Les oiseaux aquatiques, dont ces spatules, sont hébergés de façon temporaire dans un habitat intérieur. Mais ils seront logés dans une volière extérieure près du pavillon le Temple lorsque le temps doux sera bien installé.

Les pensionnaires du Biodôme arrivent au Zoo

Opération déménagement mercredi pour un petit groupe de pensionnaires du Biodôme. Ils ont été accueillis en matinée au Zoo de Granby, où ils demeureront durant le chantier qui permettra la remise à neuf de l’attraction montréalaise.

C’est installés dans des cages de transport individuelles disposées à l’arrière d’une fourgonnette que paresseux, dendrocygnes, spatules, kamichi à collier, anaconda vert et caïman ont fait la route entre le Biodôme et le Zoo.

À leur arrivée, le calme plat régnait dans le véhicule. Pas de cris de détresse. Pas de battements d’ailes. À croire qu’ils étaient tous endormis. Les oiseaux aquatiques (dendrocygnes, spatules et kamichi) ont été les premiers à être déposés à l’intérieur d’un habitat temporaire qui les abritera d’ici à ce que le temps doux s’installe définitivement. Ils n’ont pas tardé à sortir de leur cage et à découvrir leur nouvel environnement. Une des deux spatules y est même allée de quelques coups d’aile.

Les visiteurs pourront les observer cet été dans une volière disposée à l’extérieur du pavillon le Temple, dans le parcours de l’Amérique du Sud, a souligné la conservatrice du Zoo de Granby, Chantal Routhier.

Une jeune femelle paresseux n’a pas été aussi prompte à découvrir son nouvel environnement. Elle a pris de longues minutes avant de sortir de sa cage de transport. Une fois décidée, elle a fait quelques pas lents, bien agrippée à une branche, au fond de son habitat.

Le Zoo compte déjà trois autres paresseux, dont Poui Poui, « l’oncle » de la nouvelle venue. Ils ne cohabiteront pas ensemble.

La femelle paresseux a pris de longues minutes avant de sortir de sa cage de transport.

Le transport pourrait être une source de stress pour les animaux, mais il s’est déroulé dans le calme, s’est réjoui une vétérinaire du Biodôme, Emiko Wong. Celle-ci a fait la route avec la ménagerie et en a profité pour partager les dernières informations pertinentes au sujet de chacun avec le personnel du Zoo. Les dossiers informatisés des nouveaux pensionnaires ont aussi été transmis au Zoo.

Logistique
L’opération n’a rien d’inhabituelle, précise Mme Wong. Le transfert animalier se fait de façon opérationnelle lorsque des recommandations de reproduction sont par exemple émises par le Species Survival Plan (SSP). Les animaux avaient d’ailleurs au préalable été entraînés à entrer volontairement dans les cages de transport, souligne Chantal Routhier.

L’ampleur de la tâche demande toutefois une mécanique bien huilée cette fois-ci, car ce sont « des centaines d’animaux » du Biodôme qui prennent le chemin d’autres zoos pour permettre l’ambitieux projet de rénovation de l’endroit qui doit s’étirer sur plus d’un an. Le déménagement de l’ensemble des animaux est prévu sur une période de six semaines. Les derniers partiront la semaine prochaine, note Mme Wong.

« C’est tout un défi de logistique », lance-t-elle.

Nouveau poste
Détail : Chantal Routhier est en terrain connu avec le Biodôme puisqu’elle y a travaillé durant 23 ans avant d’entrer en poste au Zoo de Granby, à la fin de l’année 2017.

Elle est la première conservatrice du Zoo. Les échanges entre institutions et le suivi des programmes de conservation sont entre autres sous sa responsabilité. « Je travaille aussi de près avec l’équipe de soins. S’il y a un problème comportemental, je fais le lien avec le SSP », explique celle qui avait déjà œuvré au Zoo à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

« Le Zoo de Granby a beaucoup évolué depuis ce temps-là. Des fois, je ne me retrouve pas moi-même à certains endroits », glisse-t-elle en souriant.