L’achalandage observé en juillet au Domaine Château-Bromont est encourageant, affirme le directeur du marketing et des communications, Dominic Gallant.
L’achalandage observé en juillet au Domaine Château-Bromont est encourageant, affirme le directeur du marketing et des communications, Dominic Gallant.

Les hôteliers demeurent inquiets malgré la reprise du tourisme

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Malgré la présence de touristes dans les hôtels de la région, les hôteliers redoutent les prochains mois. Les effets de la pandémie vont continuer à se faire sentir d’ici la fin de l’année, disent-ils, car la clientèle d’affaires, qui compte pour une part importante des revenus, ne sera pas au rendez-vous.

«C’est inquiétant ce qui s’en vient. Nous sommes un hôtel axé sur les séjours individuels l’été et les fins de semaine d’hiver pour le ski. Mais ce qui est corporatif nous fait vivre pendant les autres périodes de l’année. Présentement, tout est annulé et beaucoup de choses sont sur la glace, comme les partys de Noël», relève le directeur du marketing et des communications au Domaine Château-Bromont, Dominic Gallant.

Même son de cloche à l’Hôtel Castel à Granby. «Notre carnet pour les groupes et les congrès s’est vidé d’un seul coup jusqu’en décembre quand la COVID s’est déclarée à la mi-mars», affirme la directrice générale de l’établissement, Louise Bouthiette.

Celle-ci affirme que, de façon générale, les hôteliers sont préoccupés. Les frais fixes qu’ils doivent assumer demeurent importants, mais les revenus ne sont pas au rendez-vous. «Mise à part la subvention salariale, il n’y a pas d’aide des gouvernements», dit Mme Bouthiette.

De l’avis de plusieurs, 2020 est une année à oublier. «On a connu la catastrophe de mars à juin», laisse tomber la DG du Castel.

Au rendez-vous

L’achalandage observé à ce jour en juillet, particulièrement à Bromont, est toutefois encourageant. «On est complets depuis la semaine passée et pour les prochaines semaines à venir. Il y a beaucoup de courts séjours de dernière minute», affirme la directrice générale de l’hôtel St-Martin, à Bromont, Lyne Poulin.

Dominic Gallant, du Domaine Château-Bromont, qui inclut également l’Auberge Bromont, dit pour sa part être «agréablement surpris». «Les clients sont au rendez-vous. (...)

Nous sommes complets presque tous les soirs pendant les vacances», dit-il.

La situation est difficile pour les hôteliers, mais l’expérience des visiteurs est optimale, estime la directrice générale de l’Hôtel Castel, Louise Bouthiette.

L’annulation d’événements majeurs à Granby, comme le Challenger de tennis ou les Voitures anciennes a eu un impact au Castel. L’achalandage habituel à cette période-ci de l’année est réduit de moitié, note Louise Bouthiette.

«Depuis que le Zoo a rouvert, la clientèle touristique est revenue. Mais c’est aussi repris pour les excursionnistes qui veulent découvrir ce qu’on a dans la région, comme les parcs, les pistes cyclables», relève-t-elle.

Cette dernière souligne par ailleurs la collaboration du jardin zoologique, dans les circonstances. Le Zoo a pris l’initiative de réserver des billets quotidiens pour la clientèle hôtelière. Le système d’achat à l’avance de billets journaliers, alors que le nombre de visiteurs au Zoo et à Amazoo est limité cette année, compliquait l’offre des traditionnels forfaits.

Personnel recherché

Comme partout ailleurs, les hôteliers ont par ailleurs dû mettre en place une série de nouvelles mesures sanitaires. Le Castel sert par exemple les petits déjeuners à la chambre, plutôt qu’en salle à manger. Au Château-Bromont, un système de réservation a été établi afin que la clientèle puisse profiter des installations aquatiques en nombre restreint.

Un protocole particulier entoure en outre le nettoyage et la désinfection des chambres. Cela fait en sorte que l’opération est plus longue et compliquée qu’auparavant. Et le personnel n’est pas suffisant pour répondre à la demande.

Une quinzaine de préposés à l’entretien est recherchée au Domaine Château-Bromont, affirme Dominic Gallant. Faute de personnel suffisant, environ 120 des 166 chambres sont offertes actuellement, dit-il.

«On travaille fort et tout le monde met la main à la pâte», souligne la directrice générale de l’hôtel St-Martin à Bromont, Lyne Poulin.

Lyne Poulin de l’hôtel St-Martin vit aussi cette problématique de main-d’oeuvre. Mais comme les derniers mois ont été difficiles, la totalité des chambres est disponible. «On a décidé de prendre des bouchées doubles. On travaille fort et tout le monde met la main à la pâte», lance la directrice générale qui officiait comme réceptionniste mercredi.

Louise Bouthiette du Castel estime que si la situation est plus difficile pour les gens d’affaires, l’expérience des visiteurs est cependant optimale cette année. «C’est une très bonne année pour venir à Granby et au Zoo parce que l’achalandage est restreint. Les commentaires qu’on entend des visiteurs, c’est qu’il n’y a pas de file sur la route 139 et pas de problème de stationnement. Les clients profitent aussi encore plus de nos installations», dit-elle.

Dominic Gallant affirme pour sa part que le golf du Château-Bromont jouit d’une grande popularité cette année. Selon lui, plusieurs semblent renouer, voire découvrir, cette activité qui se pratique bien en période de pandémie.