En plus d’un Dollarama et d’une station-service, le projet commercial situé à l’angle de la route 112 et de la rue de l’Horizon à Saint-Césaire comptera un restaurant de la chaîne A & W.

Les détails du projet commercial à Saint-Césaire sont dévoilés

Un Dollorama, un A & W et une station-service ; des investissements totalisant 4 millions de dollars ; la création de dizaines d’emplois et des retombées annuelles estimées à plus de 45 000 $ dans les coffres de la municipalité. La Ville de Saint-Césaire a dévoilé mardi soir les détails du projet commercial situé à l’angle de la route 112 et de la rue de l’Horizon.

Une centaine de citoyens se sont présentés au gymnase du complexe sportif municipal, mardi soir, à la suite de l’invitation du maire Guy Benjamin. Les promoteurs du projet, les frères Francis et Louis-Jasmin Picard, de Picard Constructions, étaient assis au fond de la salle, accompagnés de leur avocat, Me Marc-Antoine Cloutier.

Reconnaissant d’emblée les craintes de certains, le maire a voulu se faire rassurant. « Comme conseil nous avons approuvé [cette initiative] parce que nous considérons qu’il s’agit d’un important projet de revitalisation commerciale », a-t-il fait savoir avant de préciser que la municipalité n’était pas l’instigatrice du site Web Station Non et du dépliant informatif invitant les gens à voter « non » au référendum qui aura lieu le dimanche 4 mars afin d’autoriser l’usage d’une station-service sur le site ciblé.

Commerces, emplois et retombées
Le conseiller en urbanisme de Saint-Césaire, Jonathan Massicotte, a ensuite présenté très rapidement les tenants et aboutissants du projet. Des images satellites, les plans d’aménagement et d’implantation de l’endroit de même que des projections en trois dimensions du complexe commercial ont été dévoilés aux citoyens sur des écrans. Fait à souligner, a-t-il mentionné, tout le corridor commercial de la route 112, à l’exception de la zone ciblée par le référendum, permet déjà la présence de postes à essence.

C’est lors de cette séance d’information publique qu’on a confirmé l’arrivée d’un magasin Dollarama à côté de l’épicerie Super C, dont l’agrandissement s’accompagnera de la réfection de la façade et du revêtement extérieur. La rumeur circulait depuis déjà quelques mois qu’une succursale de la chaîne de magasins à bas prix viendrait s’établir à cet endroit.

L’implantation du commerce représente à lui seul un investissement de 1,5 million de dollars et permettrait la création d’environ 25 emplois, en plus de rapporter la somme estimée de 18 000 $ par année en taxes foncières à la municipalité.

Une centaine de citoyens se sont présentés au gymnase du complexe sportif municipal, mardi soir, à la suite de l’invitation du maire Guy Benjamin.

Un restaurant de la chaîne A & W occuperait, pour sa part, l’espace actuellement occupé par l’ancienne succursale de la SAQ. Un investissement d’un demi-million de dollars qui permettrait l’embauche de 35 travailleurs et de générer annuellement environ 10 800 $ en taxes municipales.

Élément central du projet, l’implantation d’une station-service de huit pompes et d’un dépanneur représente un investissement de 1,2 million de dollars et plus de 20 000 $ chaque année en taxes. Environ 15 emplois verraient le jour pour faire rouler le commerce.

Enfin, l’aménagement d’un stationnement de 90 000 pieds carrés comprenant 181 espaces représenterait une dépense d’un autre demi-million de dollars. La plantation d’arbres et d’arbustes ferait passer le verdissement actuel du site de 8 % à 18 % de sa superficie.

Questions et inquiétudes
À savoir s’il était vrai que si le projet avait été déposé seulement cette année, le conseil municipal aurait pu décider unilatéralement d’aller de l’avant, la directrice générale et greffière, Isabelle François, a répondu qu’il « y avait plusieurs nuances à prendre en compte ».

D’autres citoyens étaient plutôt curieux de savoir si le projet pourrait aller de l’avant sans la station-service, advenant une victoire du camp du non au référendum. Si le maire n’a pas voulu s’avancer sur ce point, l’avocat des promoteurs, Me Marc-Antoine Cloutier a fait savoir que le résultat du référendum aurait « un impact sur la faisabilité du projet » pour lequel les franchisés [ndlr : les bannières des commerces intéressés] avaient réalisé des études d’implantation.

« Ce qui est important pour les franchisés qui s’associent au projet, c’est le volume de personnes, a-t-il ajouté. Pour être clair, il n’est pas encore tout à fait certain qu’il y ait un Dollarama, par exemple, s’il n’y a pas de poste d’essence. Mais il ne faut pas prendre peur : cette décision n’a pas encore été prise. »

Me Cloutier s’est fait rassurant en ce qui concerne les enjeux de sécurité du site. « Nos installations seront à la fine pointe de la technologie et répondront aux plus hautes exigences des entreprises pétrolières », a-t-il fait savoir, ajoutant que les promoteurs étaient ouverts à toute solution permettant d’amoindrir l’irritant du camionnage. « Ce qu’on peut faire, on va le faire. L’argent n’est pas un facteur. »

Un total de 440 personnes sont autorisées à voter à ce référendum, qui se déroulera le dimanche 4 mars, entre 10 h et 20 h, au complexe sportif de Saint-Césaire.

«  JE NE  VEUX PAS ÊTRE DÉMÉNAGÉE POUR RIEN »

Assise dans la seconde rangée de chaises alignées dans le gymnase, Louise Langlois écoutait attentivement la présentation du projet commercial. Elle ne s’est pas gênée pour poser des questions. La Césairoise affirme avoir tout intérêt à ce que le tout aille de l’avant. « Je ne veux pas être déménagée pour rien », dit-elle.

La dame, comme la résidente d’un autre logement situé au-dessus du commerce voisin de la succursale de la Banque Nationale, s’est trouvé un autre logis en novembre après que le propriétaire de l’immeuble l’ait informée, en août, qu’il avait vendu sa propriété aux promoteurs du projet. 

« J’avais un bel appartement et j’avais peur de déménager dans une tempête de neige », se rappelle la dame.

« Maintenant, je veux que ça se rende jusqu’au bout ce projet-là, ajoute-t-elle. Je trouve que c’est un beau projet et qu’il a le potentiel de faire grandir la ville. »

FEUX DE CIRCULATION

Le projet de station-service en bordure de la route 112, en face de la rue Neveu, suscite énormément d’inquiétudes quant à la sécurité des piétons et à la congestion routière entourant ce secteur.

Saint-Césaire a rappelé avoir formulé deux demandes au ministère des Transports pour faire installer des feux de circulation à l’angle de ces deux artères, en décembre 2016 et en juillet 2017, en plus d’avoir relancé le ministre en octobre dernier. Le citoyen Jean-Paul-Pelletier avait également lancé une pétition à cet effet, réunissant plus de 600 signatures en à peine cinq jours.

Le retour du ministère laisse entendre que le dossier pourrait connaître un dénouement heureux en 2019, mais rien n’est encore gagné, a fait savoir M. Benjamin. Le programme triennal d’immobilisations de la municipalité réserve toutefois une enveloppe de 250 000$ l’an prochain au cas où Québec donne son feu vert.

Me Marc-Antoine Cloutier a fait valoir que l’avènement du projet commercial dans son ensemble pourrait contribuer à faire bouger les choses. « Les promoteurs ont des discussions avec le MTQ dans ce dossier. Nous avons eu un écho que ce projet-là pourrait changer la donne de leur côté », a-t-il déclaré.

Pendant la période réservée aux interventions des citoyens, le propriétaire de la cantine Ô P’tit creux, Patrick Viens, s’est prononcé en faveur du projet.

« SI ON VEUT NOTRE ARÉNA, ÇA PREND DE L'ARGENT NEUF »

Pendant la période réservée aux interventions des citoyens, le propriétaire de la cantine Ô P’tit creux, Patrick Viens, s’est prononcé en faveur du projet, et ce, même s’il a appris le soir même que celui-ci lui ferait compétition. « Je me sens encore plus concerné maintenant que je sais qu’il y a un ours dans le projet », a-t-il blagué, faisant référence à la célèbre mascotte de la chaîne A&W. 

Il a toutefois exigé que la Ville et le promoteur s’engagent à agir pour contrer la problématique des véhicules lourds qui se stationnent en bordure de la route 112 et qui empruntent des artères résidentielles pour circuler, une intervention qui lui a valu une salve d’applaudissements.

« C’est un très beau projet, a par la suite commenté M. Viens. De cracher sur un tel investissement est dangereux pour nos projets futurs comme l’aréna. Oui, ça nous amène de la compétition, mais c’est à nous d’élever notre jeu d’un cran. Si on veut un aréna, ça prend de l’argent neuf. Et ça, c’est de l’argent neuf. »

Implication dans la communauté

La question de l’aréna a d’ailleurs donné lieu à quelques pointes d’humour, alors qu’un citoyen a rebondi sur les propos de M. Viens. « Vous avez l’air d’avoir beaucoup d’argent, j’espère que vous allez investir dans notre aréna ! » a-t-il lancé à l’endroit des promoteurs.

Du tac au tac, Me Marc-Antoine Cloutier a répondu à l’homme qui, plus tôt en soirée, avait demandé une contribution plus généreuse des élus au tournoi interrégional de hockey du regroupement de Marieville. « On peut doubler la mise si vous voulez ! » a-t-il lancé dans l’hilarité générale.

« J’ai déjà le chèque avec moi », a blagué Guy Benjamin, en faisant mine d’avoir une enveloppe dans la poche de son veston.

« Les promoteurs sont des gens toujours plus impliqués dans les communautés où ils investissent, a renchéri l’avocat, plus sérieusement. Pour eux, ce n’est pas un problème que d’envisager à contribuer à des organisations caritatives locales. Ils souhaitent contribuer au développement commercial, mais aussi à celui de la communauté. »

Le maire Benjamin s’est réservé le mot de la fin. « Il y a beaucoup de choses qui s’en viennent dans le futur. Il y a l’aréna, des projets, une zone industrielle à développer, a-t-il énuméré. Il faut regarder le projet dans l’ensemble. Ça fait partie de l’avenir de Saint-Césaire. »