Mélissa Cormier a fait la route depuis le Nouveau-Brunswick pour participer à la compétition ninja de Motion parc évolutif, à Granby.

Les ninjas convergent vers Granby

Il y avait des ninjas au mètre carré à Granby, ce week-end, alors que s’est déroulée au Motion Parc Évolutif de Granby une compétition de haut calibre.

Des athlètes de partout au Québec, de quelques États américains, et un couple du Nouveau-Brunswick étaient de passage à Granby, cette fin de semaine, pour se défier les uns les autres dans le cadre des circuits de la Ligue Ninja Québec et de la « Ultimate Ninja Athlete Association ».

Les compétitions tenues entre les murs de l’entreprise de Granby attirent de plus en plus de gens de l’extérieur. Les athlètes sont visiblement prêts à parcourir de longues heures de route pour y participer. 

C’est le cas de Ernest Greer, du Vermont, qui est l’un des rares professionnels dans la ligue et l’un des meilleurs. Un contrat au New Jersey modifié à la dernière minute expliquait sa présence à Granby. Lui qui organisait une maison hantée dans son patelin a su samedi matin que cette dernière n’ouvrirait pas ses portes le soir même. Dans le temps de le dire, il se trouvait au volant de sa voiture en direction de Granby pour engloutir six heures de route.

Son arrivée chez Motion parc Évolutif a donc créé toute une surprise. D’autant plus qu’il est apprécié dans le milieu, en raison de son talent mais aussi de son accessibilité.

« C’est un endroit génial. C’est vraiment le fun, a-t-il lancé. Les obstacles sont impressionnants et, comme je suis un ninja, j’aime ça ici ! »

Ernest Greer se préparait alors à faire face à Gabriel Nicol, de Roxton Pond, devenu professionnel en juillet dernier, et à un autre pro américain, Robert Moffitt. 

Un parcours à la maison

Mélissa Cormier et son mari ont quant à eux fait 12 heures de route pour se rendre à Granby. Ensemble, ils regardent l’émission américaine qui a popularisé le Ninja Warrior, et ce, depuis le début de sa diffusion. Aujourd’hui, ils s’entraînent en couple et adorent pratiquer ce type de sport. 

« On est venus en septembre et on a adoré ça ! Alors on a décidé de faire la route de nouveau pour la compétition », indique Mme Cormier après avoir fait le parcours.

Comme il n’y a pas de centre comme celui de Granby au Nouveau-Brunswick, tous deux ont dû développer leurs talents en construction pour pouvoir s’entraîner. « On s’est fabriqué des obstacles, disent-ils. On a transformé notre garage pour en mettre. On stationne la voiture dehors et on s’entraîne en dedans ! »

Mélissa Cormier dit avoir adoré sa première compétition, même si les obstacles étaient particulièrement difficiles. « Je vais définitivement revenir. Et je suis certaine que mon mari a pris des notes pour des obstacles à ajouter dans notre garage ! »

D’une compétition à l’autre

Deux autres athlètes surprises se sont également pointées durant la compétition, samedi. Catherine Malette et Béatrice Moyen-Sylvestre ont eu le temps de glisser une deuxième compétition à l’horaire de leur journée. Après leur compétition d’escalade de bloc dans une autre région, elles ont eu tout juste le temps de se rendre à Granby pour la compétition ninja. Elles sont arrivées cinq minutes avant d’entrer en scène.

Mme Malette, de Boisbriand, est devenue ninja professionnel cet été. Sa compétition d’escalade, où elle a terminé huitième, ne l’a pas empêchée de se démarquer une fois de plus. Elle a réussi la majorité des obstacles échoués par les autres femmes, mais une certaine fatigue s’est fait ressentir vers la fin du parcours.

« D’habitude, je peux voir le parcours d’avance pour le visualiser, pour étudier les obstacles et prévoir la façon de conserver mon énergie. Mais je n’ai pas eu le temps de le faire... », explique-t-elle.

La jeune femme de 29 ans est impressionnante. « En général, j’ai un bon succès en ninja, parce que j’ai une bonne prise qui me vient de l’escalade. Dans mon jeune temps, j’étais gymnaste. Dans les airs, j’ai une bonne proprioception et, en plus, j’ajoute la prise et l’endurance de l’escalade, ce qui m’avantage beaucoup. »

Nouveaux obstacles

Les nouveaux obstacles qui formaient le parcours de Granby sont le fruit de plusieurs mois de réflexion et de recherche. Des gens travaillent sur leur conception depuis septembre. Patrick St-Laurent, propriétaire de Motion, était heureux de voir autant d’athlètes les affronter.

« C’est un mélange d’idées que j’ai eues et de recherches sur Internet, explique-t-il. Il y a des choses qu’on a créées et d’autres qui existent, mais qui ont été modifiées. Je ne voulais pas juste reproduire un obstacle déjà existant. »

Parmi les nouveautés, il donne en exemple l’hélice. Les athlètes devaient sauter sur un petit trampoline pour s’agripper à une hélice à deux pales. Par la force de l’impact à leur arrivée, l’hélice se mettait à tourner. Les athlètes devaient ensuite faire un transfert dans les airs. 

Les obstacles ont été majoritairement construits par M. St-Laurent et des amis. Le défi a été de les cacher aux employés qui voulaient faire la compétition. « Certains amis et moi pouvions tester les nouveaux obstacles. Il fallait garder la surprise jusqu’à la fin », poursuit Patrick St-Laurent.

Plus de 170 personnes se sont inscrites au concours cette année. « Je suis vraiment content, conclut M. St-Laurent. On y a mis beaucoup d’énergie et on voit l’engouement. »