Être commissaire scolaire rémunéré et promouvoir l’abolition des élections scolaires apparaît comme un non-sens aux yeux du président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin. « Tu ne peux pas être en dedans et en dehors en même temps », dit-il.

Les commissaires scolaires ont un devoir de réserve, selon Paul Sarrazin

Le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs admet être « mal à l’aise » avec les prises de position de la commissaire-parent Marie-Josée Cornay, de Dunham.

Militante caquiste, Mme Cornay fait l’objet d’une plainte devant le Comité d’éthique et de déontologie des commissaires pour avoir partagé sur sa page Facebook, en début d’année, un article intitulé « La CAQ relance sa promesse d’abolir les commissions scolaires » et l’avoir commenté favorablement.

On lui reproche « d’être en conflit d’intérêts, de discréditer le travail de (ses) collègues commissaires, d’entacher l’image publique des commissaires et de manquer de solidarité avec (ses) collègues ». Au terme d’une enquête, elle s’expose à une sanction pouvant aller jusqu’à sa suspension.

« Il y a un droit de réserve à avoir », indique Paul Sarrazin en entrevue. Être commissaire scolaire rémunéré et promouvoir en même temps l’abolition des élections scolaires lui apparaît comme un non-sens. « Tu ne peux pas être en dedans et en dehors en même temps, illustre-t-il. Au niveau démocratique, ça me fatigue. »

« Et personnellement, je pense qu’on serait perdants » d’abolir les élections scolaires, ajoute-t-il. « C’est une démocratie proche des citoyens. Toute démocratie est imparfaite, mais ma peur, c’est qu’on jette le bébé avec l’eau du bain. » Il fait le parallèle avec la santé, un domaine où l’est de la Montérégie a « beaucoup perdu en représentativité ».

Débats
Le président de Val-des-Cerfs dit avoir été blessé par les déclarations de Mme Cornay quant à l’absence de débat au sein des commissaires. « On a de bons débats et de bons échanges au conseil, dit-il. Mais quand c’est d’ordre législatif, que veux-tu qu’on fasse ? On est assujettis à des règles. »

Marie-Josée Cornay dit promouvoir la transformation des commissions scolaires — et non leur abolition — en centres de service plus modestes afin de donner plus de pouvoir aux écoles. Elle plaide aussi pour la liberté d’expression.

« C’est bon de se remettre en question, mais ça peut se faire sans défaire les modèles mis en place », dit Paul Sarrazin, qui n’est pas convaincu que des centres de service feraient un meilleur travail. Il affirme que « le service à l’élève s’est grandement amélioré à Val-des-Cerfs » depuis son arrivée en 2014.

Il dit ignorer qui est à l’origine de la plainte formulée contre Mme Cornay et recommande de laisser le processus déontologique suivre son cours. « Le travail doit être fait », dit-il.