Les policiers de Granby se munissent de pistolets Taser

Les policiers de Granby possèdent maintenant un nouvel outil pour intervenir dans des situations d'urgence. Six armes à impulsion électrique, mieux connues sous le nom de « Taser guns », seront en service dans quelques semaines. Dix-huit policiers ont été formés. L'acquisition de ces armes et la formation des agents ont coûté environ 75 000 $.
Le directeur du Service de police de Granby, Marco Beauregard et le sergent Sylvain Landry, moniteur en emploi de la force au Service de police de Granby, ont fait la présentation du nouvel outil de travail des policiers : l'arme à impulsion électrique.
On souhaite ainsi offrir aux policiers oeuvrant sur le terrain « une alternative à l'emploi de la force ». « Les policiers peuvent être appelés à intervenir dans plusieurs situations où les gens sont en crise : des cas de syndrome de délire agité, des personnes souffrant de maladie mentale et qui sont agitées... On est aussi confrontés à des gens qui sont intoxiqués par la drogue ou la boisson et qui ont des moments plus difficiles », explique Marco Beauregard­, directeur du Service de police de Granby.
Le pistolet Taser permet de maîtriser un individu qui résiste et représente un danger pour sa sécurité, celle du policier ou des autres personnes présentes, énumère le sergent Sylvain Landry, moniteur en emploi de la force au Service de police de Granby. 
« On s'en va de plus en plus vers ces interventions-là. C'est notre quotidien. On doit s'ajuster et l'arme à impulsion électrique est une option de force dans ces conditions-là », précise le sergent Landry­, qui a formé, avec le moniteur Frédéric­ Boulet­, les policiers pour son utilisation.
Décharge électrique 
L'arme à impulsion électrique contient deux cartouches. Les sondes sont reliées par un filin. Lorsque le policier presse sur la détente, une cartouche se déploie. Quand les sondes touchent l'individu, celui-ci reçoit une décharge électrique de 50 000 volts à 12 milliampères. Résultat : son système nerveux sensitif et son système nerveux moteur sont atteints. En résumé, la personne ressent une douleur et ne peut plus utiliser une partie de son corps un certain temps. Les policiers­ peuvent ainsi la maîtriser. 
La personne touchée doit obligatoirement être transportée à l'hôpital pour consulter un médecin. 
Le pistolet Taser peut être utilisé de en mode démonstration, projection ou contact. Favorisée par les policiers, le mode démonstration implique que les agents explique à la personne devant être maîtrisée comment l'arme sera utilisée, et ils lui font entendre le bruit de la décharge. Si elle ne coopère pas, elle recevra la décharge de 50 000 volts. Dans 70 % des cas, « il y a reddition, coopération de l'individu­ », explique M. Landry. 
Avec l'option projection, le policier appuie sur la détente, en évitant de viser la tête, le cou, la région du coeur, les parties génitales et les seins, et l'individu reçoit la décharge électrique. Efficace deux fois sur trois. « C'est assez rare que les individus désorganisés ne bougent pas. Et tirer sur une cible en mouvement, ce n'est pas évident », relève Sylvain Landry. 
Reste le mode contact. Le policier place alors le pistolet à impulsion électrique directement sur une partie du corps de la personne. La décharge créera seulement alors une douleur locale. 
« Ça vient ajouter un outil dans le coffre, mentionne le sergent Landry­. La beauté, c'est que ça vient combler un espace entre des armes intermédiaires (bâton télescopique, poivre de Cayenne) et de la force potentiellement­ mortelle qu'est l'arme à feu. »
Formation
Dix-huit policiers ont reçu une formation de trois jours comprenant 21 scénarios, ce qui permet d'assurer un déploiement de « façon assez soutenue », précise le moniteur Landry. 
Une dizaine de corps policiers au Québec, dont ceux de Montréal, Québec, Gatineau et Laval, utilisent le pistolet à impulsion électrique.