Plusieurs proches de Jacques Choquette se sont exprimés devant le tribunal, mercredi, à l’intention du meurtrier Stéphane Blanchard.
Plusieurs proches de Jacques Choquette se sont exprimés devant le tribunal, mercredi, à l’intention du meurtrier Stéphane Blanchard.

Les proches de Jacques Choquette s’adressent au meurtrier

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
C’est sans réagir que Stéphane Blanchard, trouvé coupable du meurtre prémédité de l’entrepreneur en construction Jacques Choquette, a écouté les témoignages des proches de la victime, mercredi, au palais de justice de Granby.

«Une partie de moi est morte le 3 novembre 2016», a déclaré la fille du défunt, Audrey-Ann Choquette, en faisant référence à la date où son père a été froidement assassiné par l’accusé, à Eastman.

«Mon père avait 51 ans et beaucoup de temps devant lui. Ça lui a été volé.» La jeune femme a dit avoir souffert de dépression, d’anxiété, d’un choc post-traumatique «et ça, c’était la partie facile».

«C’était mon pilier, mon modèle. Tous les moments heureux n’auront plus le même sens... Nous avons vécu l’enfer. Mon père est mort de façon tout à fait gratuite et je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi.»

Pour 5000 $ de marijuana, soit la récompense offerte à M. Blanchard pour son crime par deux complices allégués qui doivent subir leurs procès séparés en 2021, Jacques Choquette «ne pourra plus voir évoluer ses [deux] enfants», a rappelé sa soeur, Thérèse Choquette.

«Maintenant, il y aura toujours une place vide dans nos réunions de famille», a-t-elle confié.

La victime, Jacques Choquette, était le père de deux enfants.

«Un geste impardonnable»

La voix nouée par l’émotion, l’un des frères de la victime, Robert Choquette, a évoqué «un geste impardonnable», sentiment partagé par tous ceux qui se sont exprimés devant le tribunal à l’invitation de la Couronne.

«J’ai perdu mon frère et mon meilleur ami. Jacques nous manque toujours. Il est mort si jeune. Il était le rieur de la famille. Il donnait toujours de son aide. Son fils m’appelle encore tous les soirs pour me parler de son papa.»

Ex-conjointe de Jacques Choquette, Marylène Arteau a confirmé que «pas une journée ne passe sans que notre garçon ne parle de son père». «Je suis devenue seule pour m’occuper de mon petit gars et lui expliquer que son papa ne serait plus jamais là.»

Ce qui était d’abord considéré comme une disparition, puis un meurtre a entraîné pour elle «un tourbillon d’enquêtes, d’avocats et de téléphones qui n’arrêtent pas de sonner». «Je n’ai jamais vécu quelque chose de plus traumatisant dans ma vie.»

En fin d’audience, le juge André Vincent, de la Cour supérieure, a fixé à sept ans de détention la peine qui sera inscrite au dossier de l’accusé quant à l’accusation, également retenue, de complot pour meurtre. Cette peine se fondra dans celle qui vient automatiquement avec un verdict de culpabilité à un meurtre prémédité, soit la prison à vie.

M. Blanchard est donc condamné à une peine d’un minimum de 25 ans de détention. Étant donné l’accusation principale, la plus grave du Code criminel, les deux années qu’il a passées en détention depuis son arrestation comptent en simple.

«Il me semble évident, a précisé le juge, que Stéphane Blanchard n’était pas l’instigateur du plan ourdi pour tuer Jacques Choquette.» Comparativement à l’appât du gain «la vie humaine, pour certains, a peu de valeur», a-t-il aussi ajouté.