C’est sous les huées et dans la cacophonie que le règlement faisant bondir les salaires des élus a été adopté en mars.

Les événements marquants de 2018 à la Ville de Granby

L’année qui s’achève a été fertile en événements de toutes sortes. En voici cinq qui ont retenu notre attention dans la ville de Granby.

Des augmentations qui font réagir

L’année 2018 a commencé sur une note de contestation à Granby. Au cœur des protestations : les augmentations salariales de 17,5 % et 15 % accordés respectivement aux conseillers municipaux et au maire, quelques mois à peine après leur élection.

Le ton a été donné dès février, lors du dépôt de l’avis de motion décrétant la révision de la rémunération des élus. « C’est sûr que ça va faire jaser, que ça va être impopulaire, mais je pense que c’est nécessaire », avait déclaré le maire, Pascal Bonin. Celui-ci a justifié cette décision par un « rattrapage » à effectuer avec la moyenne des villes de taille similaire.

Bon nombre de citoyens n’ont pas apprécié ce geste des élus. Une pétition de quelque 2000 signatures a été déposée. Mais cela n’a pas été suffisant pour faire reculer le conseil municipal. C’est sous les huées et dans la cacophonie que le règlement faisant bondir le traitement des élus a été adopté en mars. La salle du conseil était pleine pour l’occasion. Aucune autre séance n’a fait autant réagir au cours de l’année.

La mesure n’a toutefois pas fait l’unanimité parmi les élus. Le conseiller municipal Jean-Luc Nappert a jugé la hausse exagérée et a partagé l’équivalent de son augmentation salariale entre six organismes.

L’harmonie est revenue entre les Villes de Bromont et Granby. Les maires Pascal Bonin et Louis Villeneuve ont renouvelé l’entente loisirs qui liait les deux Villes.

Le mur tombe

C’est en 2018 que « le mur de l’autoroute 10 » est tombé et qu’une nouvelle harmonie s’est installée entre les Villes de Granby et de Bromont. Toutes traces des vieilles querelles ont été effacées et plusieurs dossiers ont connu un dénouement.

Bromont a entre autres renouvelé l’entente loisirs qui la liait à Granby. Cette dernière a de son côté accepté de reconduire pour un an l’entente qu’elle a avec les villes de Bromont et Cowansville pour la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l’Est (RARCE), alors qu’elle songeait à une époque se retirer de ce dossier.

Cette nouvelle cohésion s’est aussi transmise aux entreprises touristiques phares des deux villes. Le Zoo de Granby et Bromont, montagne d’expériences ont enterré la hache de guerre et annoncé un nouveau partenariat touristique. Autre preuve de cette bonne entente, les maires et dirigeants des deux attractions touristiques ont, à l’occasion d’une opération médiatique, dévalé les nouvelles glissades d’eau de Bromont, avant de faire la même chose au Zoo.

Pascal Bonin a décidé de fermer ses pages Facebook, excédé d’y lire des propos calomnieux ou des commentaires blessants.

Il « tire la plogue »

Très actif sur les réseaux sociaux depuis son élection à la mairie, Pascal Bonin a décidé de « tirer la plogue ». Excédé d’y lire des commentaires blessants ou calomnieux, il a fermé en août dernier ses pages Facebook officielle et personnelle.

Si les échanges avec la majorité des internautes demeuraient cordiaux, les aspects négatifs de ce mode de communication étaient toutefois « rendus plus grands que les positifs ». Cela sapait son moral et nuisait à sa vie de famille, a-t-il évoqué.

Quelques mois plus tard, Pascal Bonin affirme ne pas regretter sa décision. « C’est un des plus beaux cadeaux que j’ai faits aux gens de mon entourage et à moi-même. J’espère que d’autres aussi vont le faire », dit-il.

Deux projets de maisons jumelées ont été bloqués par des citoyens des secteurs visés.

Non aux jumelés

Les maisons jumelées ne semblent ne pas avoir la cote à Granby. Le conseil municipal a dû composer avec le rejet par les citoyens de deux projets de construction d’habitations unifamiliales jumelées en 2018, l’un dans le secteur de la rue Forget et l’autre près de la rue Palmer-Cox. Dans les deux cas, les résidents de ces secteurs, composés surtout de maisons unifamiliales, ont manifesté leur opposition aux changements de zonage en signant le registre de la Ville.

« Je pense qu’on fait relativement un bon travail. Mais là, on est contre-productif à cause des citoyens qui nous bloquent. C’est peut-être une soixantaine de comptes de taxes et de taxes de bienvenue qu’on laisse carrément là pour le plaisir de ne pas avoir de jumelés », a déploré le maire Bonin lors d’une séance du conseil.

Le programme qui prévoit une aide financière à l’achat d’un vélo a connu une popularité instantanée.

Des programmes qui roulent

Plusieurs programmes de subventions ont été adoptés à Granby en 2018. À commencer par celui qui prévoit une aide financière à l’achat d’un vélo. La mesure a été à ce point populaire qu’une enveloppe supplémentaire de 10 000 $ a été accordée, en cours de route, à ce programme, qui jouissait d’un budget initial de 25 000 $. Au 21 décembre, plus de 440 demandes, totalisant 28 000 $, avaient été déposées.

Dans la foulée, le maire Pascal Bonin a aussi décidé d’opter pour le vélo plutôt que l’auto au cours de l’été, question d’expérimenter la mobilité active à Granby. S’il n’en tient qu’à lui, tous les élèves de cinquième année du primaire à Granby suivront une formation afin de faire d’eux des cyclistes avisés. C’est l’une des conclusions qu’il a tirées de son été sur deux roues.

Différents programmes d’aide financière ont aussi été annoncés pour permettre à la Ville de se faire plus attrayante aux yeux de commerçants et d’hôteliers potentiels. En marge de l’adoption du budget 2019, la Ville a mis en place un ambitieux programme de rénovation résidentielle, qui entrera en vigueur le 7 janvier.