Plusieurs jeunes familles ont profité de la journée portes ouvertes pour en apprendre davantage sur le travail des paramédicaux.

Les dessous du métier d’ambulancier

Les ambulanciers de Granby ont profité de la Semaine nationale des services préhospitaliers d’urgence pour ouvrir les portes de leur caserne sur la rue Brignon, dimanche. Jeunes et moins jeunes ont eu l’occasion de découvrir toutes les facettes d’un métier tout aussi essentiel que méconnu.

Une telle journée avait déjà été organisée en 2012 afin de faire visiter la caserne qui venait alors d’être construite. Cette fois, l’objectif était davantage de démystifier le travail paramédical, de permettre à la population d’en apprendre davantage sur les manœuvres effectuées et sur l’équipement utilisé.

Au passage de La Voix de l’Est, la caserne grouillait de jeunes familles. Celles-ci assistaient aux ateliers et discutaient avec les ambulanciers alors que des enfants s’amusaient dans le jeu gonflable. Une atmosphère décontractée qui tranchait avec l’aspect souvent dramatique entourant l’intervention des paramédicaux lors d’une situation d’urgence.

Près de 250 personnes seraient venues faire leur tour dimanche. « Tout ça grâce à Guéritou ! », blague le paramédic Michael Bédard en parlant de la mascotte de la caserne.

Manque d’effectifs
L’ambulancière Maryse Cabana était bien contente de pouvoir parler de son métier. « Il y a encore des gens qui pensent qu’on fait partie des services municipaux », lance-t-elle. Comme ses collègues, elle a profité de la journée pour présenter un portrait de la situation des services paramédicaux.

Ce sont les ambulances Dessercom qui desservent le territoire qui comprend Granby, Saint-Paul-d’Abbotsford, Saint-Cécile-de-Milton, Roxton Pond et Saint-Alphonse-de-Granby. Seulement trois ambulances de jour et deux de soir sont disponibles pour répondre aux appels d’urgence.

Un effectif insuffisant, selon les ambulanciers rencontrés. « Ce n’est pas rare qu’on doive attendre 5 ou 7 heures avant de pouvoir traiter un appel de faible priorité », soutient Michael Bédard.

Maryse Cabana explique : « Dans certaines situations, comme un infarctus ou un AVC, on emmène le patient jusqu’à Longueil ou Sherbrooke. C’est mieux pour la personne, mais ça prend plus de temps et on est sorti du territoire plus longtemps ». Et il arrive régulièrement lors de ces plus longs déplacements que l’équipe doive traiter des appels à l’extérieur de son territoire puisqu’elle est à ce moment plus proche du patient.

« On a fait des calculs maison récemment et on est arrivé à une moyenne de 2 h 20 chaque jour à l’extérieur du territoire », ajoute Michael Bédard.

C’est-à-dire que pendant plus de 2 heures quotidiennement, il n’y a aucune ambulance pour répondre aux appels d’urgence des environs. Ce sont donc des ambulanciers d’autres casernes (Waterloo ou Cowansville, par exemple) qui doivent se déplacer.

Les ambulanciers encouragent donc les gens à ne pas hésiter à enregistrer des plaintes lorsqu’ils estiment que le temps d’attente est trop long. Ils estiment qu’à Granby, l’ajout d’une équipe par quart de travail pourrait remédier la situation.

Les services paramédicaux sont de plus en plus sollicités. Selon des statistiques obtenues grâce à la centrale d’appel, une augmentation des appels de 14 % a été observée depuis les trois dernières années.

L’an dernier, les ambulanciers basés à Granby ont répondu à un total de 9324 appels.