Les paramédics de Granby revêtiront en effet un t-shirt spécial à titre de moyen de pression pour rappeler à Québec ses besoins en personnel et son désir de gagner une fois pour toutes la région administrative de l’Estrie.
Les paramédics de Granby revêtiront en effet un t-shirt spécial à titre de moyen de pression pour rappeler à Québec ses besoins en personnel et son désir de gagner une fois pour toutes la région administrative de l’Estrie.

Les paramédics intensifient leurs moyens de pression

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Les personnes qui auront besoin d’être transportées en ambulance au cours des prochaines semaines remarqueront probablement un changement d’uniforme chez les paramédicaux d’Ambulances Granby. Ceux-ci revêtiront en effet un t-shirt spécial à titre de moyen de pression pour rappeler à Québec leurs besoins en personnel et leur désir de gagner une fois pour toutes la région administrative de l’Estrie.

Voilà des années maintenant que les paramédicaux de la région se trouvent dans une délicate position, c’est-à-dire à cheval entre deux régions administratives. Si les services et les soins de santé sont affiliés à l’Estrie, les services ambulanciers relèvent pour leur part de la Montérégie. Cela a pour effet de nuire au financement de leurs activités, qui sont également grandement compliquées par la situation. «En étant départagés entre deux régions, dans une zone fantôme, c’est évident que personne ne va vouloir injecter de l’argent», laisse tomber le président de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ) à Granby, Jean Papineau.


« Je suis à court de solutions et de patience. Le temps passe et il faut passer à l’action. »
Jean Papineau, président de la FTPQ

Déjà, des autocollants du chiffre 5, qui représente l’Estrie, ont été apposés sur les véhicules par-dessus celui qui fait référence à la Montérégie, pour rappeler la volonté des ambulanciers d’être sous l’égide de la région où ils transportent leur clientèle.

Mais ce transfert administratif se fait encore attendre. «De mes échanges avec le bureau de François Bonnardel, ces dossiers-là sont sur la glace parce que la CAQ attend un nouveau rapport sur l’orientation à prendre pour le réseau [de santé]. Ils demandent rapport par-dessus rapport, c’est interminable», déplore M. Papineau, qui rappelle que le Comité Ouellette, le premier chargé d’étudier la question, avait été mis sur pied par Réjean Hébert sous le gouvernement de Pauline Marois, en 2012.

«Ça fait des années qu’on surfe sur des comités; on lance un nouveau comité en pensant trouver mieux, rage-t-il. Je suis déçu du politique qui tourne en rond malgré les belles promesses qu’il nous a faites.»

Jean Papineau est le président de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ) à Granby.

Des ressources demandées

Ce chevauchement est à l’origine du retrait du projet-pilote Catherine, en hommage à la défunte attachée politique du ministre François Bonnardel, Catherine Demers, qui visait la mise en place d’un paramédic communautaire, qui pourrait référer les patients dont le cas est non urgent à des ressources du système de santé et qui permettrait de désengorger les urgences.

Le projet-pilote élaboré à Granby a plutôt été implanté à Longueuil et Saint-Jean-sur-Richelieu sous un autre nom. Les ambulanciers de Granby réclament son retour à Granby étant donné que la région aurait bien besoin de ce service étant donné le manque d’effectifs.

Les paramédics avaient pu compter sur l’aide de quelques bras supplémentaires pendant la pandémie. Or, ce renfort aura été, somme toute, de courte durée, alors que les besoins sont toujours aussi grands.

«Ça fait près de 20 ans qu’on est au statu quo en termes de ressources alors que la population ne cesse de croître, rappelle Jean Papineau. En 20 ans, il y a eu zéro investissement.»

Selon M. Papineau, Granby et ses environs connaissent un déficit de 1 ou 2 ambulances de jour, en comparaison avec des zones urbaines de démographie comparable. «On a l’impression de subventionner les plus gros centres au détriment des régions moins populeuses», lâche l’ambulancier.

«Je suis à court de solutions et de patience, mentionne Jean Papineau. Le temps passe et il faut passer à l’action.»

D’autres moyens de pression sont à prévoir au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois. «Je ne dis pas qu’on ne va pas toucher à des cordes sensibles», prévient Jean Papineau.