Un mouvement-éclair de port du carré jaune, utilisé par les élèves qui revendiquent une plus grande liberté vestimentaire, a été observé la semaine dernière à l’école secondaire l’Envolée.

Les carrés jaunes interdits à l’Envolée

Remarqué dans plusieurs écoles du Québec ce printemps, le mouvement des carrés jaunes a — brièvement — gagné l’école secondaire l’Envolée, la semaine dernière à Granby. Mais les élèves qui ont porté ce symbole revendiquant une plus grande liberté vestimentaire se sont fait demander de l’enlever.

Quelques adolescentes l’ont porté durant la première période de classe le 1er juin. C’était jour d’examen et il faisait très chaud.

Selon nos informations, elles revendiquaient le droit de porter des shorts et jupes plus courts que ce qui est permis (pas plus que 6 cm au-dessus du genou) et d’autres hauts que les t-shirts, polos et chandails de type « kangourou » autorisés et portant le logo de l’école de la rue Fournier.

« Je leur ai demandé de faire un processus démocratique, pas juste une explosion de couleurs, explique le directeur adjoint Patrick Saumure. Il y a un travail de plus à faire. Ils peuvent faire des sondages ou participer au comité d’élèves pour faire connaître leurs revendications. »

M. Saumure rappelle que le code vestimentaire de l’école est déterminé par le conseil d’établissement et que « on ne peut pas revoir tout d’un coup ».

« Et il y a des restrictions dans toutes les écoles », ajoute le directeur Denis Hudon, tout en rappelant que les règles sont les mêmes pour les gars que pour les filles.

Retrait
Une direction d’école peut-elle exiger que ses élèves retirent de leurs vêtements un symbole comme le carré jaune ? Oui, dit la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

« Dans la mesure où le carré jaune est un message, on invite les élèves à l’enlever quand on a pris connaissance de leurs revendications et qu’on les invite à poursuivre leur démarche », dit Paule-Andrée Bouvier, directrice des communications et des affaires corporatives.

« On ne veut pas brimer le moyen de s’exprimer. Ils ont été entendus. L’idée n’est pas de faire une parade quotidienne, mais d’entamer une discussion. On veut qu’ils s’expriment, mais on est là pour leur montrer le chemin. »

Juliette, 12 ans, fait partie de celles qui ont porté le carré jaune. Elle ne comprend pas que les enseignants « nous disent toujours de s’exprimer et d’être nous-mêmes », mais qu’on leur interdit de porter ce signe.

« C’était juste un carré jaune, dit-elle. C’était rien de délinquant. Ça montrait juste notre insatisfaction. »

Elle juge que le code vestimentaire est trop restrictif et déplore que les critères ne soient pas les mêmes dans les trois écoles secondaires publiques de Granby.

« Bonne idée »
Des opinions partagées par Océane et ses amies Océane (!) et Jade, rencontrées à la terrasse d’un restaurant. Elles aussi étudient en 1re secondaire à l’Envolée.

« C’est une bonne idée, les carrés jaunes », dit Océane, âgée de 14 ans, qui aimerait que les règles soient aussi assouplies pour permettre les jeans troués.

Toutes aimeraient pouvoir porter leurs propres chandails. « Et mettre des camisoles ! », dit son amie Océane, 12 ans.

« Les professeurs ont le droit de s’exprimer avec leurs vêtements, mais pas nous », soupire Jade.