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«Je pense que c’est la meilleure chose à faire pour la santé de tout de monde, si on veut venir à bout de la pandémie», affirme Joanne Brideau, propriétaire de la boutique de lingerie Les tiroirs secrets, à Granby.
«Je pense que c’est la meilleure chose à faire pour la santé de tout de monde, si on veut venir à bout de la pandémie», affirme Joanne Brideau, propriétaire de la boutique de lingerie Les tiroirs secrets, à Granby.

Les commerçants résignés et solidaires

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
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La fermeture des commerces non essentiels du 25 décembre au 11 janvier annoncée mardi par le premier ministre François Legault ne réjouit pas les commerçants sondés par La Voix de l’Est. Mais ils reconnaissent qu’elle est incontournable, considérant la hausse des cas de COVID-19.

«Je trouve qu’on n’a pas le choix. Je pense que c’est la meilleure chose à faire pour la santé de tout de monde, si on veut venir à bout de la pandémie», affirme Joanne Brideau, propriétaire de la boutique de lingerie Les tiroirs secrets, à Granby.

Celle-ci avait déjà décidé de fermer les portes de son commerce entre Noël et le jour de l’An, ne serait-ce que pour prendre un peu de repos. Les importantes mesures d’hygiène imposées par la situation ne sont pas sans alourdir la tâche de travail, fait-elle valoir.

Même son de cloche de la part du bijoutier François Gervais, dont le commerce a pignon sur la rue Principale à Granby. «C’est la logique même, lance-t-il. Il faut tout mettre ça sur pause. Je suis d’accord avec le confinement.»

François Gervais explique qu’il se trouve néanmoins dans une situation particulière. Il avait déjà prévu fermer les portes de sa bijouterie deux semaines en janvier. Et la pandémie n’a pas nui à ses affaires. Au contraire. Les agences de voyage représentent la principale concurrence des bijoutiers, dit-il. Comme les voyages sont pratiquement au point mort, les bijoux ont eu la cote au cours des derniers mois, un peu comme les piscines, les vélos et les skis de fond, illustre-t-il.

Le propriétaire de Mobilier Enora à Granby, Alex Morin, avait aussi prévu fermer ses portes quelques jours pour permettre à ses employés de reprendre leur souffle après une période très occupée. Le repos ne sera qu’un peu plus long, philosophe-t-il

Achat local

Le copropriétaire de Chaussures Langlois, à Granby, Réal Langlois, croit également qu’il vaut mieux donner un coup de barre maintenant, afin de pouvoir tourner la page sur cet épisode difficile.

François Gervais, propriétaire de la Bijouterie Gervais, avait déjà prévu fermer les portes de sa bijouterie pour deux semaines en janvier.

«On voudrait toujours que la fermeture soit la plus courte possible. Mais si une semaine de plus permet de régler le problème, je suis bien ouvert à ça», dit celui qui est bien conscient qu’il «n’y a pas de recette miracle».

Reste que cette aventure est loin d’être facile pour les commerçants. Et M. Langlois craint que certains d’entre eux soient contraints de fermer leurs portes, si la situation devait perdurer.

Le président de la Chambre de commerce Haute-Yamaska, Frédéric Laflamme, affirme pour sa part que cette deuxième fermeture temporaire survient malgré tout à un bon moment, soit après la frénésie des achats de Noël et à la veille d’une période de vacances pour plusieurs.

«Il faut se serrer les coudes et se rallier pour protéger le système de santé. Mais plusieurs entrepreneurs vont avoir fait leur part. Si jamais il faut encore refaire ça [fermeture] au printemps parce que ça n’a pas fonctionné cette fois-ci, il va y avoir plus de grogne», estime-t-il.

Frédéric Laflamme rappelle d’ailleurs l’importance de l’achat local, particulièrement en ce moment. Il invite la population à être solidaire avec les restaurateurs, dont les salles à manger sont fermées. Ceux qui le peuvent devraient les encourager en commandant des mets pour emporter, dit-il.

Le président de la Chambre de commerce Haute-Yamaska, Frédéric Laflamme rappelle l’importance de l’achat local, particulièrement en ce moment.

Ventes en ligne

Le propriétaire du magasin Au Grand Bazar La source du sport, Mario Grondin, ne prévoit pas, de son côté, prendre une grande pause, même si son commerce n’accueillera pas les clients physiquement. «On est en train de s’organiser pour fonctionner uniquement avec le web. On est déjà pas mal prêt. Notre site web est déjà très fonctionnel», affirme le commerçant.

Selon lui, un service de cueillette des achats sans contact, ni entrée dans le magasin, sera mis en place. Les items seront déposés directement dans le coffre des voitures. Sinon, la livraison pourra être assurée dans un délai de 24 à 48 heures, avance M. Grondin.

Ce dernier calcule que peu de mises à pied temporaires seront réalisées. Une équipe sera nécessaire pour la préparation des commandes en ligne.

Bref, Mario Grondin vit bien avec les changements qu’impose la pause des Fêtes. «On comprend très bien la situation. Il faut désengorger les hôpitaux. Il faut se donner la main là-dedans», dit-il.