Pierre Lavoie, Paul Sarrazin, France Choinière, Marc Gagnon et Georgette Beauregard Boivin appréhendent tout de même les impacts de la transformation des commissions scolaires.

Les élus de Val-des-Cerfs se résignent

Bien qu’amers face à leur future disparition, les élus de la commission scolaire du Val-des-Cerfs assurent qu’ils collaboreront avec Québec jusqu’à la fin de leur mandat.

«On ne veut pas faire de confrontation», a indiqué le président de la commission scolaire, Paul Sarrazin, en point de presse vendredi. «On va collaborer et s’assurer que tout se fasse bien.»

Le projet de loi 40 déposé mardi par le gouvernement Legault prévoit l’abolition des commissaires et des élections scolaires, tandis que les commissions scolaires deviendront des «centres de services scolaires», bien que leurs fonctions resteront inchangées.

Plus de pouvoir sera également accordé aux écoles ainsi qu’au ministère de l’Éducation et les centres de services scolaires seront dirigés par des conseils d’administration (CA) formés de parents, d’employés et de gens de la communauté non rémunérés.

Les actuels commissaires scolaires resteront en poste jusqu’en mars, après quoi ils formeront des «conseils de transition» jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Les cinq élus de Val-des-Cerfs ayant rencontré la presse vendredi doutent fort de l’efficacité des nouvelles structures annoncées.

Ils appréhendent une baisse de service pour les élèves et leurs parents ainsi qu’un manque de représentativité pour les écoles éloignées de Granby, comme à Farnham ou Bedford.

«Si les gens de Farnham ne veulent pas s’investir, on pourrait avoir quatre parents (NB: une majorité) de Granby sur le CA, souligne le commissaire Pierre Lavoie. Quelle sera la voix de ces gens-là ?»

Pierre Lavoie, Paul Sarrazin, France Choinière, Marc Gagnon et Georgette Beauregard Boivin redoutent également que les bénévoles qui siégeront au CA ne le feront peut-être pas pour les bonnes raisons.

Le rôle des commissaires consiste justement à s’assurer que les ressources sont bien distribuées, rappelle M. Sarrazin. 

Implication

Dans les conseils d’établissement (CE) des écoles, «c’est toujours les mêmes parents qui s’impliquent», dit Mme Choinière. Certaines écoles ont énormément de difficulté à attirer assez de parents pour former leurs assemblées, et les personnes issues de la communauté (autre que les employés de l’école et les parents) s’impliquent rarement.

Une école secondaire de Granby a notamment dû s’y prendre à trois fois, l’automne dernier, avant d’avoir un CE complet.

Ils reconnaissent toutefois que les élus scolaires ne sont pas populaires auprès de la population en général, bien qu’à Val-des-Cerfs, précisent-ils, ils ont eu à composer avec de nombreuses coupes tout en augmentant le taux de diplomation.

«On est les mal-aimés de la démocratie, mais le gouvernement ne nous a jamais donné les moyens de nous faire connaître», dit M. Lavoie.

«L’éducation et la santé, ce sont deux domaines où le gouvernement ne devrait pas couper», ajoute Georgette Beauregard Boivin, qui est commissaire à Waterloo et Saint-Joachim-de-Shefford depuis 1987.