Le directeur du Service des incendies de Saint-Césaire, Étienne Chassé, le capitaine Patrick Larose, et le propriétaire de la ferme Ridel, Jean-François Ridel, posent à proximité de la fosse qui a été transformée en bassin d’eau.
Le directeur du Service des incendies de Saint-Césaire, Étienne Chassé, le capitaine Patrick Larose, et le propriétaire de la ferme Ridel, Jean-François Ridel, posent à proximité de la fosse qui a été transformée en bassin d’eau.

Les pompiers de Saint-Césaire utiliseront des fosses à lisier comme réserves d’eau

L’approvisionnement en eau est parfois complexe pour les pompiers qui interviennent en milieu rural. Soucieux d’avoir de nouveaux points d’approvisionnement sans dépenser une fortune, le Service des incendies de Saint-Césaire s’est tourné vers des agriculteurs pour utiliser leur fosse à lisier qui n’était plus utilisée en les transformant en réserve d’eau.

«On a besoin d’eau en mode rural et parfois c’est difficile d’aller jusqu’aux bornes et de l’amener à distance. Le but est aussi de réduire les coûts d’implantation de réservoirs», explique Étienne Chassé, directeur de la brigade césairoise.

L’aménagement d’un réservoir d’une capacité de 45 000 litres d’eau peut coûter entre 70 000 $ et 80 000 $. Qui plus est, l’eau est traitée, ce qui entraîne des frais supplémentaires.

C’est à la suite de l’incendie d’une ferme que le directeur a songé à donner une nouvelle vocation aux fosses à lisier, ces gros bassins en béton extérieurs construits près des bâtiments agricoles. «C’est des fosses à purin qui n’étaient plus utilisées depuis des années, indique M. Chassé. Et au lieu d’utiliser une eau qui est traitée, on utilise l’eau de pluie.»

Des équipements ont été ajoutés pour s’assurer que l’eau circule en tout temps, évitant ainsi qu’elle gèle pendant la saison hivernale.

Le projet a débuté en 2018 en approchant des agriculteurs pour sonder leur intérêt. Deux fermes ont accepté: la Ferme Larose, située dans le rang Shefford, et la Ferme Ridel, dans le rang de la Grande Barbue. «C’est du bon voisinage avec la Ville, explique Jean-François Ridel, propriétaire de la Ferme Ridel, dont la fosse extérieure n’était plus utilisée depuis 20 ans. Et c’est la moindre des choses.»

Un système d’aération et de buse a été installé dans chacun des bassins pour s’assurer que l’eau ne gèle pas, les pompiers pouvant en avoir besoin à tout moment de l’année. «On a eu des modifications à apporter parce que ça n’existait pas», explique M. Chassé, qui salue l’implication des agriculteurs.

L’installation des différents équipements a coûté entre 30 000 $ et 40 000 $. Il permet par ailleurs aux sapeurs d’avoir accès à 280 000 litres d’eau, ce qui représente l’équivalent de 80 citernes d’eau. «Il y a une grosse économie et ça réduit le délai de transport d’eau», affirme le directeur du service des incendies.

Emplacements stratégiques

Les deux fermes sont situées à des endroits stratégiques permettant de desservir de grands secteurs. Le bassin situé à la Ferme Ridel couvre les rangs St-Ours, la Grande Barbue et la Petite Barbue, ainsi que la route 112 en direction de Saint-Paul-d’Abbotsford. La deuxième ferme qui accueille une réserve d’eau permet quant à elle d’alimenter les rangs Shefford, Pipeline et Haut-de-la-Rivière Nord.

Lorsqu’un incendie se déclarera dans ces secteurs, les pompiers se rendront à l’une des fermes pour s’approvisionner en eau. Celle-ci sera pompée et transportée au moyen de citernes sur les lieux de l’intervention.

Le projet n’est pas complété et d’autres agriculteurs pourraient emboîter le pas. «Pour être opérationnel et efficace, ça en prendrait cinq pour toucher à tous les secteurs ruraux de la Ville», estime le chef des pompiers.