Le producteur de fraise Gino Maynard, propriétaire du Roi de la fraise, est inquiet de la répercussion qu’aura l’augmentation­ du salaire minimum sur ses opérations.

Les producteurs de fraise inquiets

L’augmentation du salaire minimum en mai dernier pose un véritable défi pour les producteurs de fraise de la région et laisse penser que la saison à venir posera son lot de difficultés financières.

« Si je peux vendre plus cher, c’est correct. Moi, je n’ai rien contre payer mes employés 15 $ de l’heure, mais il faut que le client soit prêt à suivre ! », lance Gino Maynard, propriétaire du Roi de la fraise à Saint-Paul-d’Abbotsford.

Et comme le dit M. Maynard, tout comme d’autres producteurs de la municipalité, ce ne sont pas les producteurs qui contrôlent les prix du marché. « Le problème c’est les chaines [d’épicerie], nous on essaie de monter et eux tirent de leur bord ! »

« Si je me fie à nos statistiques de l’année passée, ça va coûter au moins 15 000 $ de plus cette année », s’inquiète M. Maynard. Il avance qu’avec l’augmentation du taux horaire et des obligations de l’employeur, la hausse salariale correspond à plus d’un dollar de l’heure pour son entreprise.

Même son de cloche du côté de Micheline Rodrigue, copropriétaire du Verger du père de la fraise. « On ne va pas augmenter les prix terriblement, la compétition est trop forte ». Celle-ci rappelle qu’en plus de l’augmentation salariale, la faiblesse du dollar canadien et le coût de l’essence risquent de faire exploser les comptes de dépenses pour les prochaines saisons.

Il est peu probable que la facture soit refilée aux consommateurs estime Laurie Larouche, de l’entreprise Marois et frères basée à Saint-Joachim-de-Shefford et qui vend des produits de la région à Montréal. « C’est le cultivateur qui va absorber la différence, le fruit n’arrêtera pas de mûrir pour y aller avec la demande », explique Laurie Larouche.

« Il y a des producteurs qui se remettent en question, ça sera une année à compter comme il faut », conclut Gino Maynard.

Selon les producteurs questionnés, le prix des fraises serait actuellement comparable à celui des années précédentes.