Malgré l’annulation de pratiquement tous les événements sportifs où elle assure une présence, l’entreprise de Saint-Paul-d’Abbotsford Brix rechargé par la nature a pu se reprendre avec les ventes de ses produits en ligne.
Malgré l’annulation de pratiquement tous les événements sportifs où elle assure une présence, l’entreprise de Saint-Paul-d’Abbotsford Brix rechargé par la nature a pu se reprendre avec les ventes de ses produits en ligne.

Les fruits de la persévérance, en sport et en affaires pour Brix

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Avec l’annulation de pratiquement tous les événements sportifs où elle assure une présence assidue, l’entreprise abbotsfordienne Brix rechargé par la nature a vu sa cadence ralentir en 2020. Qu’à cela ne tienne, rien de tout cela n’a toutefois freiné l’ambition de l’entrepreneur Mario Plouffe.

«On ne peut pas dire que la pandémie ne nous a pas touchés, résume le créateur de la sève sportive Brix. Notre produit marche beaucoup lors d’événements sportifs à grand déploiement qui attirent plusieurs milliers de personnes, mais tous les grands événements ont été annulés cette année. Beaucoup de nos points de vente ont fermé temporairement durant la pandémie.»

En temps normal, plus de la moitié des produits Brix, des gels énergisants à base de sirop d’érable, sont vendus au printemps en prévision de la saison de course. «C’est notre gros boom, illustre M. Plouffe. C’est plus tranquille en été, mais il y a un regain en automne. Cette année, il n’y a pas eu de boom du tout.»

La demande pour réduire l’empreinte écologique de Brix était très forte de la part des clients. Est ainsi née l’idée de concevoir et d’offrir une flasque en silicone lavable pouvant être remplie aussi souvent qu’on le désire pour remplacer les sachets de gel énergétique jetables.

«Ça va être une année difficile, prévoit-il. C’est comme si on reculait de deux ans.»

Heureusement, l’entreprise a pu se reprendre avec les ventes de ses produits en ligne. L’autre entreprise de M. Plouffe et de sa compagne, l’Érablière au Boisé du lac, a aussi fait de bonnes affaires depuis le début de l’année, ce qui a sauvé la mise. «On a développé des produits transformés et Nadine, ma conjointe, a plein d’autres idées en tête. On a livré un peu partout et c’est probablement ce qui nous a sauvés», explique l’entrepreneur.

«C’est comme une boucle qui est bouclée, relève-t-il. Au départ, c’est grâce à l’érablière qu’on a pu donner naissance et de la visibilité à Brix, et cette année, la notoriété de Brix a permis à l’érablière de rejoindre plus de clients.»

Au cours des derniers mois, Mario Plouffe s’est amusé à développer de nouvelles saveurs de son fameux gel énergétique à base d’érable. Ainsi, à la saveur originale d’érable, se sont ajoutés des arômes de framboise ou de bleuet, de même qu’un gel «sucré-salé».

D’importants investissements ont été effectués à l’érablière du chemin Jodoin. «On a mis à terre de vieux bâtiments et on en a construit d’autres. On va aussi remplacer une partie de l’équipement», explique l’acériculteur. Celui-ci souhaiterait éventuellement ouvrir un point de vente sur place pour y faire étalage de ses deux gammes de produits.

D’ailleurs, au cours des derniers mois, Mario Plouffe s’est amusé à développer de nouvelles saveurs de son fameux gel énergétique à base d’érable. Ainsi, à la saveur originale se sont ajoutés des arômes de framboise ou de bleuet, de même qu’un gel sucré-salé. Du côté de l’érablière, des «pépites d’or» à l’érable ou de type sucré-salé ont été créées et font fureur en ligne, souligne-t-on.

La pandémie a freiné l’élan de l’entreprise, qui songeait peu à peu à l’exportation internationale après seulement quatre ans d’existence. «Pour l’instant, on visait deux ou trois pays, indique Mario Plouffe. On était en train de développer le marché ailleurs au Canada et en Europe, autant pour les produits de Brix que de l’érablière. La demande est là, mais on doit voir si pour nous, ça en vaut la peine maintenant.»

Pionnier du sachet réutilisable

Les gels énergisants sont prisés par bon nombre d’athlètes d’endurance, qu’ils soient coureurs, triathlètes ou cyclistes, pour ne nommer que ceux-là. Généralement vendus en portions individuelles sous la forme de sachets jetables, ces produits sont toutefois à l’origine de bien des déchets, que certains abandonnent sur les lieux de leur activité.

«Pour 90 % de gens qui vont jeter leur sachet au bon endroit, on en a 10 % d’autres qui ne font pas attention, reconnaît M. Plouffe, un habitué des marathons et d’événements sportifs où Brix a un kiosque. On a aussi de plus en plus de courses en sentiers où moins de gens passent nettoyer le site par après. Comme entreprise, on n’avait pas le choix de prendre le virage écoresponsable un jour où l’autre.»

La demande pour réduire leur empreinte écologique était d’ailleurs très forte de la part des clients, indique Mario Plouffe, lui aussi intéressé à diminuer le volume de déchets engendré par son entreprise logée dans son érablière du mont Yamaska, à Saint-Paul-d’Abbotsford.

Est ainsi née l’idée de concevoir et d’offrir une «flasque» en silicone lavable pouvant être remplie aussi souvent qu’on le désire. Un projet aussi ambitieux qu’innovant pour lequel Brix peut se targuer d’être pionnière en la matière. «Ce n’est pas un projet que toute entreprise ferait, convient M. Plouffe. On a investi beaucoup en recherche et développement pour en arriver avec un prototype qui nous convient. Et encore là, on pense à encore plein d’améliorations. Mais on est fiers d’être arrivés à ce produit-là qui est complètement nouveau sur le marché.»

C’est après deux ans de recherches et d’ajustements que Brix a mis en vente sur son site Internet sa première flasque réutilisable, ce printemps. D’une capacité de 80 g, elle peut être remplie grâce aux contenants recyclables grand format du gel Brix, pour leur part vendus en bouteilles de 700 g.

Le contenant réutilisable n’est toutefois pas encore disponible dans les 150 commerces qui vendent aussi le gel au Canada. «C’est un autre effet de la pandémie: en plus d’être plus timides dans leurs commandes, les détaillants n’osent pas sauter tout de suite sur les nouveautés», indique Mario Plouffe.

Mais qu’à cela ne tienne, il sait qu’il détient une bonne affaire.

«Jusqu’à présent, on n’a reçu que des commentaires positifs», se réjouit-il.