Nicolas Luppens réagit aux sommes octroyées par Québec pour la lutte à la pauvreté.

Les mesures de soutien aux itinérants sont insuffisantes, selon le GASP

Les 11 M $ annoncés mardi par Québec pour le soutien aux personnes en situation d’itinérance sont salués par le Groupe actions solutions pauvreté (GASP), mais Nicolas Luppens a des réserves.

Une partie du financement, soit 7 M $, provient du Plan économique du Québec et sera destinée à la Capitale-Nationale, à Montréal et à la Montérégie. Or, les organismes de la région intervenant auprès des itinérants sont rattachés au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et non à la Montérégie, ce qui fait croire à M. Luppens que Granby va manquer le bateau.

Quatre millions de dollars découlent du Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023. De cette enveloppe, 1 M $ sera octroyé pour les besoins particuliers de plusieurs régions au Québec.

« Le 4 M $ était déjà prévu au plan d’action de lutte à la pauvreté, constate M. Luppens. On peut quand même dire que c’est intéressant que le gouvernement ajoute certaines sommes en matière de lutte à l’itinérance par rapport à celles qui sont déjà investies. On vient quand même bonifier les interventions en itinérance dans la province. [...] »

Le plus gros de l’appui du gouvernement permettra de déployer l’approche de stabilité résidentielle avec accompagnement (SRA) dans les grands centres et en Montérégie. Cette approche ne correspond pas à la réalité de Granby et de la région, indique le coordonnateur du GASP puisqu’il y a très peu d’itinérance chronique, clientèle visée par cette méthode.

D’autres interventions préconisées
« Oui, on pourrait la développer [l’approche SRA], mais si on veut agir de façon plus efficace, on préconise d’autres interventions. On avait déjà identifié certains besoins prioritaires, mais les ressources existantes manquent de fonds pour faire des interventions optimales. »

Selon lui, partage Notre-Dame en est un bon exemple. « Partage Notre-Dame offre une panoplie de services, mais c’est un organisme qui est sous-financé et qui fait beaucoup avec les moyens du bord. Partage Notre-Dame a dû fermer sa clinique de proximité pour des personnes n’ayant pas accès à un médecin de famille. Elle a été mise sur pied il y a à peu près deux ans. Avant de démarrer de nouveaux services, est-ce qu’on peut consolider ce qui a déjà été mis en place et qu’on n’a pas pu continuer faute de soutien ? »

L’exemple de la clinique de proximité n’en est qu’un parmi d’autres qui auraient bien besoin d’être financés. Si un coup de pouce financier pourrait provenir du million octroyé annuellement pour les besoins particuliers régionaux, aucun montant n’a encore été avancé pour l’instant.

L’intervention des organisations œuvrant auprès de la clientèle itinérante dans la Haute-Yamaska s’articule autour de cinq axes, soit la consolidation des services existants grâce à un financement récurrent, qu’on évalue à 445 000 $ annuellement ; l’accueil de nuit ou le service d’urgence ; le service alimentaire ; le logement social supervisé ou avec soutien communautaire et le suivi communautaire. Il faudrait un financement annuel d’au moins 1,4 M $ sur le territoire pour pouvoir atteindre des résultats optimaux dans tous ces volets, estime M. Luppens.

« L’annonce qui a été faite est intéressante, mais elle ne répond pas à nos besoins locaux. Le 1 M $ pour l’ensemble du Québec, c’est largement insuffisant », conclut-il.