La mère Riley Fairholm, Tracy Wing, a déposé une plainte en déontologie policière.

Les parents de Riley Fairholm déposent une plainte en déontologie

Les parents de Riley Fairholm, cet adolescent de 17 ans abattu par les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Lac-Brome dans la nuit du 25 juillet dernier, ont déposé une plainte en déontologie policière.

La plainte, dont La Voix de l’Est a obtenu copie, vise tous les policiers de la SQ présents lors de l’intervention, l’agente de liaison à l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins, les chefs des postes de Dunham, Bedford, et Waterloo, la directrice du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) et les douze enquêteurs du BEI.

En entrevue, la mère de Riley, Tracy Wing, dénonce l’absence de déclaration de certains policiers lors de l’événement.

« Quand il y a une intervention policière et qu’il y a un décès, le BEI doit être avisé sans délai. Les policiers impliqués et témoins — comme ceux sur les ondes de radio — sont supposés de se séparer et de ne pas parler avec les témoins et entre eux, et de faire tout de suite leur déclaration. Il y a plusieurs règlements à suivre. À mon avis, ils n’ont pas suivi les règlements du BEI », allègue Mme Wing.

Le BEI a en effet été avisé de la mort de Riley à 3 h, soit deux heures après l’intervention. Le 30 octobre dernier, la directrice du BEI a envoyé une lettre au directeur par intérim de la SQ mentionnant que les policiers n’ont pas respecté leur obligation de faire une déclaration. Cette situation ne semblerait pas faire exception dans d’autres corps policiers.

Avec la plainte, les parents souhaitent mettre la lumière sur la situation. « Je pense que le BEI peut manquer un peu de transparence. J’ai reçu des informations, mais j’ai été obligée de passer par la loi de l’accès de l’information et c’est ainsi que j’ai décidé qu’il fallait que je porte plainte », explique Mme Wing.

Cette dernière a également l’impression que le BEI n’est pas allé jusqu’au bout de l’affaire. « Certains témoins n’ont été interrogés que plusieurs mois plus tard », mentionne-t-elle.

Le BEI a mentionné à Mme Wing qu’il avait parlé au premier répondant sur les lieux, le 3 octobre dernier. Le premier répondant (qui est l’ami de Mme Wing) lui a confirmé que personne du BEI ne l’avait contacté. C’est finalement le 9 octobre que le premier répondant a été joint. « Le [BEI] m’a rappelé et ils m’ont dit “vous aviez raison on n’y avait pas parlé ‘‘. Je me demande s’il y a autre chose », s’inquiète Mme Wing.

Aux yeux des parents, plusieurs questions demeurent sans réponse : les policiers ont-ils laissé la chance à Riley de s’exprimer avant de l’abattre ? Les manœuvres de réanimation ont-elles été faites ? Pourquoi ont-ils été informés que leur fils avait été abattu par les policiers deux heures plus tard ?

Victime

Tracy Wing reproche au BEI de ne pas l’avoir traitée comme une victime. Aucune ressource vers du soutien psychologique et aucune information sur ses droits ne lui ont été communiquées. « J’aurais aimé que le BEI me donne accès aux recours que je peux avoir comme le CAVAC et l’IVAC. Ils ne m’ont jamais avisé de ça, jamais », déplore-t-elle.

Tant la famille que Riley ne sont pas considérés comme des victimes par le BEI. Selon Mme Wing, si Riley était vu comme une victime, cela signifierait que le policier aurait fait quelque chose de mal et qu’il pourrait être accusé.

« Ce n’est pas humain, ça enlève la dignité de Riley », termine Mme Wing.

Le Commissaire à la déontologie policière analysera la plainte au cours des 40 prochains jours. Le BEI n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.