Tout comme la plupart des travailleurs du secteur préhospitalier au Québec, la convention collective des paramédics de Granby est échue depuis avril 2015. Les négociations sont au point mort avec leur employeur, affirme leur syndicat.

Les paramédics de Granby se dotent d'un mandat de grève

Les paramédics de Granby ont voté à l'unanimité en faveur d'un mandat de grève cette semaine, alors que les négociations avec leur employeur pour renouveler leur convention collective sont au point mort. La question salariale est l'un des principaux points sur lequel les parties n'arrivent pas à s'entendre. Le syndicat réclame aussi le retour du gouvernement à la table des négociations.
« On s'est donné ce mandat-là. Ça n'a pas été difficile, c'est misérable, l'offre qu'on nous fait », explique Jean Papineau, président de la section locale de Granby de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ). 
La convention collective de la soixantaine de paramédics de Granby­ est échue depuis avril 2015. Il en est de même pour l'ensemble des travailleurs du secteur préhospitalier au Québec. À ce jour, une quinzaine de rencontres de négociations avec l'employeur ont eu lieu. « Sur le côté normatif, on était tout près d'une entente, mais c'est le salarial où tout est arrêté parce qu'ils ne veulent pas faire d'offre sérieuse », explique David Gagnon, vice-président­ de la FTPQ, section 592. 
Les paramédics réclament une hausse salariale de 4,5 % par année pour trois ans. « Ce qu'on nous offre du côté patronal, c'est les offres qui ont été données au secteur public alors que nous, on n'est pas le secteur public. On travaille pour des entreprises privées et on ne comprend pas pourquoi ils nous reviennent avec le secteur public », dit M. Gagnon, en soulignant que les paramédics ne bénéficient pas de la sécurité d'emploi ni du fonds de pension qu'ont les travailleurs du secteur public. 
Les paramédics demandent également une bonification de leur régime de retraite ainsi que l'abolition des quarts de travail de fraction, c'est-à-dire ceux qui obligent les paramédics à être disponibles 24 heures par jour pendant sept jours consécutifs. Ils souhaiteraient signer une convention collective de trois ans tandis que l'employeur en veut une de cinq ans. 
Négociations sans le gouvernement
Pour la première fois, le syndicat doit négocier sa convention collective avec son employeur, une entreprise privée, plutôt qu'avec le gouvernement comme c'était le cas jusqu'à tout récemment. « Les propriétaires sont un petit peu plus frileux. C'est plus compliqué de faire affaire avec eux. On voit ça comme une perte de temps, comme un palier qui nous ralentit », dit M. Papineau.
Le syndicat réclame donc le retour du gouvernement à la table des négociations. « C'est lui qui injecte la grande partie de l'argent dans le système. On voudrait que le gouvernement s'implique à nouveau. Parfois, on se demande ce que le privé fait dans ça », questionne M. Gagnon. 
À tout moment, les paramédics de Granby pourraient être en grève. Les moyens dont ils disposent sont toutefois limités puisqu'ils sont l'un des services essentiels à la population. « On va essayer d'être ingénieux ! », glisse M. Papineau. 
Ces moyens de pression n'ont toutefois rien à voir avec le manque de ressources ambulancières à Granby, dénoncée publiquement il y a quelques semaines, précise M. Papineau. « On a deux chevaux de bataille. Il faut faire la différence. On va continuer avec la sensibilisation pour le manque d'effectifs et on va lutter pour notre convention collective. C'est deux dossiers en parallèle­ », affirme-t-il.