À compter de jeudi, le conditionnement en salle ainsi que les cours de groupe et de spinning seront annulés au centre Interplus de la rue Dufferin, à Granby, a indiqué son copropriétaire Pierre Forand.
À compter de jeudi, le conditionnement en salle ainsi que les cours de groupe et de spinning seront annulés au centre Interplus de la rue Dufferin, à Granby, a indiqué son copropriétaire Pierre Forand.

Les centres de conditionnement physique résignés à revenir en arrière

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Ils ont beau avoir investi pour rendre leurs installations conformes entre les deux vagues, des propriétaires des centres de conditionnement physique de la région ne sont pas étonnés de devoir à nouveau fermer leurs portes maintenant que l’Estrie bascule en zone rouge.

Ce changement de palier n’est pas une surprise pour personne, bien que plusieurs espéraient encore pouvoir s’en sauver. «Au cours des dernières semaines, on se sentait comme le village gaulois qui était entouré de rouge, illustre Pierre Forand, actionnaire et directeur général d’Interplus. On se doutait que ça arrivait.»

Ce faisant, le centre sportif a eu le temps de préparer son plan de match en vue des nouvelles restrictions imposées par le passage au palier d’alerte maximale. «Comme entrepreneur, c’est dans notre nature de devoir nous adapter et de voir venir les coups», ajoute M. Forand.

À compter de jeudi, le conditionnement en salle ainsi que les cours de groupe et de spinning seront annulés au centre de la rue Dufferin, à Granby. Les parties de tennis disputées en simple seront toutefois maintenues, tout comme les rencontres de coaching en perte de poids.

«On vivait toujours d’espoir, après six semaines en orange», commente pour sa part l’homme d’affaires Érick Grandmont, également propriétaire du centre Énergie Sud à Cowansville.

Selon lui, c’était une simple question de temps avant que l’Estrie ne rejoigne ses voisines au palier rouge, étant donné l’affluence des résidents des autres régions et qui ont pu contribuer à l’éclosion de cas locaux. «Il y avait beaucoup de gens de l’extérieur qui continuaient de venir dans le coin, dans les commerces et les restaurants, a-t-il constaté. J’ai moi-même refusé des gens des zones rouges qui voulaient s’abonner à mon gym.»

D’autres établissements ont toutefois laissé entrer des utilisateurs d’autres régions qui bénéficiaient d’un abonnement leur offrant l’accès à toutes les succursales du réseau, rapportait La Voix de l’Est, la semaine dernière.

Plusieurs choisissent de voir le verre à moitié plein. «C’est certain qu’on est déçus, d’autant plus qu’on avait investi beaucoup de temps, d’efforts et d’argent pour rendre le gym conforme aux mesures sanitaires, mais on s’est considéré chanceux jusqu’à maintenant d’avoir pu rester ouverts alors qu’ailleurs, tout est fermé depuis plusieurs semaines», note Liane Bruneau, présidente du conseil d’administration de la Coop Gym Santé de Sutton.

Retour en virtuel

La fermeture des salles de conditionnement physique à ce temps-ci de l’année risque d’avoir des conséquences sur la santé des abonnés, autant physiques que psychologiques.

«On n’apprend rien à personne en disant que l’exercice a des effets bénéfiques sur la forme physique et mentale, souligne Mme Bruneau. Ces jours-ci, et jusqu’à la mi-décembre, ça représente un mois qui est généralement très difficile pour le moral. C’est plus gris, plus plate... Dès que la neige va s’installer et que le ski va commencer, ça va aller un peu mieux.»

«C’est triste ce qui se passe, croit aussi M. Grandmont. Pour beaucoup de gens, le gym est l’endroit pour socialiser, pour se défouler ou pour canaliser leur anxiété. C’est ça qui leur fait du bien, alors on doit trouver des manières de leur offrir ce dont ils ont besoin malgré la fermeture du centre.»

La plupart des centres contactés offriront des cours en ligne.

Selon Érick Grandmont, également propriétaire du centre Énergie Sud à Cowansville, c’était une simple question de temps avant que l’Estrie ne rejoigne ses voisines au palier rouge, étant donné l’affluence des résidents des autres régions et qui ont pu contribuer à l’éclosions de cas locaux.

À la Coop Gym Santé Sutton, cinq des dix cours normalement offerts seront disponibles dès jeudi en format virtuel, selon l’horaire habituel et sur inscription. L’organisme maintiendra aussi un contact avec ses membres par le biais d’une infolettre envoyée aux deux semaines et où elle compte offrir la parole à sa clientèle pour lui permettre de partager son expérience et ses trucs pour garder la forme.

«On va faire ce qu’on faisait durant la première vague, c’est-à-dire que nos professionnels vont offrir leurs cours de manière virtuelle, explique M. Grandmont. C’est dommage parce qu’on ne peut pas encore le droit d’offrir de l’entraînement privé sur place.»

Une doléance que partage M. Forand. «Nous faisons partie d’une coalition nationale qui milite pour permettre le coaching privé», allègue-t-il.

Zones d’ombre

Néanmoins, des zones d’ombre persistent. «Ils [les autorités] nous considèrent dans la même catégorie que les gyms, mais la santé publique reconnaît qu’on est dans une classe à part», soulève Guylaine Lachance, copropriétaire du Complexe médico-sportif Évolution à Granby, où les séances d’entraînement sont prodiguées à des fins thérapeutiques.

Comme l’ensemble des membres du personnel est composé de professionnels diplômés en kinésiologie ou en ergothérapie, pour ne nommer que ces spécialités, les copropriétaires du Complexe médico-sportif Évolution à Granby espèrent pouvoir continuer à offrir des séances privées pour le bien-être de sa clientèle vulnérable.

«Ici, on offre un accompagnement. On n’entraîne pas des biceps et des triceps pour l’apparence, illustre Robert Légaré, conjoint et associé de Mme Lachance. On travaille avec une clientèle atteinte de sclérose en plaques ou avec des problématiques de santé mentale, par exemple, et pour qui l’exercice est une manière de trouver du bien-être. Nos services font partie de la solution à une meilleure santé.»

Pour preuve, la fermeture imposée du centre pendant la première vague de la pandémie a mené à la régression de l’état de plusieurs clients, dont certains sont référés à leur établissement par un médecin. «Au printemps, des suivis téléphoniques ont été effectués avec la clientèle, on a fait des séances d’entraînement en Zoom, pour la santé mentale, mais ce n’est pas la même chose, mentionne M. Légaré. Les gens sont habitués d’avoir un contact personnel qu’ils ne retrouvent pas avec l’entraînement en ligne.»

Comme l’ensemble des membres du personnel est composé de professionnels diplômés en kinésiologie ou en ergothérapie, pour ne nommer que ces spécialités, les copropriétaires espèrent pouvoir continuer à offrir des séances privées pour le bien-être de sa clientèle vulnérable. «Ce n’est pas très clair. Et nous, on n’imagine pas laisser tomber une clientèle en crise et qui a besoin de notre soutien pour améliorer sa situation», renchérit Mme Lachance.

Écoles de danse 

Les écoles de danse qui étaient toujours ouvertes passeront elles aussi au virtuel.

À l’école Madessimo, les cours de la session d’automne, qui a débuté le 2 novembre dernier, se poursuivront en ligne à compter de vendredi, nous a-t-on informés.

Au moment de publier, nous n’avions pas eu de retour d’appel de l’école Tendanse.