Les paramédics de Granby vont accentuer les moyens de pression. Un drapeau pirate a été hissé face à leur caserne de la rue Brignon, ce week-end, mais celui-ci a été retiré moins de 48 heures après son apparition.

Les paramédics intensifient leurs moyens de pression

« On ne nous prend pas au sérieux. On rit de nous », dénonce Jean Papineau, président du syndicat de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPA) section Granby. En grève depuis maintenant huit mois, les paramédics de Granby vont accentuer les moyens de pression dans l'espoir de faire bouger leur dossier et d'en arriver à une entente avec leur employeur.
Sans contrat de travail depuis avril 2015, ces travailleurs sont en grève depuis le mois de février, comme la plupart de leurs collègues québécois. Ils réclament des hausses salariales pour chaque année du contrat de travail, des améliorations au régime de retraite et l'abolition des horaires de faction. C'est la première fois que les syndicats doivent négocier avec leur employeur plutôt qu'avec le gouvernement.
Or, les négociations piétinent, selon le syndicat des travailleurs du secteur préhospitalier. « On a la volonté d'avancer, mais on se bute à une partie adverse qui ne semble pas savoir quoi faire, qui ne semble pas avoir de stratégie pour régler », affirme David Gagnon, vice-président provincial de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), section 592, qui représente­ environ­ 1200 paramédics. 
Les points normatifs ne posent pas problème. Les discussions vont toutefois moins bien lorsqu'il est question d'enjeux monétaires, dit M. Gagnon. Et la hausse de salaire de 10 % sur trois ans consentie la semaine dernière aux médecins de famille par le ministère de la Santé, Gaétan Barrette, a mis le feu aux poudres chez les paramédics. 
« On est nettement moins nombreux que les médecins de famille et on a des demandes nettement plus raisonnables. On est vraiment déçus, fait savoir David Gagnon. Dans les autres dossiers que le ministre mène, il semble être en mode solution. Le ministre a beau dire qu'il n'a pas de lien d'emploi avec nous, qu'on relève d'entreprises privées, c'est lui qui finance entièrement le système. Il n'y a aucune volonté politique du ministre à régler avec nous ; sinon, ça devrait se régler rapidement. »
Des « signaux clairs »
« Il donne sur un bord, mais pour régler un petit groupe comme le nôtre - on est juste 5000 et on représente 1 % du budget de la Santé -, on est incapables de régler. C'est quand même incroyable, dénonce quant à lui Jean Papineau. On est une classe qu'il néglige et on va envoyer des signaux clairs parce qu'il ne nous prend pas au sérieux. »
Ces signaux clairs, ce sont les moyens de pression qui seront accentués dans les jours à venir, mais aucun détail n'a été dévoilé. La Voix de l'Est a appris qu'un drapeau pirate avait été hissé à la caserne ambulancière de Granby, rue Brignon, ce week-end. Moins de 48 heures après son apparition, il a été retiré.
Depuis quelques mois, les ambulances sont colorées de gouache. L'idée, qui émane des paramédics de Granby, a été reprise aux quatre coins du Québec. 
Des rencontres de négociations sont prévues en octobre, mais les représentants syndicaux se disent peu optimistes quant à l'avancement des pourparlers. « On a l'impression de faire du surplace. À la dernière rencontre, aucun dossier n'a avancé de façon significative », affirme David Gagnon. 
Les syndiqués espèrent néanmoins qu'une entente interviendra rapidement. « Les gens sont frustrés, laisse tomber M. Gagnon. Ils ont hâte que ça se termine, mais on sent qu'ils ne baisseront pas les bras. Ils sont derrière leurs élus syndicaux. »