’appui.

L’étude réalise par Soft Db calcule que le niveau sonore de l’autoroute 10 située en bordure du site grimpe à plus de 60 décibels. En évaluant le site selon sa disposition actuelle, le niveau sonore devrait passer sous la barre des 50 décibels à partir de l’extrémité du camping Parc Bromont. Les promoteurs rappellent leur intention d’installer un talus de huit pieds de haut ainsi que de la végétation qui aurait pour effet de diminuer l’impact sonore des activités du site.

« C’est impossible ! », s’alarme France Quenneville, une résidente du Domaine du boisé. Cette dernière craint que Bromont vive la même situation que la ville de Saint-Lambert, qui subit le bruit des différents festivals ayant lieu de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent.

« Ce ne sera pas que de la musique et du bruit, précise François Paré. Il y aura également des activités pour enfants, des spectacles d’humour et d’autres événements qui ne nécessitent pas l’utilisation du système de son. »

Circulation

L’objectif de Spectopolis est d’avoir un impact nul sur le trafic bromontois. Pour ce faire, ils suggèrent à la Ville de réaménager le boulevard Bromont afin de permettre le virage à droite sur les deux voies à l’intersection avec la rue Bleury. Cette rue pourrait devenir à sens unique pour faciliter la circulation des véhicules. Le site du projet prévoit également quatre voies d’attente pour se rendre au stationnement. Une idée qui laisse quelques citoyens dubitatifs...

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, n’a pas apprécié la vigueur avec laquelle les citoyens se sont attaqués aux expertises. « C’est parfait d’avoir son opinion, d’être complètement en désaccord au projet, mais il faut tout de même leur permettre de [le] présenter au complet. »

M. Villeneuve rappelle qu’aucune entente n’est signée avec l’entreprise et que le conseil peut imposer plusieurs conditions s’il décide d’autoriser le projet.

Impact artistique

Malgré l’ambition des promoteurs d’attirer 5000 à 7000 spectateurs par spectacle, et ce, 30 à 40 fois par année, le conseiller Michel Bilodeau ne craint pas l’impact d’un tel projet sur l’écosystème artistique. « C’est un créneau complètement différent de ce qu’on offre pour le moment à Bromont, estime le conseiller responsable des dossiers culturels. Ça ne fait pas vraiment compétition à l’offre qu’on a présentement, surtout que le projet n’aura pas le cachet du centre culturel St-John. »

Le conseiller croit que les promoteurs ont fait l’erreur de présenter l’impact maximal alors qu’il aurait été préférable de donner un portrait plus juste. « C’est important d’entendre les critiques des citoyens, maintenant il reste à voir si on peut avoir un compromis acceptable », philosophe l’échevin.