Les responsabilités des membres du nouveau conseil municipal de Granby ont été annoncées lundi soir, lors de la première séance publique.

Les nouveaux rôles définis au conseil de Granby

La majorité des conseillers municipaux réélus à Granby conservent leurs responsabilités au sein du nouveau conseil, sauf le représentant du district 2, Jean-Luc Nappert, qui ne portera plus les dossiers liés à l’environnement, mais plutôt ceux de la sécurité publique.

C’est ce qu’a annoncé le maire Pascal­ Bonin, lundi soir, lors de la première séance régulière du nouveau­ conseil municipal élu. 

Ce changement à l’environ­nement a de quoi surprendre, car M. Nappert­, enseignant de géographie au Cégep de Granby aujourd’hui à la retraite, était un environnementaliste actif, bien avant son élection comme conseiller municipal, en 2013. Cette révision des rôles a d’ailleurs fait réagir le principal intéressé, de même que des citoyens. 

« M. Nappert est le seul conseiller municipal qui a déclaré en campagne électorale que la Ville a à peine eu la note de passage en environnement. Et il était président de ce comité-là. J’ai voulu amener un regard nouveau », a laissé tomber Pascal Bonin. 

Le conseiller du district 2, Jean-Luc Nappert et le maire de Granby, Pascal Bonin.

Ce regard nouveau, c’est la nouvelle conseillère du district 10, Catherine Baudin, qui le portera sur ces dossiers. En campagne électorale, celle-ci avait affirmé avoir un intérêt marqué pour le dévelop­pement durable et être préoccupée par l’avenir du lac Boivin. 

Autre nouveauté : le conseiller du district 5 nouvellement élu, Alain Lacasse, hérite des nouveaux dossiers liés à la jeunesse. « Je pense qu’il faut faire de la place aux jeunes. On a commencé avec le comité jeunesse et la politique jeunesse. On sait qu’on a des problèmes de rétention d’emplois et que les jeunes vont étudier ailleurs et ne reviennent pas. (...) Il y a beaucoup de choses qui se sont faites avec l’ancien conseil. C’était logique de dire aux jeunes que le conseil va leur porter une attention particulière », dit M. Bonin. 

Responsabilités accrues

Deux conseillers municipaux auront pour leur part des responsabilités accrues. Robert Riel conserve les dossiers du développement social — incluant tout ce qui touche au secteur communautaire —, mais il hérite en outre de la présidence du comité de circulation de la Ville. 

Ce comité était autrefois sous la coupe du conseiller municipal Joël Desmarais, qui a décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat pour des raisons de santé. À titre d’ex-policier à la retraite, Robert Riel était le candidat tout trouvé pour lui succéder, estime le maire. « Il a une bonne analyse et il est respecté par le conseil », dit-il.

Nouveauté : M. Riel sera le seul élu à siéger à ce comité. « J’ai arrêté les comités multiples, comme le comité de circulation, pour les donner à une seule personne. C’est très difficile quand il y a trois élus et que deux penchent d’un bord et un autre, de l’autre bord. En caucus, les discussions vont à gauche, à droite. C’est difficile. Je pense que c’est préférable d’avoir un seul élu et d’avoir une vision constante à travers les dossiers », estime Pascal Bonin. Auparavant, les conseillers Julie Bourdon et Robert Vincent siégeaient également au comité de circulation avec M. Desmarais. 

Les responsabilités du représentant du district 9, Robert Vincent, sont aussi revues à la hausse. Les dossiers du développement urbain, auparavant menés par le conseiller sortant Michel Mailhot, s’ajoutent à ceux du développement industriel, que M. Vincent pilotait au cours des quatre dernières­ années. 

L’expérience de l’élu au sein du comité consultatif d’urbanisme de la Ville a incité le maire Bonin à lui confier ces tâches, dit-il. « Je voulais quelqu’un avec de l’expertise à l’urbanisme. M. Vincent était le seul », précise-t-il.

Statu quo 

Sinon, les dossiers de la culture seront à nouveau menés par la conseillère Denyse Tremblay, tandis que ceux du sport demeurent la responsabilité du représentant du district 1, Stéphane Giard. 

Julie Bourdon conservera tout ce qui touche le développement commercial et touristique et Jocelyn Dupuis, les finances ainsi que les ressources humaines. Éric Duchesneau continuera de son côté à veiller aux dossiers liés aux travaux publics.­

Selon Pascal Bonin, il n’y a « pas de grands bouleversements » dans l’attribution des responsabilités. « Ça reste pas mal comme ce qui a fait le succès du premier mandat », fait-il valoir. Et à ceux qui seraient tentés d’analyser en détail l’attribution des fonctions aux dif­férents élus, le maire dit croire qu’il « n’y a pas de comités plus petits que d’autres ». Tout comme il n’y en a pas de plus prestigieux que d’autres, à ses yeux. 

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Le conseiller municipal du district 2, Jean-Luc Nappert, n’a pas caché lundi soir sa déception, voire son désaccord, de ne plus avoir la responsabilité des dossiers environnementaux à la Ville de Granby. Il a d’ailleurs demandé le vote, mais a été le seul à s’opposer à la nouvelle répartition des tâches.

« Je quitte avec tristesse et déception. Je tiens à le dire », a déclaré M. Nappert, tout en précisant ne pas tenir rigueur à celle qui lui succède, Catherine Baudin. « C’est un dossier qui m’a tenu à cœur depuis si longtemps et qui va me tenir encore à cœur longtemps », a-t-il ajouté en soulignant avoir mis beaucoup de temps, d’efforts et de cœur à le défendre au cours des quatre dernières années. 

Disant comprendre que la répartition des responsabilités des membres du conseil municipal est la « prérogative du maire », Jean-Luc Nappert a néanmoins dit être prêt à mettre du sien dans les dossiers de sécurité publique de la Ville, qui relèvent désormais de lui. 

Cette décision du maire Pascal Bonin a cependant fait réagir le président du conseil de quartier 2 de Granby, Richard Dubé, et un autre membre, Paul Morrisset, qui ont manifesté leur opposition, soulignant la multitude de contacts et l’expertise que M. Nappert a en environnement. 

M. Morrisset a par ailleurs qualifié de « très, très faibles » les raisons évoquées par M. Bonin pour justifier ce changement à l’environnement. Richard Dubé a même évoqué qu’il s’agit là d’une « vengeance personnelle ». 

« Je suis un peu surpris parce que la prérogative des comités, ça revient au maire, pas au conseil de quartier. (...) Honnêtement, si on veut aller plus loin en environnement, ça prend un changement parce que M. Nappert n’est plus capable de rien faire passer au conseil », a laissé tomber le maire aux médias, au terme de la séance du conseil. « M. Nappert est un gars d’études, on ne se le cachera pas. Et le conseil veut de l’action », a-t-il repris. Marie-France Létourneau