Une soixantaine d’enseignants du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs se sont relayés pour manifester, mercredi, devant l’école primaire des Bâtisseurs, à Granby.
Une soixantaine d’enseignants du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs se sont relayés pour manifester, mercredi, devant l’école primaire des Bâtisseurs, à Granby.

Les profs manifestent pour un meilleur accès au télétravail

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
« Ailleurs au Québec, les centres de services scolaire font davantage confiance à leurs employés. »

La présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Alina Laverrière, ne décolère pas contre certaines directions d’écoles de Val-des-Cerfs qui refusent à leurs professeurs de télétravailler lorsque c’est possible, par exemple lors de journées pédagogiques.

C’est pourquoi une soixantaine d’entre eux se sont relayés pour manifester, tôt mercredi matin, devant l’école primaire des Bâtisseurs, à Granby.

L’établissement de la rue Simonds Sud a été visé parce que des menaces de mesures disciplinaires ont été signifiées à 27 enseignants qui, le 4 décembre dernier, ont défié une directive de la direction stipulant qu’une formation touchant l’informatique devait nécessairement être reçue sur place.

Les employés récalcitrants ont ensuite été empêchés de suivre la formation de leur domicile, leur accès ayant été coupé.

Discrétion

Or, la majorité des écoles de Val-des-Cerfs permettent le télétravail dans ce type de situation, dit Mme Laverrière. Mais c’est à la discrétion des directions d’école. Dans le cas de l’école des Bâtisseurs, la direction a fait un « power trip » en refusant à tous les enseignants de suivre la formation à distance, dénonce la présidente du SEHY.

« Le gouvernement recommande pourtant le télétravail en contexte de pandémie. Mais chez les directions d’école, ça part dans tous les sens. » Alina Laverrière conteste le « droit de gérance » qui leur est accordé « quand on l’utilise de manière déraisonnable et disproportionnée ». 

« On veut avoir le choix, qu’on respecte notre autonomie professionnelle. On n’a pas fait quatre ans de bac pour être traités de la sorte. Cette formation-là pouvait très bien être suivie à distance. » Sur place, ajoute Mme Laverrière, les enseignants se seraient entassés dans des locaux à moins de deux mètres de distance.

« Pas un automatisme », dit Val-des-Cerfs

À Val-des-Cerfs, le directeur général Eric Racine confirme que les directions d’établissements décident dans quelle mesure leurs employés peuvent télétravailler. Il ajoute que ce « droit de gérance » est en phase avec la loi 40 qui, en évacuant les commissaires scolaires, a donné plus de pouvoir aux directions d’établissement.

Les employés qui le peuvent ont la possibilité de faire du télétravail jusqu’à concurrence de 40 % de leur tâche. « On veut diminuer le nombre de gens à l’intérieur des bâtiments, mais ce n’est pas un automatisme », précise M. Racine.

« Il y a quand même un contrat de travail à respecter et des services en présentiel à offrir. Les besoins varient selon les milieux et les directions d’établissement sont les mieux placées pour les connaître. Elles ont cette flexibilité. »

Le dg de Val-des-Cerfs conteste la notion voulant que la majorité des écoles du centre de services scolaire permette le télétravail en cas de formation. Cela s’applique « à des degrés variables », dit-il. Il juge d’ailleurs « paradoxal » qu’une manifestation à ce sujet ait eu lieu lors d’une journée pédagogique, mercredi, « alors que la plupart des milieux suivent des formations sur le télétravail ».

Cet enjeu fait partie de la négociation nationale en cours entre Québec et les différentes fédérations de syndicats d’enseignants, dont la Fédération autonome de l’enseignement dont le SEHY est membre, mentionne Eric Racine.