Le maire Paul Sarrazin devant l’ancienne petite chapelle du village, qui sera restaurée.

Les mystères de la chapelle

Si les murs du 31 Principale pouvaient parler, qu’auraient-ils à raconter ? C’est ce que les élus de Sainte-Cécile-de-Milton veulent savoir... une fois pour toutes.

« Ça fait 32 ans que je vis ici et il y a toujours eu des rumeurs sur l’histoire du site », laisse entendre le maire de la municipalité, Paul Sarrazin, au sujet de l’ancienne petite chapelle anglicane et du terrain qui l’entoure. Situé dès l’entrée du village, tout près de l’intersection de la route 137 et de la rue Principale, l’édifice a connu diverses vocations au fil des ans, dont celui de salle paroissiale. Il sert aujourd’hui de simple bâtiment accessoire à la Ville.

Mais cette situation va changer, assure M. Sarrazin. « Cet endroit n’est pas mis en valeur. Il faut lui trouver une nouvelle vocation. »

L’intention est de restaurer la chapelle pour la rendre accessible lors d’occasions spéciales. « On veut y redonner son cachet d’antan, avec certains éléments qu’on pourra y trouver. Il y aura aussi une belle place extérieure où les gens auront accès à des informations historiques. »

Ce cliché d’époque montre l’édifice recouvert de bois.

Arkéos

Pour lancer le projet, la firme Arkéos a récemment été appelée en renfort. Les membres du conseil lui ont donné le mandat, moyennant 21 073 $ plus taxes, de réaliser une étude archéologique qui permettra de retracer les véritables origines de la chapelle.

« On croit qu’elle a été construite vers 1845 et que les premières sépultures datent de 1849, à l’époque où le village s’appelait Milton Corner », explique le maire. Le travail de recherche et de documentation est en cours pour confirmer le passé du lieu de culte et du cimetière qui l’entourait. On ne prévoit pas y mener des fouilles pour l’instant.

On sait que des pierres tombales reposaient sur le terrain et que trois d’entre elles ont été déplacées. Quelques dépouilles datant de très longtemps reposent donc forcément autour de la chapelle, suggère M. Sarrazin, en précisant que le lieu est désacralisé.

« Mais y a-t-il autre chose ? On veut remonter au maximum de ce qu’on peut. Ce qu’on veut trouver, c’est ce qu’on ne sait pas ! »

Plusieurs discussions

Selon lui, l’avenir de cette chapelle est au cœur des discussions depuis un bon moment. Elle a déjà fait l’objet d’études architecturales et d’ingénierie. « Il y a quelques années, on estimait à près de 300 000 $ les coûts pour la rénover complètement et y installer les services », raconte M. Sarrazin.

L’an dernier, il a même été question de raser le bâtiment pour en faire une simple place commémorative, ajoute-t-il. Jusqu’à ce que l’urbaniste Geneviève Bessette mette son grain de sel dans le dossier et sème l’enthousiasme parmi les élus.

C’est elle qui a suggéré à la municipalité d’embaucher une firme de recherches anthropologiques pour connaître les secrets que recèle cette adresse.

Il faut savoir que cet exercice n’est pas étranger au 175e anniversaire de la municipalité, qui aura lieu dans deux ans. Ces recherches enrichiraient l’histoire de Sainte-Cécile-de-Milton de nouvelles informations jamais répertoriées, se réjouit d’avance Paul Sarrazin.

Environ 200 000 $ sont maintenant prévus pour réaliser ce projet, qui profite déjà d’un octroi de 60 000 $ du Fonds de développement des communautés de la MRC de la Haute-Yamaska. « Ça pourrait toutefois être un projet évolutif... », laisse-t-il entendre, sans vouloir en dire davantage.

Le rapport préliminaire de la firme Arkéos est attendu ce printemps. Les travaux d’aménagement du site pourraient débuter au cours de l’automne.