Le propriétaire de la bleuetière Giard a vu ses réserves d’eau drastiquement diminuée en raison de la chaleur des dernières semaines.

Les producteurs de petits fruits ont eu chaud

Si la saison de récolte semble bien partie pour la plupart des cultivateurs des environs, plusieurs d’entre eux ont tout de même eu chaud ces dernières semaines, au sens propre comme au figuré. Les grandes chaleurs du début du mois de juillet ont principalement affecté les fraises et les framboises.

La récolte des bleuets, qui vient tout juste de prendre son envol, ne devrait pas être trop touchée par la période de chaleur extrême qu’a connue la région dans les dernières semaines.

À la bleuetière Giard à Granby, on entrevoit la saison d’un bon œil. « J’ai plusieurs variétés de bleuets qui sont déjà tout prêts, explique le producteur Luc Renaud. Je suis équipé pour pouvoir irriguer partout, mais ça commençait à devenir inquiétant, mon réservoir de 20 pieds en a perdu 4 ! »

À la bleuetière de M. Renaud, l’autocueillette n’a débuté que le 20 juillet, mais déjà samedi matin, les amateurs de petits fruits étaient nombreux à s’activer autour des bleuetiers généreusement garnis par la nature.

À Mansonville aussi, on est plutôt optimiste. Marquis Grenier, propriétaire de la bleuetière certifiée biologique Les bleuets du Marquis a pu ouvrir ses champs à l’autocueillette quelques jours plus tôt que l’an dernier.

Sa propriété est elle aussi équipée d’un système d’irrigation qui lui permet de travailler tout en ayant une certaine tranquillité d’esprit, et ce, malgré la faiblesse des précipitations. « Le problème avec la grosse chaleur, c’est plutôt que les gens sont moins enclins à venir cueillir », observe-t-il.

Saison difficile pour les fraises
À l’heure des bilans, les producteurs de fraises questionnés par La Voix de l’Est se montrent toutefois moins joyeux.

Gino Maynard se réjouissait des quelques jours de pluie annoncés.

« Les champs de fraises, c’est là où on a observé la plus importante baisse de rendement. On a perdu pratiquement 30 % ! », s’exclame le propriétaire du Terroir de Dunham, Jean-Marie Rainville.

Avant même que la récolte ait débuté, l’entreprise avait averti ses clients que l’autocueillette allait être supprimée cette année.

En effet, certains plants avaient déjà été durement touchés par le gel hivernal. La chaleur importante qui a affecté la Montérégie au début du mois de juillet a ensuite touché les autres champs de fraises qui avaient jusqu’alors été épargnés. « Disons que ça ne sera pas la meilleure des années, en plus des dépenses en main-d’œuvre qui ont augmenté », estime M. Rainville.

À Saint-Paul-d’Abbotsford, l’autoproclamé « Roi de la fraise » Gino Maynard a lui aussi subi les contrecoups des excentricités de la météo. « Les fraises ont eu chaud et il y a eu des dégâts, mais on peut vivre avec. C’est parce que j’avais de l’eau, sinon j’aurais fait dur », explique-t-il.

M. Maynard se réjouissait des quelques jours de pluie annoncés puisque ses réserves étaient au plus bas.

Retard pour les framboises
Si les framboisiers sont des plants un peu moins fragiles, les périodes de chaleur et de sécheresse affectent grandement le murissement des fruits.

Le producteur Serge Dubé à Shefford a dû arroser massivement son petit champ dans les dernières semaines. « J’ai dû mettre à peu près un gallon d’eau par pied », s’exclame-t-il.

À la bleuetière Giard à Granby, l’autocueillette n’a débuté que le 20 juillet, mais déjà samedi matin, les amateurs de petits fruits étaient nombreux à s’activer autour des bleuetiers généreusement garnis par la nature.

Malgré tout, il a dû attendre près de deux semaines supplémentaires pour ouvrir ses champs à l’autocueillette.

Pour les cultivateurs de framboises, la semaine de précipitations est accueillie avec un brin d’amertume. L’humidification des sols aidera certainement les fruits à mûrir plus normalement, mais les framboises déjà mûres risquent de rester plus longtemps sur les plants puisqu’il demeure très difficile de les cueillir lorsqu’elles sont mouillées.