Le nombre d’inscriptions en soins infirmiers au Cégep de Granby a chuté cet automne.

Les inscriptions en soins infirmiers en chute libre au Cégep de Granby

Le Cégep de Granby n’échappe pas à la baisse d’inscriptions en soins infirmiers qui frappe présentement le réseau collégial.

Les admissions dans ce programme technique ont chuté de 30 % par rapport à l’an dernier, indique-t-on à la direction générale. Elles sont passées de 179 à 124.

« C’est inquiétant pour l’avenir, c’est certain », indique la coordonnatrice du département de soins infirmiers, Nancy Bonneau.

Une revalorisation du métier d’infirmière est nécessaire, ajoute le directeur général du cégep. « On devra se pencher sur leur travail, les horaires, les salaires, bref, améliorer les conditions de travail, dit Yvan O’Connor. Il va falloir écouter les besoins, et ça ne prend pas qu’une seule solution. »

Les origines du mal qui affectent les infirmières sont connues : manque d’employées, temps supplémentaire obligatoire, épuisement... « Il y a eu, dans les médias, des gens qui ont manifesté leur fatigue, dit M. O’Connor. Si vous êtes un jeune de 5e secondaire et que vous entendez ça, ça n’aide pas. »

« Il y a un enjeu collectif à revaloriser cette profession-là », dit le directeur général du cégep, Yvan O’Connor.

« Dans une journée portes ouvertes, un papa d’élève m’a déjà demandé : est-ce que les élèves auront une belle qualité de travail ? », dit Mme Bonneau. Les dossiers médicaux des patients sont aussi de plus en plus lourds et les infirmières ont moins de temps à leur consacrer.

Il faudra aussi redéfinir les tâches des employées en milieu hospitalier, puisque les nouveaux pouvoirs des infirmières ne sont pas appliqués partout, dit-elle.

« Tout n’est pas noir »
Yvan O’Connor souligne que le Cégep de Granby s’attendait à une telle baisse. « C’était prévisible », dit le dg, tout en précisant qu’« il y en a quand même beaucoup qui s’inscrivent », et que « ce ne sont pas les emplois qui manquent ».

« Il y aura 418 infirmières à embaucher en 2019-2020 dans notre CIUSSS [NDLR : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux]. Comme pour les enseignants, il y a un enjeu collectif à revaloriser cette profession-là, car nous avons une pénurie de main-d’œuvre », explique M. O’Conner.

Tout n’est pas noir et les finissantes ont hâte de travailler », dit le dg. « Les élèves ne partent pas en courant ! , ajoute Nancy Bonneau. Mes classes sont pleines et mes milieux de stage sont à pleine capacité. Ils sont toujours passionnés par ce qu’ils font. »

D’une durée de trois ans, ce programme est le deuxième le plus populaire de l’établissement après celui de Techniques d’éducation spécialisée, et ses finissantes se classent aussi troisièmes au palmarès des meilleurs résultats à l’examen de l’Ordre des infirmières, dit le dg du cégep.