Le directeur du Service de sécurité incendie de Bromont, Hugo Brière

Les pompiers de Bromont sortent des sentiers battus

Le Service de sécurité incendie de Bromont-Brigham-Saint-Alphonse innove en créant deux nouvelles unités d’intervention spécialisées, l’une en sauvetage en milieu isolé et la seconde en support aérien. Cette dernière aura le mandat d’opérer des drones, ce qui pourrait constituer une première au Québec.

« On sort des sentiers battus », affirme Hugo Brière, directeur du Service de sécurité incendie de Bromont-Brigham-Saint-Alphonse.

La création des nouvelles unités découle d’une réflexion amorcée en 2015 afin d’établir quels étaient les services que la brigade pouvait offrir en fonction des équipements qu’elle possédait. Cette démarche cadrait d’ailleurs avec la position du Protecteur du citoyen à l’effet que le mandat d’évacuer des victimes situées en milieu isolé était la responsabilité des services incendies.

Un programme de subvention a été mis en place en 2017 afin d’améliorer les services d’intervention en milieu isolé. Des montants totalisant 165 000 $ ont ainsi été accordés aux équipes de sauvetage en milieu isolé et en support aérien de Bromont. Seule une somme de 10 000 $ a été puisée au budget du service des incendies.

Un volet du programme était destiné aux projets spéciaux, ce qui a incité le service bromontois à proposer celui de support aérien. « Quand on a pris connaissance des particularités du terminal Brigham, un dépôt important de gaz inflammable, on s’est dit que la meilleure option serait d’avoir un drone pour être capable de rester à distance et d’évaluer le scénario qui se passe sur les lieux », explique M. Brière.

Équipe en vol

Une équipe composée de 10 pompiers est actuellement en formation avec l’entreprise HighCloud de Cowansville pour apprendre à piloter des drones. L’unité sera opérationnelle en janvier. « On semble être la première équipe au niveau incendie au Québec qui va vraiment avoir sa brigade d’opérateurs formés conformément aux exigences de Transport Canada », mentionne le chef de la brigade.

En plus d’être déployée sur des interventions où ils doivent garder une distance sécuritaire, l’équipe sera aussi capable de localiser une victime coincée dans un milieu isolé, par exemple. « On pourrait lui [faire parvenir] certains équipements, comme une radio, de la nourriture ou des vêtements », explique Hugo Brière.

Sauvetage en milieu isolé

Une autre équipe, celle spécialisée en sauvetage en milieu isolé, voit aussi le jour. Au cours des dernières années, la brigade avait déjà commencé à acquérir des équipements, dont un véhicule de type «côte à côte» acheté grâce à une subvention, pour intervenir en forêt et dans les 130 kilomètres de sentiers pédestres bromontois. Bon an, mal an, les pompiers sont sollicités cinq fois dans ces secteurs pour évacuer des personnes en mauvaise posture.

« On a un certain territoire qu’on peut desservir avec notre habit de pompier, mais il n’est pas adéquat pour marcher une heure pour aller chercher quelqu’un et le transporter », souligne le directeur du service des incendies.

Les intervenants, qui auront terminé leur formation janvier, recevront un équipement complet de plein air comprenant sac à dos et accessoires. « Nos pompiers pourraient facilement passer plusieurs nuits en forêt juste avec les accessoires qu’ils portent sur eux, indique M. Brière. On a focusé sur l’autonomie des intervenants. »

Les deux unités travailleront en étroite collaboration lors de certaines interventions. « Les équipes sont très complémentaires. On vient multiplier l’efficacité des deux systèmes, dit M. Brière. Les membres de l’équipe en milieu isolé auront un capteur sur leur sac, et le drone sera capable avec une vision infrarouge de voir où est notre équipe et sera capable de les diriger. À l’inverse, notre équipe au sol pourrait dire au soutien aérien de trouver le meilleur point d’accès pour rejoindre la personne. »

Les nouvelles équipes offriront également leurs services dans les autres municipalités de la région et même à l’ensemble de la province.

Ces unités spécialisées, en plus de bonifier l’offre du service de sécurité incendie, ont un effet positif au sein de la brigade. « [...] La rétention du personnel n’est pas toujours facile, mais en se démarquant avec des projets spéciaux comme ça, on vient attirer l’intérêt et maintenir la motivation des pompiers à faire partie de l’organisation », affirme le directeur Brière.