Un tas de briques déposé en bordure de route dans un secteur isolé de la ville de Granby a récemment soulevé une petite vague d’indignation sur les réseaux sociaux.
Un tas de briques déposé en bordure de route dans un secteur isolé de la ville de Granby a récemment soulevé une petite vague d’indignation sur les réseaux sociaux.

«Les dépôts sauvages, c’est dépassé»

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Un tas de briques déposé en bordure de route dans un secteur isolé de la ville de Granby a récemment soulevé une petite vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Si des « dépôts sauvages » de ce type sont encore réalisés, ils tendent malgré tout à diminuer au fil des ans, selon le directeur des travaux publics à la Ville de Granby.

Il y a quelques années, une dizaine de dépôts sauvages (dépôts illégaux de déchets) par année étaient comptabilisés sur le territoire, surtout au printemps, souligne François Méthot-Borduas. Depuis trois ou quatre ans, une amélioration a été notée, alors que ce nombre a diminué à quatre ou cinq.

Cette année, en plus des briques, dont la quantité équivaut environ à deux mètres cubes, les employés de son service ont ainsi retrouvé une télé 30 pouces, des matériaux de construction et des meubles. « Au moins, ce ne sont pas des matières dangereuses. C’est déjà ça », note-t-il.

« Il y a tellement de solutions de recyclage ou de réutilisation aujourd’hui, que c’est un peu bizarre que les gens fassent encore ça », dit François Méthot-Borduas.

Selon lui, certains secteurs de la Ville sont plus propices à la découverte de dépôts sauvages. Ce sont évidemment des endroits plus isolés, à l’abri des regards. Mais pas toujours.

« Cette année, les choses qu’on a retrouvées étaient sur le chemin Bernard (télé) et au bout de la rue Arthur-Danis (matériaux de construction). On a aussi trouvé des fauteuils et des meubles au coin des rues Empire et St-Joseph, près du stationnement Johnson », dit le directeur des travaux publics.

La MRC de la Haute-Yamaska a réalisé une campagne de sensibilisation il y a deux ans. Des panneaux ont été installés par les municipalités qui le souhaitaient dans les secteurs propices aux dépôts sauvages de déchets.

Indignation

Les briques, elles, ont été laissées en bordure du chemin Beaudry. Leur présence a été dénoncée sur une page Spotted locale sur Facebook. « En 2020, avec la possibilité d’amener vos cochonneries à l’écocentre, c’est difficile de croire que vous veniez les ‘‘domper’’ carrément dans la rue Beaudry, où c’est possible d’avoir un accident en roulant sur vos restants de briques. Sans parler de l’environnement », a déploré un internaute.

La publication a été commentée et partagée par de nombreux citoyens indignés.

La réglementation municipale prévoit une amende de 200 $, en plus de 74 $ de frais, pour ceux qui déposent leurs ordures, déchets ou matières nuisibles à des endroits autres que ceux prévus à cette fin. Mais cela demeure difficile de prendre les contrevenants sur le fait.


« D’un point de vue environnemental, jeter des déchets dans la nature, ça ne fait pas sens. Les gens sont devenus moins tolérants quand ils voient ça. L’environnement est devenu une préoccupation de plus en plus présente. Et c’est parfait comme ça. »
François Méthot-Borduas, directeur des travaux publics à la Ville de Granby

Sensibilisation

La MRC de la Haute-Yamaska a par ailleurs réalisé une campagne locale de sensibilisation à cette problématique il y a deux ans. Des panneaux ont été installés par les municipalités qui le souhaitaient dans les secteurs propices aux dépôts inappropriés de déchets.

Le slogan mis de l’avant ? « Les dépôts sauvages, c’est dépassé... et sanctionné ! », souligne la directrice du service de gestion des matières résiduelles à la MRC, Valérie Leblanc.

Selon elle, le phénomène n’est pas plus fréquent dans les municipalités rurales. « Même les municipalités urbaines ont des lieux plus reculés », dit-elle.

Mme Leblanc estime que l’ouverture des écocentres, où les services sont « gratuits et accessibles », explique sûrement en bonne partie la diminution du nombre annuel de dépôts sauvages observés.

Lorsque cela survient, ce sont les services de travaux publics respectifs des municipalités qui sont responsables de disposer adéquatement des déchets trouvés.

Selon le directeur des travaux publics à la Ville de Granby, François Méthot-Borduas, le nombre annuel de dépôts sauvages tend à diminuer au fil des ans.

« Ça fait partie de notre mission, l’entretien du territoire. On fait notre travail. Mais quand on essaie de saisir la motivation des personnes qui font ça, on a de la difficulté à comprendre », affirme François Méthot-Borduas.

« D’un point de vue environnemental, jeter des déchets dans la nature, ça ne fait pas sens. Les gens sont devenus moins tolérants quand ils voient ça. L’environnement est devenu une préoccupation de plus en plus présente. Et c’est parfait comme ça », ajoute-t-il.

De façon pratique, la MRC de la Haute-Yamaska a mis en ligne l’an dernier le site web www.genedejeter.com afin de partager différentes informations sur la gestion des matières résiduelles. Il est aussi possible de télécharger l’application « Ça va où ? » de Recyc-Québec afin de savoir où se départir de différents produits.