Action conservation du bassin versant du lac Bromont estime qu’une bonne partie des étangs situés dans le bassin versant sont dans dans un mauvais état.

Les étangs de Bromont en mauvais état

Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB) observe qu’une bonne partie des étangs à Bromont sont en mauvais état. L’organisme veut guider leurs propriétaires vers une meilleure gestion de leur plan d’eau.

L’ACBVLB a organisé une séance d’information jeudi dernier à l’hôtel de ville pour discuter de la problématique devant plusieurs de dizaines de personnes.

Les 72 étangs (majoritairement privés) situés dans les limites du bassin versant du lac Bromont sont connus depuis une dizaine d’années comme étant une source de contaminants.

En 2008, l’UQAM avait déposé une étude démontrant que les étangs étaient efficaces pour filtrer la matière en suspension, mais qu’ils étaient également une source de phosphore.

Une bonne partie des étangs du bassin versant sont dans un mauvais état, selon Élisabeth Groulx-Tellier, chargée de projet en environnement à l’ACBVLB.

« Le quart des étangs ont des plantes envahissantes, il y en a environ plus du quart qui ont un niveau d’eutrophisation [NDLR : enrichissement en nitrates et phosphates] élevé et énormément ont des problèmes de turbidité aussi. (...) Dans certains cas, et même si les gens ne veulent pas l’entendre, ça serait mieux de lâcher prise et de laisser l’étang se transformer en marais », explique la chargée de projet citant une étude réalisée il y a une dizaine d’années.

Bonnes pratiques

Lors de la soirée de jeudi, l’ACBVLB a distribué des dépliants et présenté une série de bonnes pratiques à adopter pour contrer cette tendance.

Parmi celles-ci, l’organisme recommande aux propriétaires d’étangs l’aménagement de bandes riveraines de 10 à 15 mètres, soit plus de trois fois la règlementation municipale.

Dans certains cas, l’implantation de certaines plantes aquatiques filtrantes peut également être une solution. Des permis sont toutefois nécessaires.

« Il n’y a pas de solution miracle pour ceux qui ont une problématique de plantes envahissantes. Il faut contrôler l’apport en nutriments », soutient-elle.

L’utilisation d’engrais, l’absence de végétation ou l’accumulation de feuilles en décomposition peuvent être en cause.

Pour protéger la qualité de l’eau de l’ensemble du bassin versant et celle du lac Bromont par la force des choses, un étang peut être vidé à condition que cela soit fait en respectant certaines règles.

« La meilleure façon de le faire c’est de dévier l’eau sur une surface végétalisée à une trentaine de mètres du fossé pour permettre à l’eau de pénétrer dans le sol », rappelle la chargée de projet.

Une vidange mal exécutée peut notamment contribuer à la prolifération des espèces envahissantes, au réchauffement de l’eau du lac Bromont et à l’érosion des berges.

Règlementation

À Bromont, il est interdit de creuser de nouveaux étangs décoratifs et l’entretien des plans d’eaux existants est encadré par des règlements municipaux et provinciaux.

Une bande riveraine de 3 mètres est obligatoire pour tous les plans d’eau de plus de 5000 mètres carrés.

« Ça ne s’applique pas pour les plus petits lacs, mais ils sont quand même considérés comme des milieux humides par le ministère de l’Environnement, ils sont donc protégés et un permis est nécessaire pour y faire des travaux », explique Maria Hernandez, coordonnatrice en urbanisme et en environnement à la Ville de Bromont.

« Ça peut paraître contraignant, mais il faut rappeler que la plupart des étangs ont été creusés illégalement. Maintenant, on donne des outils aux gens pour qu’ils gèrent mieux leur plan d’eau », soutient Élisabeth Groulx-Tellier.