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Les organismes qui occupaient les locaux du centre culturel et communautaire John-Sleeth ont été évacué après qu’un inspecteur en bâtiment ait recommandé d’interdire l’accès au bâtiment. La cheminée du bâtiment présente de forts risques d'effondrement. 
Les organismes qui occupaient les locaux du centre culturel et communautaire John-Sleeth ont été évacué après qu’un inspecteur en bâtiment ait recommandé d’interdire l’accès au bâtiment. La cheminée du bâtiment présente de forts risques d'effondrement. 

Les organismes évacués du centre John-Sleeth dans l’inconnu

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
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Quelques jours après avoir été évacués d’urgence du centre culturel et communautaire John-Sleeth, l'incertitude règne parmi les organismes communautaires quant à leur avenir au-delà de la période de déménagement minimale de 30 à 45 jours annoncée par la Ville de Sutton.

« On attend de voir ce qui va se passer. Avant de faire de gros déménagements, on veut vraiment savoir c’est quoi la suite », indique la directrice générale du Centre d’action bénévole de Sutton, Janna Hubacek, qui confie avoir été étonnée d’apprendre que la cheminée de l’établissement menaçait de s’effondrer.

Elle tient à rassurer les personnes qui utilisent les services du CAB de Sutton qu’ils ne sont pas compromis, mais qu’un certain temps sera nécessaire pour les adapter. Le travail de proximité auprès des aînés et des familles, l’aide au devoir et la popote roulante continuent de fonctionner comme à l’habitude.

L’enjeu le plus important est toutefois celui de la banque alimentaire, selon la directrice générale. « On s’est adapté avec la pandémie, ça n’a pas été facile, donc on va trouver une autre façon de fonctionner. Les gens peuvent nous contacter pour des dépannages et on va trouver une façon de répondre aux besoins, même si les denrées sont encore dans le John-Sleeth. » Le dépannage général prévue le 19 avril aura lieu tel que prévu.

La Bibliothèque Sutton Library, le Jardin d’enfants de Sutton et la Maison des jeunes de Sutton ont aussi été évacués. La galerie Arts Sutton n’est pas touchée par l’évacuation puisqu’elle se trouve dans la partie récente du centre. Les 18 enfants qui fréquentent le Jardin d’enfants et le personnel ont été déménagés dans le chalet du parc Goyette-Hill.

Les 18 enfants qui fréquentent le Jardin d’enfants et le personnel ont été déménagés dans le chalet du parc Goyette-Hill avec l'aide de la municipalité. Un mal pour un bien, selon la présidente du CA du Jardin d'enfants, Chantal Renaud, puisque le milieu de vie du parc est très agréable, bien que le local soit un peu plus petit que celui du John-Sleeth. Le plus important, dit-elle, c'est qu'il n'y ait pas eu d'interruption de service. 

La cheminée menace de s’effondrer, comme l’a constaté l’ingénieur en bâtiment mandaté pour l’inspection.

Gros casse-tête pour la bibliothèque

Déménager les 12 000 ouvrages de la bibliothèque nécessiterait une gymnastique logistique « énorme », explique Louise Hawley, membre du CA de la Bibliothèque Sutton Library depuis une dizaine d’années et responsable des communications. « Si la réparation de ladite cheminée prend un mois, on n’est pas certain que ça vaut la peine de déménager. On est un peu dans le twilight zone, on ne sait pas trop, on attend des réponses de la ville et de savoir quels sont leurs projets et leurs plans.»

Avant que tous les occupants soient évacués d’urgence, une rencontre était prévue entre la Municipalité et les occupants du centre John-Sleet au courant de la semaine du 22 mars. Les responsables de la Maison des jeunes ont préféré ne pas faire de commentaires avant que cette rencontre n’ait eu lieu. Le Jardin d’enfants n’avait pas répondu à la demande d’entrevue de La Voix de l’Est au moment de publier ces lignes.

«C’est une drôle de coïncidence»

« Sans vouloir être cynique, on ne peut pas s’empêcher de se dire que c’est une drôle de coïncidence, lance Mme Hawley. La ville ne peut pas ignorer ces avis-là. Ça serait beaucoup trop dangereux : il y a un jardin d’enfants, une maison des jeunes, une bibliothèque. Si c’est dangereux, il faut que ça soit respecté, autrement s’il y avait un accident ça serait vraiment grave. Mais en même temps, la coïncidence est énorme, parce qu’on se demande comment ça se fait que ça n’eût pas été repéré avant.»

Les cinq organismes qui occupent des locaux du bâtiment construit en 1885, puis agrandi en 1922, avaient reçu l’ordre d’évacuer le centre avant septembre 2021. Ils ont contesté cette directive avec l’appui de la population pour faire reculer la municipalité, avec succès. « Si vous voulez nous faire évacuer, donnez-nous un plan sur ce que vous voulez faire. Quelle sera la mission du centre ? Est-ce que vous allez réinviter tous les occupants actuels ? On n’a eu réponse à aucune de ces questions», affirme Louise Hawley.

Les organismes ont du faire vite pour ramasser leur matériel avant que les portes ne soient cadenassées le jeudi 18 mars.

Sutton a commandé une nouvelle étude à la fin du mois de février 2021 afin d’avancer dans le dossier avec des données à jour sur l’état actuel du bâtiment ainsi que des coûts estimés, ayant forcément augmenté depuis la dernière étude en 2019 en raison de la hausse des coûts en construction. Le rapport était attendu pour avril prochain et une consultation publique sur l’avenir du centre devait se mettre en branle vers la fin du printemps.

Plaidoyer pour la sauvegarde du patrimoine

Louise Hawley espère « que tout le monde travaille avec le même objectif, de servir la communauté », rappelant que le centre John-Sleeth est un carrefour de services pour la population depuis de nombreuses années et qu’il a marqué l’histoire suttonaise. « On espère que les gens à la ville sont conscients de tout ça. »

— Avec la collaboration de Cynthia Laflamme.