Jean-Claude Duchesneau s’est présenté au micro pour demander que la zone boisée derrière sa maison soit «protégée», alors que son voisin arrière, le Faubourg Champêtre, planche sur un important projet d’agrandissement.
Jean-Claude Duchesneau s’est présenté au micro pour demander que la zone boisée derrière sa maison soit «protégée», alors que son voisin arrière, le Faubourg Champêtre, planche sur un important projet d’agrandissement.

Les doléances des frères Duchesneau

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le promoteur Michel Duchesneau n’est pas le seul à avoir monopolisé une partie de la période de questions lors la dernière séance du conseil municipal à Granby. Son frère, Jean-Claude Duchesneau, avait aussi des demandes pour les élus.

Ce dernier souhaite que la zone boisée derrière sa maison soit «protégée», alors que son voisin arrière, le Faubourg Champêtre, planche sur un important projet d’agrandissement de son complexe pour aînés de la rue Denison Ouest.

«J’ai une inquiétude sérieuse. Ce n’est pas politique et je ne veux pas vous faire mal paraître. Mais j’aimerais être protégé», a laissé tomber Jean-Claude Duchesneau, qui réside rue MacDonald.

«Je vois l’affaire s’en venir gros comme un avion. Voulez-vous que je vous dise votre prochaine phrase? Vous voulez une bande de protection», a réagi le maire Pascal Bonin.

Une bande de protection boisée imposée entre des terrains des rues de Versailles et Quévillon et le prolongement de la rue de Verchères est au coeur d’un litige qui oppose le promoteur Michel Duchesneau et l’administration municipale depuis le début de l’été.

Si Jean-Claude Duchesneau n’a pas utilisé le terme «bande de protection», sa conjointe Parise Beauregard n’a pas pris de détour. «Serait-il possible que nous ayons une bande de protection? C’est un mot qu’il ne faut pas dire ici, mais je le demande. Je suis une citoyenne au même titre que n’importe qui dans la ville. On paye des taxes. C’est d’autant plus pertinent que c’est du multilogements qu’on va mettre à côté de nous», a-t-elle évoqué.

Jean-Claude Duchesneau, oeuvrant aussi dans l’immobilier et père du conseiller municipal, Éric Duchesneau, a par ailleurs piqué au vif le maire Bonin en avançant que, comme il ne porte pas le nom de Touchette ou de Favreau [NDL: d’autres promoteurs à Granby], il devrait peut-être changer de patronyme pour voir ses projets de développement se réaliser à Granby.

«Vous pensez sérieusement que j’ai des liens avec ces gens-là? (...) Vous avez l’épiderme sensible, les Duchesneau. Heureusement que je ne m’appelle pas Duchesneau, parce qu’il y aurait eu de la poursuite ce soir», a rétorqué Pascal Bonin.

Michel Duchesneau n’a pas traité que du dossier houleux de la rue de Verchères lundi soir. Il a aussi abordé un autre de ses projets lors d’une deuxième intervention.

Autre projet

Michel Duchesneau n’a d’ailleurs pas traité que du dossier houleux de la rue de Verchères lundi soir.

Il s’est en effet fait plus conciliant avec le conseil municipal, à l’occasion d’une deuxième intervention, au sujet d’un autre de ses projets. Les élus ont entrepris de modifier la réglementation pour permettre la construction d’immeubles de 12 logements dans le secteur des rues Irwin et Lindor. Une décision qu’il a saluée.

Le promoteur, qui a été maire de 1993 à 2000, a toutefois demandé aux élus de revoir leur position alors qu’ils ont décidé de ne pas prolonger jusqu’à la rue Lindor la piste multifonctionnelle qui devra être aménagée, dans le cadre de son développement, derrière des maisons de la rue Georges-Cros.

Selon Michel Duchesneau, le secteur, bordé par un vaste milieu naturel de 69 acres qu’il cédera éventuellement à la Ville aux fins de parc, mérite d’être découvert et valorisé. D’où, selon lui, la pertinence d’y prolonger la piste multifonctionnelle. Le promoteur aimerait par ailleurs y aménager lui-même, à ses frais, des sentiers de randonnée.

Alors que des notions de sécurité ont été relevées par l’administration municipale pour expliquer son refus, celui qui a annoncé son intention de briguer la mairie en novembre 2021, a même dit être prêt à assumer les coûts pour l’éclairage de la piste.

«M. Duchesneau déforme tout ce qu’il dit. Il n’a pas été proposé de payer le sentier ni l’éclairage dans le dossier qui nous a été présenté», a cependant laissé tomber le maire Pascal Bonin, au terme de la séance du conseil.

Selon lui, la Ville ne souhaite pas prolonger la piste multifonctionnelle projetée afin d’éviter que des enfants «reviennent à 8h, 9h le soir, en arrière lot, pas d’éclairage».

«Le dossier en est un de sécurité. On veut que les enfants passent en avant-lot pour que les parents puissent les voir. S’il (le promoteur) veut présenter un autre dossier en payant les choses, c’est une tout autre chose. Mais c’est la première fois que le conseil l’entendait celle-là», a conclu Pascal Bonin.