Diane Gagné (à l'avant-plan) et Linda Foisy ont assisté toute la semaine au procès sur le cours d'ÉCR à Drummondville. Sur la photo, elles sont accompagnées de Pierre-Yves Lasnier, un autre opposant au cours.

Les parents choqués par le gouvernement

Le gouvernement du Québec a agi en catimini pour implanter le cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR). C'est du moins l'impression qu'ont les Granbyens qui ont assisté, cette semaine, au procès sur la légitimité de l'État d'imposer le cours d'ÉCR.
«On entend toutes les démarches que le gouvernement a faites pour mettre sur pied le programme, mentionne la Granbyenne Linda Foisy qui a été présente au palais de justice de Drummondville pour les quatre jours du procès. Les gens du gouvernement s'y sont pris par en-dessous.»
 
Diane Gagné, une autre Granbyenne, a rempli de notes deux cahiers Canada depuis le début du procès, lundi.
En février, Diane Gagné et Linda Foisy ont déposé une demande à la Cour supérieure pour faire cesser les sanctions qu'imposait l'école secondaire J.-H.-Leclerc à leurs enfants. L'école n'avait pas à suspendre leurs fils qui n'assistaient pas au cours d'ÉCR, prétendent-elles.
La Cour supérieure a finalement obligé la commission scolaire du Val-des-Cerfs à ne suspendre aucun élève jusqu'au 30 juin, le temps que la cause à Drummondville soit entendue. «On a la protection jusqu'au 30 juin et nous espérons l'avoir pour plus longtemps», souhaite Mme Foisy qui réclame que les parents aient le droit de choisir d'inscrire ou non leur enfant au cours d'ÉCR.
Commission Bouchard-Taylor
La Granbyenne Marie-Josée Croteau est persuadée qu'il y a un lien entre la commission Taylor-Bouchard et le cours d'éthique et de culture religieuse. «Il y a une collaboration étroite entre les deux. Jacques Pettigrew, le responsable du cours d'ÉCR au Ministère, a suivi la commission, souligne la présidente de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ). La commission recommande le cours d'ÉCR. C'est un drôle de hasard je trouve. Au Québec, nous avions un beau vivre ensemble. La commission nous a fait croire le contraire et ça été monté en épingle par les médias. J'ai l'impression que tout était organisé d'avance.»
Fernande Côté de Granby s'inquiète pour ses deux petits-enfants. «Ils veulent les mêler avec ce cours d'éthique et de culture religieuse», considère-t-elle. L'État n'a pas à s'immiscer dans le choix religieux des familles, selon elle. «L'État veut tout contrôler, déplore-t-elle. Les parents ont perdu l'autorité et l'État veut la prendre. Ça n'a aucun sens.»
Sylvain Lamontagne de Valcourt l'un des premiers à s'être opposé au cours d'ÉCR a été impressionné par les témoignages d'experts, cette semaine au procès. Le docteur en philosophie, David Mascré, qui témoignait en direct de la France, l'a particulièrement marqué. «Il dit que ce cours va être néfaste pour la société québécoise. C'est une boîte de Pandore d'après lui», affirme le Valcourtois.
M. Lamontagne a moins apprécié le témoignage de Georges Leroux, un philosophe ayant participé à l'élaboration du cours d'ÉCR. «À trois reprises pendant son témoignage il a répété que le cours d'ÉCR était un gros laboratoire. Désolé, mais je ne veux pas que mes enfants soient une expérience de laboratoire», clame-t-il.