«Les parents n’ont pas le service à la hauteur de ce qu’ils paient», reconnaît le directeur général du collège Mont-Sacré-Coeur, Claude Lacroix.
«Les parents n’ont pas le service à la hauteur de ce qu’ils paient», reconnaît le directeur général du collège Mont-Sacré-Coeur, Claude Lacroix.

Les écoles privées maintiennent leurs frais, pour l'instant

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Confrontés à la fermeture des écoles, de nombreux parents d’élèves du privé se demandent s’ils doivent continuer de payer les frais scolaires de leurs enfants.

Un père de famille interrogé par La Voix de l’Est et dont l’une des filles fréquente une école privée de Longueuil reconnaît que la situation «l’embête». « Mais, ajoute-t-il, les professeurs envoient beaucoup de courriels et d’exercices. Je n’ai que des points positifs pour cette école. »

Pour le moment, les établissements privés demandent aux parents de ne pas interrompre leurs paiements et espèrent, à terme, qu’un dédommagement offert par Québec puisse être acheminé.

Car leurs dépenses n’ont presque pas été réduites, explique Claude Lacroix, directeur général du collège Mont-Sacré-Coeur, à Granby.

« Le chauffage a un peu baissé, mais pour le reste... Je continue de payer les salaires, et même le transport scolaire. »

Les écoles privées ne peuvent mettre des employés à pied, a expliqué le président de la Fédération des établissements d’enseignement privés, David Bowles, à Radio-Canada.

« On a reçu des directives très claires de continuer à honorer les contrats. En ce moment, nos dépenses sont entières, et c’est l’une des raisons pour lesquelles on ne peut pas procéder à des arrêts de paiements. »

Priorités

Face à la situation, Claude Lacroix admet que si une famille doit choisir entre payer pour de la nourriture ou l’école, elle doit privilégier sa subsistance.

« On a appris hier que presque toutes les usines vont fermer, les magasins aussi. Il y a des parents qui n’auront pas de revenus et il y a des délais pour le chômage... Les gens vont payer l’épicerie avant l’école privée. »

Il reconnaît que même si son établissement fait « des pieds et des mains » pour garder les élèves actifs à distance, « les parents n’ont pas le service à la hauteur de ce qu’ils paient ».

Cela dit, « il est trop tôt pour évaluer les services réellement rendus ». 

Comme pour plusieurs écoles privées, Québec couvre une partie des dépenses du Mont-Sacré-Coeur. « Nous sommes liés au Conseil ministériel, dit Claude Lacroix. On n’est pas si autonomes que ça. »

Le dg ajoute avoir une collaboration des parents, qui demeurent « super polis ». « On va trouver une solution », dit-il.

« La grande majorité des écoles privées sont des organismes à but non lucratif qui n’engrangent pas de profits », dit David Bowles de la Fédération des établissements d’enseignement privés. 

Il n’a pas été possible, mardi, de joindre le directeur de l’école secondaire privée du Verbe divin, Jean Striganuk.